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L’EXODE de JULIENNE BIBERT, ma mère,

de CHARTRES à ALGER avec sa BICYCLETTE

du 12 juin 1940 au 19 août 1940

 

 

Première mise en ligne novembre 2025

 

Une simple « petite histoire » de la guerre 1949-1945

« Ce sont les petites histoires qui font la Grande Histoire !

 

Julienne BIBERT - Chartres 1940   Julienne BIBERT - Alger 1940

En gonflant sa bicyclette à Chartres au 65, de la rue Saint-Chéron, Julienne BIBERT, employée sur la Base Aérienne 122 de Chartres, ne se doute pas encore que grâce à celle-ci, à sa ténacité et à ses efforts, elle pourra retrouver à Alger son époux Joseph BIBERT, aviateur en guerre replié en A.F.N. avant l’Armistice, après un périple de 68 jours !

 

Voir : « Les Hommes du Groupe de Chasse GC III/6 »

 

L’histoire du prestigieux Groupe de Chasse GC III/6, en guerre de fin août 1939 à mai 1945, Groupe dans lequel Joseph BIBERT a été mécanicien jusqu’en avril 1944, racontée longuement sur ce site ne serait pas tout à fait complète sans le récit de l’incroyable traversée de la France et de la Méditerranée que Julienne BIBERT a faite pour rejoindre son époux à Alger après l’armistice ! Le sergent BIBERT avait bénéficié d’une première permission (exceptionnelle) de 24 heures le 5 octobre 1939 pour se marier ; la cérémonie avait été prévue le 31 août 1939 ; mais à la veille de la mobilisation générale du lendemain, les aviateurs avaient été déjà mis en alerte maximum sur leur base. Mariage annulé !

Le jeune couple put heureusement passer 6 jours ensemble en mars 1939 avant l’invasion allemande ; seconde et dernière permission ! Avant de quitter Julienne, prévoyant que tout ne serait pas rose dans les mois à venir, il lui dit alors :

« Quoi qu’il arrive, ne te sépare jamais de ton vélo !!! »

 

 

Julienne CHÉDEVILLE, notre mère (Marie-Thérèse et François-Xavier Bibert) est née le 11 août 1914 au n°20 de la rue du Puits-Drouet. Son père ayant été tué à la guerre dès septembre 1914, sa mère Thérèse Marie VIVIEN épousa en 1920 en secondes noces un homme veuf nommé Henri LAGRANGE. La famille recomposée, avec les trois enfants LAGRANGE (André, Denise et Robert) et les deux enfants CHÉDEVILLE (Georges et Julienne), s’est alors installée en mai 1922 au n°65 de la rue Saint-Chéron, la maison où d’ailleurs Henri avait vu naître ses deux derniers enfants, et qu’ils achetèrent en commun. Une demi‑sœur des 5 enfants, Lucie LAGRANGE est ensuite née en février 1922. Jusqu’à la guerre, la famille vécut très heureuse dans la coquette maison familiale : dans la rue Saint-Chéron et la rue du Puits-Drouet vivaient à quelques centaines de mètres des grands-parents, des oncles et tantes, des neveux et nièces, des cousins et cousines plus ou moins éloignés et beaucoup d’amis : les rues de Saint-Chéron et du Puits-Drouet étaient encore comme deux petits villages dans lesquels depuis des siècles, la majorité des mariages se faisaient entre les enfants des rudes vignerons qui y vivaient modestement…

 

Chartres - 54, rue Saint-Chéron - Famille  CHÉDEVILLE - VIVIEN - LAGRANGE

Lire : En remontant la rue Saint-Chéron…

 

Et les Allemands entrèrent dans Chartres le dimanche 16 juin 1940 ! Depuis plusieurs jours des colonnes de réfugiés les fuyaient vers le sud‑ouest et traversaient dans le plus grand désordre la ville par ce qui est aujourd’hui la N.10, qui de Paris passe par Rambouillet, traverse l’Eure à Chartres en ayant longé à sa droite sur le plateau le terrain d’aviation civil et militaire (Base 122) avant de plonger immédiatement vers l’Eure qu’elle traverse 1 km plus bas sur le pont de la Courtille, puis c’est Tours, Poitiers, Angoulême, Bordeaux…

Lire : L’arrivée des Allemands à Chartres

Calendrier juin et juillet 1940

 

 

 

1.  LA FAMILLE SE DISPERSE

 

Georges Chédeville, 30 ans, est commerçant à Rambouillet : bien qu’ayant fait son service militaire au 501ème de cavalerie, il a été renvoyé chez lui 21 jours après la mobilisation générale, ayant plusieurs bonnes raisons d’être mis en « affectation spéciale ». Devant l’avance allemande, il a d’abord gagné Chartres avec son épouse Lucienne, la mère de celle-ci qui est veuve (Berthe Martin, née Néel, 66 ans), et leurs deux petites filles, Bernadette 4ans ½ et Élisabeth (2 ans½) pour retrouver dans la maison familiale sa mère Marie-Thérèse (épouse Lagrange) et sa demi‑sœur Lucie Lagrange (18 ans).

La décision de partir tous les sept vers le sud, où ils savaient pouvoir être hébergés par relation dans un petit village du massif-central nommé Vodable dans le département du Puy-de-Dôme (63), à 3 km au sud d’Issoire, a vite été prise. Deux voitures lourdement chargées, celle de Georges (4 places) et la Peugeot 201 (coupé 2 places) que Julienne et Joseph Bibert (les parents du rédacteur) avaient acheté le 10 octobre 1939 lors de leur mariage express, ont donc déjà quitté Chartres le mardi 11 juin (Note 1), la 201 étant conduite par sa femme Lucienne.

Note 1 : Date connue par la lettre de Marie Thérère Lagrange du 2 juillet [ voir plus bas à la date du 2 juillet lettre n°4) ] : « Voilà trois semaines ce matin que nous avons les uns et les autres quitté Chartres… »

Julienne Bibert-Chédeville), 26 ans, et son beau-père Henri Lagrange, pour leur part, sont tous les deux employés civils du « Parc 1/122 », l’établissement militaire de la « Base Aérienne122 » qui assure divers services communs (pôle administratif, magasins, ateliers, garage) au profit des unités qui y stationnent. Malgré l’avance des Allemands, ils sont restés à leur poste avec quelques collègues, dormant sur place, prêts à partir avec le personnel militaire du « parc » une fois l’ordre d’évacuation donné. C’est le mercredi 12 juin qu’une colonne de cars, camions, camionnettes militaires remplis irraisonnablement d’archives, de matériel divers et d’effets personnels quitte Chartres, direction Tours ; Julienne a pu y embarquer « sa malle » car elle espère pouvoir retrouver son mari quelque part en France et son beau-père Henri une petite valise ! Mais ils ont surtout pu faire accrocher leur vélo sur le toit d’un de leur car au-dessus d’autres bagages avec la complicité d’un gradé…

Henri Lagrange : employé civil du « Parc 1/122 » sur la Base Aérienne 122 de Chartres en juin 1940

Henri Lagrange : employé civil du « Parc 1/122 » sur la Base Aérienne 122 de Chartres en juin 1940, beau père de Julienne

 

Andrée Lagrange, 32 ans, l’aînée des enfants, et son époux Pierre VALLET exploitent une petite ferme au Coudray, à quelques kilomètres de la rue Saint-Chéron. Pierre mobilisé en 1939, est encore aux Armées. Ils ont un fils « Paulo » qui a 12 ans ½. Abandonnant un cheval sur place, Andrée, Paul et « Mémère » (Blanche Colas - 80 ans, la mère de-Marie-Thérèse Lagrange) sont partis seuls, tardivement, sur les routes du sud avec une cariole et leur deuxième cheval, englués dans la masse en désordre des Français en fuite…

Denise Lagrange, 25 ans et son époux Raymond VALLÉE, tous deux ouvriers, habitent modestement en banlieue parisienne ; son frère cadet Robert Lagrange (23 ans) est pompier de Paris ; Raymond est aux Armées ; la famille est sans nouvelle d’eux depuis plusieurs jours…

 

 

 

2.  LES PETITS CARNETS DE JULIENNE CHÉDEVILLE

 

Les "petits carnets de Julienne BIBERT"

Les "petits carnets de Julienne BIBERT"

Les "petits carnets de Julienne BIBERT"

 

La maison familiale situé au 65 de la rue Saint-Chéron qui est parallèle au sud à la N°10, n’est située à vol d’oiseau qu’à moins de 200 mètres du terrain d’aviation ; juste la route à traverser en passant à travers le jardin et les prés. De solides amitiés s’y sont nouées. Trois sergents aviateurs en particulier, Alfred KRIEGER dit « Frédo », Robert GONZALÈS et Joseph Bibert y passent souvent… « Frédo », début 1934 avait offert à Julienne, qui allait avoir bientôt 20 ans, un premier agenda publicitaire des établissements LIORÉ & OLIVIER en cuir rouge sur lequel notre mère prit l’habitude d’y noter régulièrement non seulement les événements principaux de sa vie, mais aussi parfois ses états d’âme et celui de son moral… Elle l’a conservé, ainsi que le second identique de 1935 : documents précieux nous ayant permis de reconstituer en partie le puzzle de cette époque et aussi de mieux légender de nombreuses photographies…

Sans doute trop personnels, elle n’a pas voulu que ceux de 1936 à 1939 (s’ils ont existé ?) lui survivent. Par contre, pressentant certainement l’éminence de l’attaque allemande qui allait survenir le 10 mai, elle s’est procuré fin avril 1940 un petit carnet constitué de petites feuilles perforées (11,5 x 6,5cm) retenues sans doute dans une petite reliure à 6 anneaux : seuls les 45 feuillets (90 faces) écrits recto verso ont été conservés. Elle les a placés dans une simple enveloppe marquée « carnet d’exode » qui a été retrouvée après son décès en 2015 ; c’est ainsi que les 68 jours de son épopée à travers la France et la Méditerranée peuvent être racontés avec l’aide de ce qu’elle a pu très rarement nous en dire, de la partie de son courrier sauvegardé et des photographies qu’elle a faites avec un bel appareil 6x9 Voigtlander.

Notre tante Lucie qui connaissait notre appétence pour la généalogie et l’histoire de notre famille nous avait confié quelques années avant son décès en 2010 un carton rempli de vieux papiers plus ou moins intéressants. En fouillant mieux, nous y avons trouvé beaucoup plus tard une dizaine de lettres datées de juin et juillet 1940 échangées par différents membres de la famille ; elles n’avaient pas forcément atteint leurs destinataires, mais les « Postes Françaises » n’ayant jamais cessé de fonctionner malgré la guerre, elles avaient fini par arriver (ou être retournées) des semaines plus tard à Chartres rue Saint-Chéron… Un vrai trésor ! Beaucoup ont été transcrites pour donner vie à ce récit…

 

Trajet d’exode de Julienne Bibert complet, de Cazaux (33) à Vodable (63),

Cliquez sur l’image pour l’agrandir plein écran

Le trajet d’exode de Julienne Bibert complet, de Cazaux (33) à Vodable (63), a été volontairement reporté sur une carte Michelin récente (2015) pour en faciliter la lecture. Par contre c’est sur la carte de 1941 (seconde guerre mondiale) que figurent les trajets journée par journée (voir plus bas).

 

 

 

3.  DE CHARTRES à CAZAUX et à LA TESTE-de-BUCH

 

Carnet d'exode de Julienne BIBERT1940

Page 1

Carnet d'exode de Julienne BIBERT1940

Page 2

Carnet d'exode de Julienne BIBERT1940

Page 3

Carnet d'exode de Julienne BIBERT1940

Page 4

Nota : il est probable que les pages 3 et 4 ont été écrites quelques jours après l’arrivée dans le sud-ouest. C’est sans doute pour cela que sur la 3 il faut lire « Mercredi 12 juin » et non « Mardi » et que sur la 4 « 20 » est une surcharge d’une date rectifiée…

 

Au moment le l’attaque allemande du 10 mai 1940, Julienne est donc en possession d’un petit carnet qu’elle destine manifestement à la relation de ce qu’elle va voir de la guerre. Ce sont bien entendu les deux premiers bombardements de Chartres du 19 mai et du 3 juin qu’elle y note.

Le dimanche 19 mai, c’est en fait le terrain d’aviation de Chartres et non la ville qui a reçu des bombes allemandes. Une première alerte a eu lieu vers 8h 00 du matin : c’est un Dornier 17 de reconnaissance isolée qui s’est présenté sur zone et qui a été mis en fuite par la 78ème batterie de DCA du Coudray. L’avion allemand a pu transmettre en Allemagne que « 100 avions dont 40 bimoteurs » étaient posés sur le terrain de Chartres, d’où une nouvelle alerte de 16 h à 17 h et c’est un peu après qu’ont retenti les sirènes de la troisième alerte de la journée (17h 45 d’après les rapports) ; ce sont seulement 4 Junker 88 qui lâchent leurs bombes à 18 h comme l’a écrit Julienne ; quelques chambres de sous-officiers et des baraquements sont assez sérieusement endommagés.

Par contre le lundi 3 juin, c’est beaucoup plus grave, et Julienne ne détaille pas ce qu’elle doit sûrement savoir. En fait, ce sont des centaines de bombes qui pleuvent autour du terrain d’aviation et à Lèves : il y a 7 morts et 12 blessés parmi les soldats français et 4 morts civils. Jean-Jacques François, qui a raconté en 4 tomes « La Guerre de 1939-1940 en Eure-et-Loir » dans ses moindres détails, a même situé chaque bombe tombée à l’est de l’Eure sur la ville et les bâtiments de la BA 122 (voir le plan ci-dessous). Qui plus est, une bombe est justement tombée (rond rouge) avenue Neigre (et non Nègre) détruisant le petit logement que Joseph avait loué au n°13 pour que son épouse puisse enfin couper le cordon-ombilical avec la rue Saint‑Chéron en attendant son retour, croyant que la guerre serait courte ! Ce qu’elle n’avait pas fait : heureusement finalement, mais les quelques meubles, le peu de linge et de vaisselle qui s’y trouvaient furent quand-même perdus à part le très vieux et robuste coffre de vigneron familial en chêne massif qui, ayant ensuite beaucoup voyagé, se trouve en 2026 dans mon appartement (François-Xavier Bibert) !

Voir : « Album photographique n°5 de Joseph Bibert » (en bas de la page)

Quant à la rue Saint-Chéron, elle ne fût pas épargnée, car au n°65, dans le jardin de la maison familiale, le « sapin bleu » auquel tenait particulièrement sa mère Marie-Thérèse fut étêté par une bombe tombée sans exploser (voir photo ci-dessous).

 

Bombardement allemand de Chartres du 19 mai 1940 - Bombe au 13, avenue Neigre   Bombardement allemand de Chartres du 19 mai 1940 - Bombe inexplosé au 65, rue Saint-Chéronau 13, avenue Neigre

 

Toutes les portions de cartes routières ci-dessous peuvent être ouvertes en grande taille en cliquant sur les miniatures. Elles proviennent de la carte « MICHELIN » de la seconde-guerre mondiale, publié en 1941 (base de 1938, avec quelques repères à vocation militaire supprimés) sur laquelle la ligne de démarcation bien visible figure en rose. Les trajets de Julienne y ont été ajoutés en bleu.

Exode Julienne BIBERT 1940 - Mercredi 12 juin de CHARTRES à POITIERS

Mercredi 12 juin

de CHARTRES

à POITIERS

243 km

Cliquez sur la carte pour l’agrandir

 

Rappel : Julienne et Henri quittent donc Chartres le 12 juin. Les personnels militaires du « Parc 1/122 » et les employés civils — sans doute volontaires — qui partent avec eux ont chargé au mieux les cars, camions et autres véhicules de l’Armée de l’Air disponibles avec ce qui a paru essentiel et le bagage de chacun. Puis ils s’y sont entassés au mieux.

Julienne quitte Chartres avec l’espoir qu’en restant au contact des aviateurs de la BA 122 dont dépend toujours le GC III/6, elle pourra rapidement savoir où se trouve ce « Groupe de Chasse » et son mécanicien de mari afin de tenter de rejoindre celui-ci. Son beau-père Henri Lagrange espère pour sa part avoir l’occasion de rejoindre plus facilement son épouse en exode ! Et tous les deux ont réussi à faire charger leur bicyclette sur le toit d’un car au dernier moment !

Le convoi arrive à Poitiers tard le soir ; dîner léger, fatigue et petite nuit d’incertitude sur l’avenir…

 

Exode Julienne BIBERT 1940 - Jeudi 13 juin
de POITIERS à BORDEAUX et CAZAUX

Jeudi 13 juin

de POITIERS

à BORDEAUX

et CAZAUX

285 km

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Pourquoi Cazaux ? Depuis de septembre 1939 toutes les escadrilles de Chartres sont en guerre sur le front et seul un C.I.C. (Centre d’Instruction à la Chasse) a été installé à leur place. À partir du 10 mai, les meilleurs pilotes dont des Tchèques exécutent des missions de guerre pour défendre la base, mais le C.I.C. face à l’avance allemande est évacué à Cazaux à partir du 23 mai. Une poignée de pilotes reste sur place ; ils sont alors constitués en patouilles de « Défense Aérienne du Territoire (DAT) » ; les « rampants » et les personnels du « Parc 122 » évacuant la base, ces derniers « volants » de Chartres devront abandonner la partie (et beaucoup d’avions) et s’envoler vers le sud-ouest…

Nous n’avons pas pu mettre la main sur la moindre archive officielle concernant le déplacement de ce convoi hétéroclite ; on peut supposer simplement qu’il ne devait pas pouvoir rouler très vite ! Et, sachant que ce mois de juin a été particulièrement chaud du coté de Bordeaux, on peut estimer que ce devait être infernal dans les cars ! L’arrivée à Cazaux, même à une heure tardive, a dû être un grand soulagement pour ceux… qui ignoraient (peut-être ?) qu’au même moment des millions de Français fuyaient l’Allemand sur les routes dans des conditions apocalyptiques…

Les militaires sont des gentlemen et Julienne échappe à une nuit dans les baraquements (dortoirs ? de la troupe ; on lui offre la possibilité d’avoir un vrai lit chez l’adjudant ROGER Merci à lui !

Le vendredi 14 juin, repos sur la base. Pour la nuit, les femmes sont logées en ville chez l’habitant.

 

Camp de Cazaux  - Photo aérienne (vers 1950)

Photo aérienne du camp de Cazaux après la guerre

 

Exode Julienne BIBERT 1940 - Samedi 15 juin de CAZAUX à La TESTE de BUCH

Samedi 15 juin

de CAZAUX à

La TESTE-de-BUCH

5 km

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Afin de désengorger un peu le camp de Cazaux la plupart des civils non indispensables sont déplacés à La Teste-de-Buch, petite commune attenante à Arcachon.

C’est sans doute avec son amie Jeanne MAUGER qui comme elle est secrétaire civile au Parc 1/122 (première femme embauchée, elle y travaille depuis 1936) qu’elle découvre les abords du bassin d’Arcachon. Premier hébergement le 15 juin « Maison LALANNE » (FXB : 16, rue Gaston de Foix).

16 juin : Aucune information sur son accident au pied qui a dû nécessiter une piqûre antitétanique ?

Pour les 4 nuits du 16 au 19 juin, elles sont installées dans ce qu’elle nomme « Cinéma – Pension Café Franklin », sans doute réquisitionné, ce qui m’a permis de retrouver une carte postale d’avant-guerre de ce gros établissement transformé dans les années 1960 et détruit en 2023.

Le 20 juin ; nouvelle « bonne installation » chez « Mme BOUQUÉ (ET ?) » (Recherches infructueuses) chez qui elle passera ses 4 dernières nuits à La Teste‑de‑Buch.

 

 

Informations complémentaires ou rectificatives :

 

Les textes dans les cadres ci-dessus (CARTE du trajet – DATE et KILOMETRAGE – ÉVÉNEMENTS) sont ce qui ressort uniquement du « PETIT CARNET D’EXODE ». Mais ils peuvent aujourd’hui être complétés ou rectifiés grâce aux nouveaux documents familiaux retrouvés depuis.

À titre d’exemple, voilà ce qu’a écrit Julienne Bibert à sa mère dans sa première lettre du 18 juillet 1940 (voir plus bas) :

 

« Après deux jours de car nous sommes arrivés à Cazaux le 13 (juin) au soir, mal reçus au camp (billets de logement). Le 15 nouveau départ pour La Teste : les femmes, nous couchons en dortoir dans les salles réquisitionnées par l’armée, les hommes encore plus mal installés que nous. Nous avons donc cherché à nous loger par nos propres moyens. C’était bien difficile, il y avait tant d’évacués ! Moi, je trouvais une chambre avec Mlle Mauger et Melle SAINTIF. Papa (Henri Lagrange - Note 2), une petite maison : 2 chambres et 1 pièce avec M. MACÉ (de la rue Saint-Brice) et M. BOURGEOIS (monsieur déjà replié de Reims et avec nous au bureau). Nous nous voyions chaque jour et je m’occupais du linge ayant la facilité de laver dans la maison où je logeais. Cela dura jusqu’au 24 juin. Il était toujours question d’embarquement. Puis les événements se précipitèrent : les Allemands occupent La Teste, ordre de départ fut donné dans la nuit du 23 au 24. Mais le 23 nous avions été informés, nous, les employés civils, que nous étions mis en congé et alignés en solde sur 3 mois.

Les camarades dans la nuit du 23 au 24 quittèrent donc La Teste. Je confiais ma malle à un camion et gardais sur moi l’indispensable et avec mon vélo – ne voulant rien décider avant d’avoir vu papa -. Lui ne voulut pas, étant bien installé, recommencer la vie d’aventure. »

Note 2 - Sur une des dernières pages de son carnet d’exode, Julienne avait noté l’adresse d’ Henri Lagrange à La Teste-de-Buch :

Digue Est. Pêcheries Nouvelles. La Teste de Buch (Gironde)

 

 

Café et salle Franklin à La Teste de Buch

Café et salle Franklin à La Teste de Buch

 

Café et salle Franklin à La Teste de Buch

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Café et salle Franklin à La Teste-de-Buch où Julienne Bibert est hébergé pendant 4 jours

 

17 juin 1940 : Lettre de Marie-Thérèse Lagrange adressée à son mari : Henri Lagrange - Parc 1/122 - Bureau Central Militaire »

Café et salle Franklin à La Teste de Buch 17 juin 1940 : Lettre de Marie-Thérèse Lagrange adressée à son mari : Henri Lagrange - Parc 1/122 - Bureau Central Militaire »

 

17 juin 1940 : Lettre de Marie-Thérèse Lagrange adressée à son mari :

Henri Lagrange - Parc 1/122 - Bureau Central Militaire »

Mention : « Le Destinataire n’a pu être atteint à l’adresse indiquée » : pas d’adresse au dos de l’enveloppe.

 

Vodable le 17 – 6 - 40

         Mon cher papa. Ma chère fille.

J’espère que vous avez déjà reçu les deux lettres de Lulu vous donnant des détails sur notre nouvelle vie, je n’y reviendrai pas. Aujourd’hui dimanche nous avons le retour de Georges -Renée et sa famille - il était temps qu’il retourne – eux ils ont vu l’exode et subit les bombardements et la mitraille.

En venant de nous conduire Georges est allé directement au Coudray après avoir aperçu le champ d’aviation en flamme. Là, il a trouvé Robert et Denise venus depuis Trappes en voiture, avec quelqu’un qui les avait pris à cet endroit, venant de Paris à pied : ils ont eu de drôles de vision dans leur trajet. Ce jour-là, donc Jeudi (14 juin) le Coudray avait été mitraillé tout l’après-midi et Andrée était décidée à partir avec Maman qui s’y trouvait. Quant à Robert et Denise, il ignore s’ils l’ont suivie car il ne les a pas revus. Il est également allé à Saint-Chéron qu’il a trouvé vide de ses habitants : plus rien dans le pays. Andrée avait vu les Macé et Tasseau partir avec des attelages, mais il paraît que les Joseph sont partis sans rien emporter à 8 dans la Chenard. Notre maison était encore intacte, mais hélas ! depuis il peut y avoir eu des changements. Chartres a subi les bombes incendiaires et Geo croit qu’il a eu pas mal de dégâts. Je crois mes pauvres chers aimés que nous sommes partis à temps. Pour le moment il ne faut pas penser plus loin, mais que vont devenir tous les nôtres, ils ont notre adresse, espérons que nous aurons bientôt de bonnes nouvelles, du moins des nouvelles un peu rassurantes quant à leur sort……

……mes biens chers aimés, je vous recommande de bien faire attention à votre santé. Julienne, ne te laisse pas tomber à plat : achète du linge à Papa et ne le néglige pas. J’espère avoir bientôt votre adresse exacte, en tout cas nous vous tiendrons au courant. Puissiez-vous recevoir nos lettres…

Important : Cette lettre est publié in-extenso ici à titre d’exemple. Toutes les autres lettres font l’objet d’un fichier PDF placé en annexe à cette page

 

Lire cette lettre (fichier PDF)

 

Explications concernant les lettres familiales

1) Généralités : Il faut préciser pour « les jeunes générations » qu’en 1940 le « téléphone portable » n’avait pas été encore inventé, que moins de 3% des Français disposaient d’un poste de téléphone chez eux et que les communications étaient établies manuellement par des milliers d’opératrices, ces « Demoiselles du téléphone » formant la chaîne humaine qui permettait d’interconnecter les circuits d’un point à l’autre de la France, casque sur les oreilles et combiné devant la bouche elles passaient leur journée à brancher et débrancher des fiches (de type « Jack ») afin de relier l’Appelé à l’Appelant, ce qui pouvait prendre plusieurs heures…

Avant- guerre - Les "Demoiselles du téléphone"

Par contre « La Poste » est un service de l’État extrêmement performant qui permet à chacun de rester en relation à son domicile où le facteur passe deux fois par jour, y compris le dimanche et on peut aussi envoyer une lettre « poste restante » dans n’importe quel bureau de poste… et quand une lettre n’a pas pu être distribuée, la Poste fait des miracles pour retrouver le destinataire ou la retourner à l’expéditeur… et en juin / juillet 1940, même au moment des armistices des 22 et 24 juin, le service n’a jamais été interrompu Donc on s’est beaucoup écrit !

Nous sommes incapables aujourd’hui de savoir quand, où et par qui certaines des lettres retrouvées et présentées sur cette page ont été lues ! Mais, en dehors de leur valeur sentimentale, elles ont permis de faire un certain nombre de suppositions et surtout des recoupements pour raccorder quelques morceaux de notre puzzle.

oooooooooo

2) Lettre du 17 (16) juin de Marie-Thérèse Lagrange (ci-dessus) à Henri Lagrange (et Julienne Bibert) : Lettre sans doute arrivée ou récupérée à Chartres seulement après le retour d’exode de la famille qui n’a donc pas pu la lire en temps utile ? Malgré une ambiguïté sur la date (vraisemblablement commencée le dimanche 16, terminée le 17, tampon du 17) on y comprend en particulier que :

·       Deux lettres ont donc été écrites de Vodable entre le 12 et le 16 pour Henri (son mari) et Julienne (sa fille) sans qu’on sache où ils étaient, donc adressées au « Parc 1/122 » ; celles-ci n’ont jamais été retrouvées. La troisième, celle du 17 a été aussi adressée au « Parc 1/122 », charge au service du courrier militaire de faire suivre… ce qui a bien été le cas, mais trop tard ; Henri et Julienne n’ont finalement su que mi-juillet que leurs proches étaient réfugiés à Vodable.

·       Qu’une fois sa famille rapidement installée à Vodable, Georges Chédeville (son fils) est immédiatement remonté à Rambouillet avec sa voiture, laissant la Peugeot 201 en Auvergne à son épouse, pour pouvoir ramener à Vodable sa tante Georgette Chédeville (54 ans), sa fille Renée (30 ans, épouse d’Arthur Blanchet, prisonnier militaire) et leurs deux enfants, Julien 12 ans et Josette 7 ans. Il passe par Chartres le 14, le jour où les réserves d’essence du terrain d’aviation brûlent et il est de retour en Auvergne le 16. Il a donc effectué près de 1 400 km (soit près de 30 heures de conduite) en quelques jours et son épouse 450 avec la Peugeot 201 sur des routes totalement encombrées par les réfugiés et survolées par les avions de la Luftwaffe. Et on ne sait vraiment pas comment ils ont pu se procurer l’essence nécessaire pour cela. Belle débrouillardise !

 

 

 

4.  QUITTER BORDEAUX AVANT L’ARRIVÉE des ALLEMANDS !

 

Carnet d'exode de Julienne BIBERT

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Carnet d'exode de Julienne BIBERT

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Carnet d'exode de Julienne BIBERT

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Que devient le « Parc 1/122 » de Chartres après son arrivée à Cazaux ?

Comme dit plus haut (voir au 13 juin), sans connaître quels étaient l’importance et la composition du convoi qui a évacué la base de Chartres le 12 juin (nombre de militaires et de civils), on ne peut que faire des hypothèses à partir de quelques recoupements, de certaines informations écrites et de bribes de souvenirs recueillis oralement.

On pense que les civils ont été immédiatement « libérés » pour le pas dire « abandonnés dans la nature » : Julienne a écrit « À un moment, on nous a dit de nous disperser, mais on pouvait partir en camion ». Des éléments factuels permettent de situer cette décision de l’Armée de l’Air immédiatement après les annonces des armistices et du cessez-le feu, avant l’arrivée des Allemands à Bordeaux et le départ (le 24 juin) de Julienne pour Bazas en vélo (voir ci-dessous), donc le 23 juin. Le « trésorier payeur » leur aurait-il versé un petit-pécule préalablement ? : rien n’est moins sûr, et charge à eux de se débrouiller pour regagner Chartres, ou de rester des réfugiés en attente d’un éventuel retour chez eux.

NOTA : La circulaire ministérielle n° 8783/M.A.AM.2 du 5 août 1940 a pour but de licencier les fonctionnaires ou employés des « Établissements d’État » dont le conjoint y travaille aussi, ce qui a concerné Julienne puisque son époux est « Aviateur Militaire »

Voir la : Lettre de licenciement de Julienne Bibert  (Lettre du 23 novembre envoyée à Chartres le 4 décembre 1940).

Quelques militaires évacués de Chartres sont peut-être restés à Cazaux avec le C.I.C., mais les autres ont repris leur périple pour s’éloigner des Allemands vers le massif-central avec quelques employés civils : par déduction, c’est donc un nouveau convoi hétéroclite qui quitte Cazaux et La Teste-de-Buch le 23 juin vers l’ouest.

 

 

Exode Julienne BIBERT 1940 - Lundi 24 juin
de La TESTE de BUCH à BAZAS

Lundi 24 juin

De

La TESTE-de-BUCH

à BAZAS

95 km

Cliquez sur la carte pour l’agrandir

 

Julienne a sans doute laissé partir ce convoi surchargé du 1/122, faute d’avoir pu y embarquer sa bicyclette ; mais toujours dans l’attente de nouvelles du GC III/6, elle se prépare à le suivre. Son amie Jeanne Mauger qui n’a pas de bicyclette a trouvé une petite place dans un véhicule de l’armée, mais son beau‑père Henri Lagrange reste au Teste, espérant recevoir des nouvelles de son épouse et de leur fille Lucie ne sachant pas encore où elles se trouvent. Mais les Allemands vont arriver à Bordeaux et finalement il repart pour Chartres avec sa bicyclette le 28 juin (information provenant de lettres ultérieures : voir plus bas).

Vraisemblablement c’est dans la soirée du dimanche 23, que le l/122 a pris la route de Saint-Symphorien où il a dû prévoir de faire étape (Voir carte d’ Henri Lagrange plus-bas).

Le lendemain matin (page 5), Julienne part à vélo sur ses traces sous-une pluie battante ; après 70  km, à Saint‑Symphorien, elle apprend que les « Aviateurs » sont déjà reparti vers Bazas ; elle continue ; arrivée à 18 heures, comme d’autres, déjà réfugiés dans cette ville, elle est hébergée dans le très ancien collège Saint‑Jean‑Baptiste pendant 4 nuits (24 au 27 juin) ; dans une lettre du 18 juillet elle écrira : « Nous avons couché à trois dans un lit d’une personne dans une chambre de collège réquisitionné pour les soldats ».

 

Bazas - Gironde - Cathédrale Saint-Jean-Baptiste   Bazas - Gironde - Collège Jean-Baptiste

 

Pages 5 et 6 du « carnet d’exode » : C’est donc à Bazas que les Allemands arrivent le 26 juin au contact du convoi des « aviateurs » du parc 1/122 de Chartres que Julienne a rejoint le 24 juin en fin d’après-midi. Les armes se sont tues après la signature des armistices. Les Français sont hébétés, dans la plus grande incertitude quant à leur devenir immédiat.

Cette ville sera ensuite coupée en deux par la ligne de démarcation (nationale 10) pour le restant de la guerre, mais on ne le sait pas encore. On se côtoie, on s’observe, on improvise…

 

Sait-on de nos jours que Berlin avait donné immédiatement des ordres stricts à ses troupes pour qu’elles restent irréprochables avec les Français après les armistices… au moins le temps que les modalités de celles-ci soient connues d’eux et mises en application. Henri Lagrange en témoignera d’ailleurs plusieurs fois dans des lettres écrites après son retour à Chartres le 10 juillet (voir plus bas).

« Wer plündert, wird erschossen » - Celui qui pille sera fusillé

« Wer plündert, wird erschossen »

Celui qui pille sera fusillé

 

En effet, on a rapidement encouragé et favorisé le retour des réfugiés chez eux : l’Allemagne a besoin que l’économie de la France reparte au plus vite, que les mines lui fournissent du charbon, les agriculteurs du blé et de la viande et l’industrie des équipements… Pour Hitler, le calme en France permettra à l’Allemagne de mettre à terre l’Angleterre ennemie et ce diable de Winston Churchill qui veut continuer la guerre jusqu’à la victoire finale, alors que le chancelier du Reich espérait un traité de paix à l’ouest afin de se retourner au plus vite contre la Russie, pour conquérir et annexer les territoires qu’il convoite depuis 1920 (voir « Mein Kampf » !).

 

 

Si les Allemands semblent être restés à l’ouest de la nationale 10 qui traverse Bazas, ceux du 1/122 vont préférer s’en éloigner vers l’est, et ils quittent la ville, direction Casteljaloux en Lot-et-Garonne…

Julienne a une décision à prendre : elle apprend que sont beau-père Henri va remonter à Chartres (voir la carte postale ci-dessous : remise au vaguemestre de Cazaux le 26, elle arrive à Bazas le lendemain !) et elle décide pour sa part de continuer à suivre la trace de ses camarades militaires… en espérant profiter de leur aide courtoise à l’occasion ? : seule, face à son destin, sans savoir où se trouve son mari et sa famille…

Page 6, une interrogation : Julienne écrit sur cette page très clairement « Parc 2/122 ». Nous avons cru initialement à une erreur mais en faisant des recherches dans les archives de l’Armée de l’Air nous avons compris que cela n’en n’était pas une. Quelques explications sont données plus bas ; en fait d’autres unités de l’Armée de l’Air, de Cazaux, de Bordeaux, et d’ailleurs, en ordre ou en désordre, ont fui à ce moment les Allemands comme le 1/122 en direction du massif-central, mais c’est très difficile de s’y retrouver…

 

26 juin 1940 : Carte postale d’ Henri Lagrange adressée à  sa belle-fille Julienne Bibert - Arcachon

 

26 juin 1940 : Carte postale d’ Henri Lagrange adressée à

sa belle-fille Madame A. (pour Adolphe) Bibert :

Parc 1/122 – Saint-Symphorien - Bazas

Nous allons à Bordeaux ensuite nous verrons

             Ma chère Julienne,

Nous quittons La Teste aujourd’hui 26 juin pour rentrer à Chartres ? (Départ le 28 juin en fait)

Je ne sais quand ni comment. Je t’embrasse bien fort et si toutefois tu rejoins Maman par lettre, met-la au courant.

             Ton père Henri

26 juin 1940 : Carte postale d’ Henri Lagrange adressée à  sa belle-fille Julienne Bibert - Arcachon

 

3) Carte postale du 26 juin d’ Henri Lagrange à Julienne Bibert sa belle-fille : Initialement adressée au Parc 1/122 à Saint-Symphorien parce qu’Henri Lagrange avait dû comprendre que les « Aviateurs » qui avaient quitté Cazaux s’y trouvaient et sachant Julienne partie avec eux (ou derrière eux…), il a au dernier moment rayé cette localité pour la remplacer par Bazas… suite à une dernière information reçue au camp de Cazaux… ?

 

 

Vendredi 28 juin

De BAZAS

à CASTELJALOUX

29 km

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Peu de chose sur le carnet d’exode (page 6), si ce n’est qu’effectivement elle peut compter sur la courtoisie de ses camarades du 1/122 puisque le soir « BEAUFILS me donne sa chambre et je repose bien… ». Tout le monde passe la nuit à Casteljaloux en Lot-et-Garonne…

On en sait un peu plus par sa lettre du 18 juillet (déjà citée plus haut) :

« L’arrivée des Allemands le 27 nous chasse de Bazas. Encore la débandade. C’est inouï ce que nous avons pu voir. Le vendredi 28, avec Mlles Mauger, Saintif, M. de VILLOUTREYS et M. LANDRÉ (un garagiste de Chartres), dans une vieille camionnette Panhard de l’armée, nous gagnons Casteljaloux. Là, nous retrouvons le Parc 1/122 ».

 

Casteljaloux - Lot-et-Garonne   Casteljaloux - Lot-et-Garonne - Plave Gambdetta et Cours Victor Hugo

 

2016 : Casteljaloux – Sur les traces de Julienne Bibert…

2016 : Casteljaloux – Sur les traces de Julienne Bibert…

2016 : Casteljaloux – Sur les traces de Julienne Bibert…

2016 : Casteljaloux – Sur les traces de Julienne Bibert… - François-Xavier Bibert, son fils

2016 : Casteljaloux – Sur les traces de Julienne Bibert…

2016 : Casteljaloux – Sur les traces de Julienne Bibert…

 

 

Exode Julienne BIBERT 1940 - Samedi 29 juin de CASTELJALOUX à MARMANDE et LA RÉOLE

Samedi 29 juin

de CASTELJALOUX

à MARMANDE

et LA RÉOLE

23 km + 20 km

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Rien dans le carnet de Julienne (page 6 et 7) ne permet de savoir ce qu’étaient les ordres donnés au « Parc 1/122 » à cette date. On peut penser que, l’estimant sans doute du bon coté et un peu éloigné de la future ligne de démarcation, on devait chercher un lieu où il pourrait séjourner quelque temps avant d’être fixé sur son sort…

Les choses se précisent dès le 29 juin puisque la petite unité de l’Armée de l’Air en retraite, suivie par quelques civils qui s’accrochent à ses basques, entame une petite boucle en revenant sur ses pas un peu plus au nord, la ramenant en gironde, à 15 km seulement de Bazas d’où elle est partie !

C’est chez un gendarme que Julienne trouve le gîte cette nuit-là à La Réole.

 

Marmande - Lot et Garonne  - Rue Puygueraud   La Réole - Gironde - Le pont suspendu et le couvent des Bénédictines

 

 

Expde Julienne BIBERT 1940 - Dimanche 30 juin de LA RÉOLE à SAVIGNAC

Dimanche 30 juin

de LA RÉOLE

à SAVIGNAC

10 km

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C’est la plus courte étape du périple de Julienne (page 7). En 1940 le pont‑suspendu du Rouergue qui franchit la Garonne, fermé en 2021, était encore ouvert, donc quelques coups de pédale lui suffisent pour rejoindre Savignac où les militaires du « 122ème Bataillon de l’Air » commencent à s’installer sans savoir que c’est pour plusieurs semaines. Julienne ne s’attend évidemment pas à rester près d’un mois dans ce petit coin bucolique de la rive gauche le la Garonne avant d’apprendre ; d’abord où de trouve le GC III/6 et son mari, puis où sa famille est réfugiée et de se décider alors à la rejoindre dans le Puy-de-Dôme par tous les moyens et quelles qu’en fussent les difficultés. Mais elle pourra finalement voir sa mère et sa famille avant d’aller retrouver son mari Joseph en Algérie...

 

Savignac -Gironde -Le Bourd   Savignac - Gironde - Route de la Réole

 

 

 

4.  AU PURGATOIRE À SAVIGNAC (GIRONDE)

 

De fait, Julienne Bibert va passer 26 jours à Savignac en ne remplissant que 8 pages de son petit carnet d’exode (page 7 à 14). C’est peu ; en écrivant ci-dessous la suite de ce récit nous avons donc pris en compte toutes les autres informations que nous avons pu recueillir par ailleurs.

Rappelons que livrés à eux-mêmes, les civils du « parc 1/122 », petit appendice du « Bataillon de l’Air‑122 », sont à ce moment en situation de « réfugiés », comme les centaines de milliers de Français qui, ayant fui l’Allemand, se trouvent dans le sud de la France dans l’expectative du lendemain. Leurs préoccupations immédiates sont de trouver gîte et nourriture, de savoir où se trouvent leurs proches et d’attendre une autorisation et un moyen pour rentrer chez eux, sans savoir ce qu’ils y trouveront. Avec le temps, certains diront quand-même pour se débarrasser de leurs angoisses de l’époque : « ce fût quand-même un peu des « petites vacances » !

Pour les militaires c’est autre-chose : ils font tous partie d’une chaîne hiérarchique très disciplinée qui ne s’est pas brisée. Les ordres sont de s’installer autour de Savignac et d’attendre : les officiers de l’État‑Major choisissent ce qu’ils trouvent de mieux ; ce sera le Château du Mirail à Brouqueyran, à 10 km au sud du centre du village ; les autres officiers et les plus gradés des sous-officiers ont un « billet de logement » pour trouver à se loger chez un habitant ; les sergents et les hommes de troupe se contenteront de la paille des granges de quelques fermes isolées. Peu à peu, certains d’entre eux seront mis « en congés d’armistice », ou simplement « démobilisés » ; ce qu’attendent avec impatience les simples soldats incorporés en 1939…

Arrivée le dimanche 30 juin à Savignac (page 7), julienne s’est vu offrir une chambre pour la nuit par le lieutenant AUQUE (et non AUCH : Note 3), mais 8 jours plus tard elle eut à connaître le charme des nuits dans la paille d’une grange…

Note 3 - Deux possibilités : André Louis Paul AUQUE (1915/2007) ou Gilbert Marcel Louis AUQUE (1914/1977), tous deux « de réserve » et capitaines en fin de carrière.

La première semaine à Savignac : il fait beau, elle se retrouve en pleine campagne au lieu-dit « Flouquet », à 2 km du centre du bourg, dans une ferme isolée qui dispose d’un « séchoir à tabac où les réfugiés dorment sur la paille ». Le petit groupe de 5 civils qui s’est constitué avec elle à Bazas — Jeanne Mauger, Mademoiselle Saintif, Landré et M. de Villoutreys (Note 4) — prépare et prend les repas dehors, « en popotte », comme elle l’écrit en reprenant cette expression militaire. Ils fêtent l’anniversaire de Jeanne Mauger le 1er juillet, vont « aux foins », ramassent du bois mort (page 8). Parfois ils mangent en retard parce que le « feu de bois » sur lequel ils cuisinent a du mal à prendre ; « jeudi, vendredi, rien de spécial, « la vie de campement continue » (page 9) …

Note 4 : Julienne à inscrit à la fin de son carnet :

Hubert de Villoutreys (FXB : Vicomte de Brignac)

Bois-Grollier (FXB : Château de Brignac)

Par Seiches s/Loir (Maine et Loir)

Une confirmation par sa famille a été demandée via « Geneanet » : il n’y’ a pas d’erreur de personne, mais nous n’avons pas eu d’explications sur sa présence en Gironde en juillet 1940.

Savignac – Lieu-dit « Flouquet » - Route des gravières - Via « IGN Remonter le temps » - Photo aérienne 1950 versus carte 2026
   Savignac - Gironde - La ferme de Flouquet en 2010 semble à l’abandon

Savignac – Lieu-dit « Flouquet » - Route des gravières

À gauche : via « IGN Remonter le temps » - Photo aérienne 1950 versus carte 2026

Cliquez sur l’image ou ici pour accéder à l’application

À droite : La ferme de Flouquet en 2010 semble à l’abandon

4) Lettre du 2 juillet de Marie-Thérèse Lagrange-Chédeville (sans enveloppe) : comme celle du 16 juin, lettre adressée à son mari Henri et à sa belle‑fille Julienne Bibert‑Chédeville (sans doute adressée au « Parc 1/122 » sans savoir où cette unité se trouve) que Julienne ne recevra à Savignac que le 18 juillet (voir plus bas), lui permettant alors de connaître enfin l’adresse de sa famille en exode. Elle la renverra aussitôt à son beau-père à Chartres qui lui est déjà remonté à Chartres où il est arrivé le 5 juillet.

NOTA : Il ne faut pas être surpris : Marie-Thérèse Lagrange appelle non mari Henri Lagrange « Papa » et réciproquement il l’appelle « Maman », comme tous les enfants de la famille recomposée, d’où « mon papa », « mon cher papa » « ma chère maman » dans la plupart des lettres qu’’on peut lire ici !

Lire cette lettre

 

Ce Samedi 6 juillet 1940 (page 9) : le petit groupe perd un de ses membres ; Mlle Saintif (Note 5) a pu prendre contact avec un membre de sa famille qui peut l’accueillir à Dieupendale dans le Tarn-et-Garonne et elle prend le train à La Réole pour Montauban.

Note 5 : Julienne a noté en effet à la fin de son carnet cette adresse :

E. Saintif - Chez Mme RIGAL Arnaud

Quartier Lamotte – Dieupentale prés Montauban (Tarn et Garonne)

et via le site de généalogie « Geneanet » nous avons trouvé « Henri Louis Gustave Saintif » marié le 27 avril 1918 à Dieupentale (82), avec « Marie Louise Rigal » et « Arnaud Rigal » marié le 25 novembre 1879 à Dieupentale (82) avec « Marie PÉDÉMONS » ; cette dernière pourrait‑elle être sa grand‑mère ?... Peut-être qu’un jour un membre de la famille pourra nous le confirmer !

Ce même jour Julienne se rend au château du Mirail à Brouqueyran pour tenter d’avoir des nouvelles de « Dolph » (Adolphe, second prénom de Joseph son mari, est le prénom usuel en Alsace) par les officiers de l’état-major du 122ème Bataillon de l’Air. Sans résultat. Mais dans la soirée elle rencontre le lieutenant SAUTHERON (Note 6) qui lui annonce que le « 3/6 » (Groupe de Chasse GC III/6) est en Afrique (page 10), sans autre précision, ce qui est pour elle à ce moment une très mauvaise nouvelle. Elle note aussi une rencontre d’un certain PONTET (inconnu) à la Réole.

Note 6 : Orthographe approximative : pas de Sautheron officier de l’Armée de l’Air (mais SAUTEREAU ou SAUTEREY)

 

Brouqueyran - Grironde - Château Le Mirail   Brouqueyran - Grironde - Château Le Mirail

C’est au Château du Mirail, à Brouqueyran (10 km de Savignac) que se sont installés les officiers du 122ème Bataillon de l’Air en juin/juillet 1940

Il est toujours en 2026 la propriété de la famille de LAMBERT des GRANGES

 

5) Carte du 6 juillet de Denise Vallée‑Lagrange à sa belle‑mère Marie-Thérèse Lagrange : Denise Vallée, fille de Henri Lagrange se trouve à Brive-la-Gaillarde en Corrèze et envoie une carte postale de cette ville à sa belle mère Marie-Thérèse Lagrange à Vodable. Elle est sans nouvelle de toute la famille mais elle connaît l’adresse de Vodable depuis le 14 juin lorsque Georges Chédeville, son quasi-frère, était passé au Coudray [ voir plus haut lettre n°2) de Marie-Thérèse Lagrange du 17 juin 1940 ]. Cette carte avait été conservée par sa demi‑sœur Lucie Lagrange.

Lire cette carte

 

La seconde semaine à Savignac : « Cafard et désespoir » ; il pleut, elle doit maintenant se contenter de la paille du séchoir à tabac, comme quelques « militaires du bureau », comme son amie Jeanne et aussi comme Mme LE TALLEC (Note 7) ; et maintenant elle se désespère de savoir son mari Joseph en Afrique…

Note 7 – Née Marie Madeleine Boutrouche, de Chartres, veuve de l’adjudant Léon Le Tallec, du GC III/6 qui s’est tragiquement tué par accident aux commandes de son Morane MS.406 au début de la guerre (25 novembre 1939) ; elle a été alors employée au parc 1/122.

A la date du lundi 8 juillet 1940 elle écrit (page 10) : « Une lettre de Mme BORREYE » - Sophie Borreye qui travaille dans la mercerie familiale à Chartres, est l’épouse du sergent Omer Borreye également mécanicien au GC III/6. Cette lettre n’a pas été retrouvée. Julienne écrit à la suite : « Semaine calme. Toujours sans courrier » (sous-entendu, de la famille), puis « J’écris à Constantine (*) et à Philippeville (**) ».

(*) Constantine : dès son arrivée à Savignac Julienne mit la pression sur les officiers du 122ème pour savoir où pouvait être le GC III/6.

Officiellement, pendant toute la « Campagne de France », la position des unités était secrète ; pour écrire à un militaire l’adresse était simplement « SP XXX » (SP : pour Secteur Postal et XXX un numéro propre à l’unité – SP 814 pour la Groupe GC‑III/6) et la « Poste aux Armées » faisait le nécessaire. Cependant, il y avait mille combines pour que les épouses des aviateurs puissent en savoir plus…

Dans la grande confusion du mois de juin 1940, Julienne n’avait pas su que le III/6 avait quitté la Seine-et-Marne (Coulommiers) pour le Var (Le Luc-en-Provence), que Joseph était parti à Toulouse pour réceptionner les nouveaux avions affectés à son Groupe, les fameux Dewoitine 520, que le Général Vuillemin avait donné l’ordre le 16 juin d’évacuer le III/6 en Algérie (avant les armistices) et que via Marseille et une difficile traversée de la Méditerranée sur un vieux cargo et quelques péripéties, joseph n’avait finalement retrouvé ses avions sur un petit terrain d’aéro-club à Constantine que le 1er juillet.

Le III/6 n’était resté finalement que 10 jours à Constantine avant de s’installer à Alger Maison-Blanche le 11 juillet. Et, si les officiers du 122ème pouvaient le savoir, la discipline devait être respectée ; le lieutenant Sautheron l’avait déjà bousculée en lui disant « Afrique » et parler de « Constantine », c’était beaucoup trop !

Omer Borreye, pour sa part avait fait la traversée de la Méditerranée avec quelques autres mécaniciens dans un hydravion civil avec leur caisse-à-outils, pour être sur place lors de l’arrivée des Dewoitine en A.F.N. Il se trouvait donc dès le 25 juin à Constantine avec le commandant du Groupe qui ferma sans doute les yeux sur l’envoi de quelques messages « non officiels » ! Son épouse répercuta l’information qu’elle reçu et c’est ainsi que le 8 juillet Julienne pensa son mari installé à Constantine.

Au hasard, elle avait déjà écrit plusieurs lettres à Saint-Tropez car la presse avait annoncé que des avions italiens y avaient été abattu en citant le nom d’un pilote du III/6 ; elles lui étaient évidemment revenues « non distribuées » (lettres non retrouvées) et le 8 juillet elle posta une nouvelle lettre pour Constantine, mais le III/6 avait quitté cette ville lorsqu’elle y arriva !

(**) Philippeville : Edmond Chédeville (1881/1943), était un petit-cousin de Julienne Bibert (née Chédeville). Il était douanier et avait été volontaire pour prendre un poste à Philippeville vers 1905. Il s’y maria en 1912 et fonda famille. Julienne avait fait sa connaissance à Chartres dans les années 1930 quand il était venu présenter son épouse Madeleine (née PÉRUZZI à Philippeville) à la famille. Elle lui écrivit donc une lettre ce 8 juillet 1940 qu’il reçut le 19. Edmond se renseigna immédiatement et apprit que le III/6 était à Alger - Maison Blanche, avec confirmation que le sergent Bibert s’y trouvait. Il écrivit immédiatement deux lettres, postées le samedi 20 juillet : la première à Julienne (Parc 1/122 – Savignac) qui ne l’a pas reçue, et la seconde au sergent Bibert qu’il ne connaissait pas, adressée au « Groupe III/6 à Alger - Maison Blanche ». Cette lettre fut distribuée miraculeusement au premier passage du facteur le dimanche 21 ce qui permit à Joseph de télégraphier immédiatement à Savignac [ voir plus bas à la date du 20 juillet lettres°15) ]

 

6) Lettre du 10 juillet d’ Henri Lagrange à sa belle‑fille Julienne Bibert : Il est à Chartres depuis 5 jours. L’enveloppe n’a pas été conservée, mais le tampon départ à Chartres est sans doute le même (11/07/1940) que celui de la lettre qu’il a écrite le même jour à son épouse. Il ne raconte pas dans la lettre à sa belle-fille comment il est remonté de La Teste-de-Buch à Chartres ; il dit simplement « Bon voyage » ; « les Allemands le long de la route ont été très agréables » ; à Saint-Chéron « il n’y en a pas dans les maisons » … mais on comprend son amertume quand il précise que celles-ci ont été fouillées, mais par « des réfugiés et des voisins peu scrupuleux ». On croirait presque en conclusion qu’il ne s’est pas passé grand-chose depuis trois semaines : « à Saint-Chéron, la vie reprend son cours, tout le monde est à peu près rentré dans le quartier… » ; une lettre quasi-normale en France en été ; presque un retour de congés-payés ordinaire !

Julienne recevra cette lettre le 20 juillet (voir plus bas). Elle y trouvera l’adresse de sa mère et de sa famille ; « Vodable » dans le Puy-de-Dôme… moins de 250 km ! Mais elle avait eu la bonne surprise de recevoir enfin une lettre de Vodable deux jours plus tôt !

Lire cette lettre

 

7) Lettre du 10 juillet d’ Henri Lagrange à sa femme Marie-Thérèse Lagrange : Il raconte en une phrase son voyage en Gironde : « Je suis parti de La Teste près de Cazaux et après 7 jours de bicyclette je suis arrivé à Chartres » : rien que de normal ! Cette lettre qui donne aussi des nouvelles rassurantes de ses enfants Andrée, Robert et Denise et de son petit-fils Paulo est globalement la même que celle écrite à Julienne le même jour. La vie reprend à Saint-Chéron… presque comme avant, sauf qu’il manque la maîtresse de maison : « Je fais ma cuisine mais ce qui me coûte le plus c’est d’aller aux provisions. A midi j’ai mangé des petits poids avec saucisses, demain je mettrai les haricots avec côtelettes, mais tout cela il faut aller le chercher ainsi que le pain ».

Lire cette lettre

 

UN PEU D’HISTOIRE : LES DÉBUTS DE L’OCCUPATION ALLEMANDE

Quand on effectue des recherches sur ce mois de juillet 1940, on est sidéré de constater la rapidité avec laquelle les Français abordent alors ce dramatique tournant de la destinée de leur vieux pays ! Abasourdis par l’immense défaite de leurs Armées, leur préoccupation essentielle est de tourner la page, sans se poser beaucoup de questions sur les responsabilités immenses des Politiques et des Militaires qui, depuis le traité de Versailles, sont restés aveugles face aux menaces, plus préoccupés d’inaugurer des monuments aux morts que de réfléchir à ce que devrait être la nouvelle vision diplomatique et militaire de la France et surtout les évolutions des armements ! On a gagné la guerre de 1914/1918 ; on a donc gardé nos vieux généraux vainqueurs et leurs chevaux d’apparat, les chars et les avions qui ont été quand même construits depuis en petit nombre, mais déjà obsolètes, sans la moindre vision stratégique à l’échelon international. Heureusement, en 1939 nos armées disposent encore de dizaines de compagnies d'aérostations (ballons captifs de protection ou d'observation) et de transmissions colombophiles aux arrières de notre ligne Maginot infranchissable !!! Cruelles vanités françaises malgré les catastrophiques défaites successives ; Waterloo 1815, Sedan septembre 1870, le traité de Versailles 1919 », Sedan mai 1940, et en débordant le cadre de l’ « exode de Julienne », Diên‑Biên‑Phu mars 1954, Evian-les-Bains mars 1962 et Sahel 2022 ! Et pourtant la troupe n’a jamais rechigné !

… L’essentiel est de tourner la page ! sans se poser de questions sur la mise à bas de la République par le vieux Maréchal Pétain et ses acolytes, sur ces députés qui, retournant complétement leur veste, leurs ont signé les pleins pouvoirs, sur cette presse immédiatement antibritannique qui s’engouffre sans broncher dans l’antisémitisme et la collaboration. On change nos règles : on se débrouillera… notre imagination pour cela est sans limite !

Lire par exemple cette page d’un journal régional (sur la ligne de démarcation) du 14 juillet 1940

On a perdu la guerre : finalement les restrictions imposées par les préfets déjà aux ordres de nos vainqueurs ne sont pas si terribles que cela !

 

 

Carnet d'exode de Julienne BIBERT1940

page 11

Carnet d'exode de Julienne BIBERT1940

page 12

Carnet d'exode de Julienne BIBERT1940

page 13

Carnet d'exode de Julienne BIBERT1940

page 14

Carnet d'exode de Julienne BIBERT1940

page 15

Carnet d'exode de Julienne BIBERT1940

page 16

 

Son moral est en berne ; elle n’écrit rien dans son carnet pendant 4 jours (mardi 9, mercredi 10, jeudi 8 et vendredi 12 juillet). Cependant il semble qu’à la fin de cette semaine elle commence à remonter la pente grâce à l’attention de certains de ses compagnons du moment (page 11).

Ainsi le samedi 13 juillet (page 11), dans son carnet : « dîner à Castets (Note 7) M. de Villoutreys, Landré, Jeanne (Mauger) » ; sans doute un aller-retour à pied et ce n’est pas la porte à coté ; « Retour à 1 heure du matin ».

Note 7 : « Castets-en-Dorthe » à 7 km à pied du bourg de Savignac, ancienne commune qui a fusionné en 2017 avec celle de « Castillon de Castets », devenant « Castets et Castillon », située au débouché du canal latéral à la Garonne et du fleuve, sur la rive gauche de celui-ci.

Castets en Dorthe - Gironde - Le Bourg   Castets en Dorthe - Gironde - Le canal et son écluse et la Garonne

Le lendemain, Dimanche 14 juillet (page 11), aucune allusion à la fête nationale mais elle va le matin à la messe de Savignac puis retourne l’après midi « au cantonnement de l’École » invité par le lieutenant CLARET » qui lui fait visiter une palombière. Elle rencontre deux connaissances, BÉNARD et JUVENET, dont nous ne se savons rien… Orage à la tombée de la nuit…

C’est la première fois que le nom de Claret est cité : on verra par la suite que c’est avec ce lieutenant de réserve rappelé en 1939, « ingénieur de Supaéro » (32 ans) New 2026, qu’elle pourra poursuivre sa route vers le massif-central et rejoindre Vodable et sa famille en exode. Le terme « cantonnement de l’école » est intéressant : il confirme l’hypothèse que seuls les « officiers d’état-major bénéficiait du confort du « Château du Mirail » et que les autres personnels de l’unité qui « cantonnait » dans la région de Savignac avaient été installés plus simplement partout où on avait pu trouver de la place : à l’école du bourg par exemple.

Savignac - Gironde - l'Église   Savignac - Gironde - les Écoles

La troisième semaine à Savignac : C’est la semaine des bonnes nouvelles pour Julienne. D’abord, elle s’est mise en chasse pour trouver à dormir ailleurs que dans la paille du séchoir à tabac de la ferme de Flouquet. Et elle trouve ! Dans une petite maison isolée à proximité de cette ferme, au lieu dit « Gravillots ». Elle est habitée par un charpentier, Raymond DUPEYRON (de Savignac -1887), veuf depuis deux mois de Jeanne née SAGE (de Lados - 1887/1940), sans nouvelles de ses deux fils mobilisés, qui y vit avec seulement la « Mémé », sa belle mère, Catherine Sage née MAHOUET (1867/ ???).

Le lundi 15 juillet 1940 (page 11) : elle écrit seulement dans son carnet : « Trouve une chambre. Coucher dans un lit. Cela semble si doux que cet événement devient capital. »

Ce même jour elle envoie une lettre à son beau-père Henri Lagrange à Chartres. Puisqu’il lui avait annoncé sur sa carte postale du 26 juin : « Nous quittons La Teste aujourd’hui 26 juin pour rentrer à Chartres ? », elle a estimé qu’il devait être de retour à Saint-Chéron, mais elle avait peut-être déjà posté d’autres lettres écrites entre temps qui se seraient perdues …

Lire cette lettre

 

Le mardi 16 juillet 1940 (page 12) : « … de meilleure humeur et le moral meilleur aussi. »

8) Lettre du 16 juillet 1940 de Denise Vallée‑Lagrange à sa belle-mère Marie Thérèse Lagrange : Toujours à Brive la gaillarde, Denise répond à une lettre de sa belle-mère qu’elle a reçu deux jours plus tôt. Les nouvelles se croisent sans arrêt et il est vain finalement de chercher à savoir qui « sait » et qui ne sait pas » en ce milieu du mois de juillet ! Si Denise ne sait encore rien de sa sœur et de son beau-frère, de son frère et de son oncle, la bonne nouvelle pour elle est que son époux, Raymond Vallée, toujours mobilisé, se trouve sain et sauf à Mirabel dans le Tarn-et-Garonne (unité non connue).

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Le Mercredi 17 juillet 1940 (page 12) : « Je reprends courage ». Julienne et Jeanne Mauger s’installent dans leur nouvelle demeure, chez « Monsieur Dupeyron et la Mémé ». Une relation d’amitié durable s’installera rapidement entre les deux jeunes femmes et leurs hôtes. Après leur départ en fin de mois, des échanges de lettres auront lieu. Jeanne Mauger qui suivra le 1/122 jusqu’à Périgueux fera reviendra d’ailleurs par le train à Savignac début août (cours voyage sur trois jours via Agen et Marmande) pour récupérer un bagage qu’elle n’avait pas pu prendre avec elle [ voir plus bas : Lettre n°28) ].

« Je suis partie le matin à 6h ; après 5 heures de voyage, il m’a fallu attendre la correspondance pour La Réole. À Agen, les trains ayant du retard, je ne suis repartie d’Agen que vers 18h et après un court trajet j’ai atteint presque le but, mais là j’ai dû faire la route à pied jusqu’à Savignac (12 km). Personne ne m’attendait n’ayant pas été prévenu, mais ça a été une bonne surprise. Mémé était heureuse et M.  Dupeyron également. Je suis restée une journée pour me reposer et ai fait le retour dans de bonnes conditions, mais j’étais fatiguée !

Pour sa part, dans sa lettre du 23 juillet à sa mère (à lire dans sa totalité plus bas), Julienne dont le moral est alors au beau fixe prend le temps de raconter comment elle vit chez M. Dupeyron :

« Ici, c’est Mlle Mauger et moi qui menons presque la maison. Une maison de campagne, d’aspect humble mais à l’intérieur confortable, à 50 mètres de la grande route, au milieu de vignes, prairies et bois. En bas, par un petit chemin couvert on trouve la rivière. La campagne est jolie dans ce coin. Sûrement moins pittoresque que là où vous êtes mais sans doute plus riche. La « Mémé » profite de notre présence pour aller davantage dans son champ. Nous faisons cuisine et ménage et cette impression de nous sentir « chez nous » nous réconforte. Le Monsieur, d’une cinquantaine d’années, vient déjeuner et retourne pour n’être là qu’à l’heure du dîner… Il a perdu sa femme il y a 2 mois… La Mémé est sa belle-mère … il a deux fils de 23 et 26 ans dont il est sans nouvelle depuis 40 jours. Notre présence ici les distrait un peu de leur peine et ils ne veulent plus que nous nous en allions ! « Quand ce sera pour retrouver votre famille, oui, mais si c’est pour aller ailleurs ce n’est pas la peine » disent-ils ! »

Les deux jeunes femmes revêtent un jour ce qui doit être la tenue qu’elle devaient porter dans les bureaux de la base aérienne de Chartres, où elles étaient employées administratives civiles, pour faire quelques photographies dans les vignes avec la « Mémé », Catherine Sage-Mahouet (73 ans).

Savignac - Gravillots - Chez Raymond Dupeyron : Jeanne Mauger, La « Mémé » Catherine Sage-Mahouet et Julienne Bibert-Chédeville   Savignac - Gravillots - Chez Raymond Dupeyron : Jeanne Mauger, La « Mémé » Catherine Sage-Mahouet et Julienne Bibert-Chédeville   Savignac - Gravillots - Chez Raymond Dupeyron : Jeanne Mauger, La « Mémé » Catherine Sage-Mahouet et Julienne Bibert-Chédeville 

Savignac - Gravillots - Chez Raymond Dupeyron : Jeanne Mauger, La « Mémé » Catherine Sage-Mahouet et Julienne Bibert-Chédeville

Photographies Julienne Bibert

Le lendemain 18 juillet 1940 (page 12) : « Une lettre de Maman ! Quel bonheur ! Quel soulagement ! »

C’est la lettre du 2 juillet 1940 [ voir plus haut Lettre n°4) ]. Faute de disposer de l’enveloppe on peut penser qu’elle a été dressée simplement « Parc 1/122 » et la « Poste aux Armées » a démontré une fois de plus sa grande efficacité pour la faire suivre…

Exode Julienne NIBERT - Licenciement Armée de l'Air

En tout cas ce n’est pas par l’intermédiaire du Ministère de l’Air que Marie-Thérèse a pu savoir où se trouvaient son mari et sa fille ! En effet, le Ministère a évacué la BA l17 du Boulevard Victor à Paris pour se « replier » et il se trouve alors à Clermont-Ferrand. La flotte aérienne militaire française est quasiment anéantie ou aux mains des vainqueurs, mais on a sauvé les machines à écrire, ces belles et lourdes « Remington », « Underwood », « Japy », « Olivetti » ou « Typo » (Armes et cycles à Saint-Etienne), indispensables à chaque unité présente sur le front pour alimenter en comptes-rendus et rapports toute la hiérarchie ! Et c’est grâce à une de celles‑ci que le « 2ème Bureau du Personnel Militaire de l’AA », par son courrier « n°21390 P.M.2/C du 18 juillet 1940 », a communiqué à Marie‑Thérèse Lagrange à Vodable le nom de la bourgade de « Pondaurat » où son époux ne s’était jamais trouvé et que par contre sa fille s’apprêtait à quitter !

Voir cette précieuse archive en haute définition

Évidemment Julienne, qui dispose enfin de son adresse, répond immédiatement à sa mère : lettre du 18, tampon du 19 juillet. Elle y raconte sommairement les dernières semaines qu’elle vient de vivre depuis son départ de Chartres jusqu’à son installation chez M. Dupeyron ; document néanmoins précieux pour placer quelques pièces de plus sur le puzzle que nous essayons de reconstituer ici…

Lire cette lettre de Julienne à sa mère

 

Vendredi 19 juillet (page 12) : Elle rédige une seconde lettre pour sa mère mais elle ne l’envoie pas immédiatement car on lui apprend qu’une lettre de son beau-père est arrivée : « Je cours toute la journée après une lettre de Papa. Je ne l’ai que samedi. Papa est à Chartres bien seul et sans nouvelles ». C’est sa lettre du 10 juillet [ voir plus haut Lettre n°6) ]

Du coup, le samedi 20 elle rédige une troisième lettre à sa mère et glisse ses six pages d’écriture et les deux de son beau-père dans une enveloppe pour Vodable (tampon du 20, au-dos « Julienne Bibert – Poste restante à Pondaurat »).

Les choses se précisent dans la tête de Julienne BIBERT. La rumeur lui a dit que le 1/122 s’apprête à quitter Savignac pour Périgueux, elle sait que sa mère se trouve dans la région de Clermont-Ferrand et que son mari est sans-doute à Constantine. Le fait qu’elle donne à sa mère une adresse à Pondaurat démontre que l’idée de partir pour l’Algérie, après avoir été l’embrasser à Vodable a fait son chemin. Elle va donc attendre chez les Dupeyron la confirmation du lieu du stationnement du GC III/6 de l’autre coté de la Méditerranée pour tenter d’y rejoindre son mari ! Coûte que coûte ! Quoi qu’il arrive ! Et la chance va lui sourire en la personne du lieutenant Claret qui de son coté se prépare à quitter Savignac pour Chambéry (Savoie) ? ; le début de leur parcours respectif pourrait-être le même…

Lire ces deux lettres de Julienne à sa mère

Elle répond aussi à la lettre du 10 juillet [ voir plus haut Lettre n°6) ] de son beau-père Henri Lagrange en y joignant la lettre qu’elle vient de recevoir de sa mère :

« … Moi je ne veux rien décider avant de recevoir des nouvelles de Dolph. Nous allons remonter d’ici quelques jours sur Périgueux. Ecris-moi de suite Poste Restante – Pondaurat (Gironde). De toute façon mes lettres suivront et je te tiendrai au courant de mes déplacements. En me rendant à Périgueux je me rapproche de Maman. Je les rejoindrai peut-être … »

Également dans cette lettre deux phrases concernant la guerre qui se poursuit entre l’Allemagne et l’Angleterre, rares dans les lettres de cette époque alors que la censure devient omniprésente :

« … une offensive de l’Allemagne contre l’Angleterre semble proche… »

« … les Allemands font évacuer les Côtes-du-Nord … »

Lire cette lettre de Julienne à son beau-père

 

9) Lettre du 19 juillet de Marie-Thérèse Lagrange à son mari Henri Lagrange : C’est sa réponse à la lettre d’ Henri Lagrange du 10 juillet 1940 [ voir plus haut Lettre n°7) ] ; la première qu’elle reçoit à Vodable depuis qu’il est de retour à Chartres. Elle y fait le point sur les nouvelles qu’elle a reçues des membres de la famille dispersée, informations qui se croisent en tous sens uniquement par courrier, chacun essayant de les compiler en les recoupant afin de prendre la bonne décision pour organiser son lendemain. Sans trop évoquer les soucis des autres, elle fait part aussi de sa lassitude engendrée par cet « exode » qui dure trop et qu’elle supporte mal :

« … quelle impatience va être la nôtre d’aller te retrouver, nous retrouver tous, revoir les siens, sa maison, comme ce doit être bon. Quand nous permettra-t-on de partir ? … »

« … ici au village (les habitants quoique de braves gens), c’est la campagne dans toute sa laideur, avec sa saleté et le manque de goût en tout … ».

Elle lui écrira le lendemain une seconde lettre complémentaire [ voir plus bas à la date du 20 juillet Lettre n°14) ].

Lire cette lettre

 

10) Lettre du 19 juillet d’Andrée Vallet‑Lagrange à sa quasi‑sœur Julienne Bibert : C’est certainement la lettre la plus émouvante et la plus intéressante de celles présentées dans ce récit. Andrée Lagrange, son fils de 12 ans et « mémère Blanche », seuls tous les trois avec un cheval et une cariole, ont vécu des heures vraiment difficiles en fuyant les Allemands vers le sud dans la grande et tragique pagaille de ce que fut « l’EXODE », en voyant plusieurs fois la mort de près… Il faut lire ce document dans son entièreté. L’appréciation d’Andrée Lagrange sur les Allemands est bien différente de celle de son père après « après huit jours et huit nuits de tourments et de doutes » passés bien inutilement sur les 90 km de routes encombrées entre Chartres et Saint-Calais dans la Sarthe du 13 au 21 juin 1940.

Lire cette lettre

 

11) : Lettre du 20 juillet de Thérèse Bibert à sa nièce par alliance Julienne Bibert : Thérèse Bibert est une tante de Joseph qui habite Granville dans la Manche et qui répond à deux lettres envoyées par Julienne, de La Teste-de-Buch le 18 juin et de Savignac le 15 juillet 1940 (explications dans la lettre : lien ci-dessous).

Lire cette lettre

 

12) : Lettre du 20 juillet d’ Henri Lagrange à sa femme Marie-Thérèse Lagrange : Henri n’a toujours pas de nouvelles de son épouse, ce qui n’est pas tout à fait anormal car celle-ci n’avait pas l’information de son retour à Saint-Chéron et ne savait pas où il était, sans réponse à sa question posée au Ministère de l’Air.

« … Voici la troisième lettre que je vous envoie sans hélas recevoir de réponse … »

De son coté, il persévère en transmettant toutes les dernières informations qu’il a pu recueillir sur les membres de la famille. Intéressant à lire et raconte en détail ses travaux dans le jardin :

« … Je réensemence le jardin car les vaches y avaient parqué … j’ai refait des haricots qui sont levés, des carottes, des salsifis, de la salade. Je vais repiquer du poireau et faire des épinards … »

Et comme « sœur Anne », il ne voit toujours rien venir

« … Tous les jours des voitures de réfugiés passent. Je regarde toujours et ne vous voit toujours pas. Si seulement j’avais une lettre. … »

Lire cette lettre

 

13) : Lettre du 20 juillet d’ Henri Lagrange à sa belle-fille Julienne Bibert : Lettre de la même tonalité, mais qui contient aussi quelques messages à faire passer à des civils du 1/122 de Chartres de la part de leur famille, au cas où ils seraient toujours en Gironde pas loin de Julienne…

Lire cette lettre

 

14) Lettre du 20 juillet de Marie-Thérèse Lagrange à son mari Henri Lagrange : C’est une longue lettre de 8 pages qui complète sa lettre de la veille [ voir plus haut Lettre n°9) ]. Toutes les deux arriveront le 26 juillet à Chartres. Celle-ci présente l’intérêt particulier d’évoquer les difficultés qu’ont eu un temps les réfugiés qui se trouvaient alors en zone « dite » libre pour organiser leur rapatriement. Marie-Thérèse, qui a 66 ans, y fait même le projet de quitter le Massif-Central à bicyclette, avec sa fille Lucie qui en a 18, pour revenir à Chartres ! Près de 450 km !

« … Geo(rges) dit que ce serait folie de tenter le retour à vélo – dans la journée il me semble que cela ça irait, mais j’appréhende les nuits ; où les passer ? Toi, tu as été dans ce cas, mais pour les femmes c’est plus compliqué … »

Lire cette lettre

 

15) : Lettres du 20 juillet d’Edmond Chédeville à sa petite-cousine Julienne Bibert et à Joseph Bibert : Il faut se reporter plus haut au 8 juillet [ (*) Constantine :   et (**) Philippeville ] pour comprendre l’intérêt du document. Il concerne la réponse d’Edmond Chédeville à Philippeville (Algérie) à la lettre que ce jour là lui a expédiée Julienne (une petite-cousine). Elle lui demandait de faire des recherches sur « le mécanicien Joseph Bibert du GC III/6 possiblement à Constantine. » Elle n’a jamais vu la réponse mais le but a été atteint ! Cette enveloppe pleine a fait le trajet Philippeville – Savignac – Périgueux – Philippeville (tampons à l’appui) pour lui arriver vide le 5 septembre 1940 [ voir plus bas Lettre XX) ] à l’Hôtel de la Plage de Fort-de-l’Eau près d’Alger … Cet objet pourrait faire le bonheur d’un philatéliste collectionnant les enveloppes multi-tamponnées … mais il restera nous l’espérons dans notre famille !

Lire : L’histoire improbable d’une enveloppe de juillet 1940 !

 

Dimanche 21 juillet 1940 (page 12) : Julienne attendait ce moment depuis début les premiers jours de juin quand les liaisons épistolaires entre Chartres et le Groupe de Chasse GC III/6 en repli et dont elle ne connaissait plus la localisation se sont taries…  Son soulagement et son bonheur doivent être immenses !

Messe à 9 heures.

A 11h un télégramme de Dolph.

L’espoir renaît. La vie reprend un sens nouveau.

Je vais j’espère bientôt retrouver mon mari tant chéri. Maison ‑ Blanche !

Irai-je là te rejoindre mon amour chéri !

Et sous ces belles lignes, en petit gribouillis ultérieur : « Promenade à pied avec Claret. », sans doute pour se rappeler un jour que leur projet de départ de Savignac se précise.

 

16) : Lettre du 21 juillet de Marie-Thérèse Lagrange à son mari Henri Lagrange : C’est seulement quand nous avons exploité tardivement cette lettre que nous avons compris qu’une personne non citée par ailleurs était également partie pour Vodable le 11 juin 1940 et que le groupe familial était en fait constitué de 11 personnes ! Nous avons fait alors les modifications nécessaires dans ce texte ! Dans son courrier, Marie-Thérèse glisse en effet la liste du groupe en vue d’obtenir les autorisations administratives pour leur rapatriement. Notre base généalogique familiale nous a permis de savoir rapidement que « Madame Martin » ne pouvait être que Berthe Martin (née Néel) (1874/1956), veuve de Louis Martin (1872/1932), la mère de Lucienne Chédeville (née Martin). Des courriers postérieurs le confirment d’ailleurs…

Lire cette lettre

 

17) Lettre du 21 juillet de Jeanne Haessler‑Bibert à sa cousine germaine par alliance Julienne Bibert : Son mari Charles Haessler, boulanger à Marckolsheim, est resté au pays pour continuer à faire du pain pour les habitants non « évacués »de la petite ville natale de tous les Bibert. Elle écrit là une très belle lettre ! Elle n’hésite pas à y proclamer l’amour des Alsaciens pour la France, et surtout de ceux qui sont nés allemands avant 1914 et qui ont acquis la nationalité française en 1919 ! Comme Joseph Bibert ! Mon père !

« … Pour purger le monde de sa pourriture c’est bien difficile et après tout ce qui s’est passé, les yeux de beaucoup s’ouvriront seulement ; nous étions trop « gâtés » et j’ai bien peur que le beau temps soit passé, car tout cela entraîne un revirement mondial.

Pauvre France que nous aimons tant et que nous aimerons toujours ainsi que nos pauvres soldats ; les nôtres, vous le savez bien ce qu’ils nourrissaient comme idéal ! Ah ! oui quel soulagement … »

Lire cette lettre

 

La quatrième semaine à Savignac sera légèrement écourtée : tout a changé, Julienne tient dans ses mains depuis dimanche matin un télégramme de son mari en provenance de « Maison-Blanche », Algérie. On peut supposer qu’un des militaires du 1/122 a pu lui dire qu’il s’agissait d’une commune située à 15 km à l’est d’Alger où un aérodrome militaire existe depuis une quinzaine d’années. Nous l’imaginons recherchant alors une carte ou un atlas pour se situer…

Mais le plus urgent est que Joseph puise avoir la confirmation qu’elle a bien reçu son message et qu’elle se trouve encore à Savignac, comme il l’a appris par la récente lettre d’Edmond Chédeville [ longuement évoquée plus haut : voir Lettre 15) ].

C’est pour cela qu’elle va à La Réole le lundi 22 après-midi (page 13) d’un coup de vélo pour envoyer à son tour un télégramme ; ni l’un, ni l’autre n’a été retrouvé malheureusement dans les archives familiales…

Elle profite d’être à La Réole pour envoyer une belle carte postale à sa mère (datée par erreur du 21 juillet), oblitérée le jour même dans cette localité.

Carte postale de la Réole (Gironde) envoyée par Julienne Bibert à sa mère Marie-Thérèse Lagrange en exode à Vodable (Puy de Dôme)    Carte postale de la Réole (Gironde) envoyée par Julienne Bibert à sa mère Marie-Thérèse Lagrange en exode à Vodable (Puy de Dôme)

« Suis encore à Pondaurat. Pas de départ avant quelques jours. Ai reçu hier télégramme de Dolph. Il est à Maison‑Blanche (Algérie) en bonne santé. Pense beaucoup à vous et t’écrirai longuement. Bons baisers. »

Elle rentre sous la pluie à Savignac, où elle trouve chez elle une lettre de Madame Borreye. Cette lettre n’a pas été retrouvée, mais elle devait parler de l’Algérie ! La photo ci-dessous est en effet explicite. Pour anticiper un peu, dans une nouvelle lettre du 23 juillet elle explique à sa mère que Madame Borreye qui se trouve dans la Nièvre lui confirme que leurs maris sont en Algérie, qu’elle compte rejoindre le sien et qu’elle lui propose de s’organiser pour traverser la Méditerranée toutes les deux ensemble…

« … Partirons-nous pour l’Algérie ? J’écris Une longue lettre à Dolph où je mets tout mon espoir de le retrouver … »

 

16 septembre 1940
Fort-de-l’Eau
- Omer et Sophie BORREYE et leur fils Jean
- Robert et Valentine ROUSSET
- Joseph et Julienne BIBERT

16 septembre 1940

Fort-de-l’Eau

- Omer et Sophie BORREYE et leur fils Jean

- Robert et Valentine ROUSSET

- Joseph et Julienne BIBERT

 

Les sergents BORREYE, ROUSSET, et BIBERT sont tous les trois mécaniciens au GC III/6 à Alger Maison-Blanche.

Ils ont quitté ensemble Chartres le 1er septembre 1939 pour le front sans savoir qu’ils n’y reviendraient qu’après le 8 mai 1945.

 

Mardi 23 juillet 1940 (page 13) :

« … Je ne sors pas l’après midi … Le temps est maussade … Pas de soleil … Du vent … Visite du lieutenant Auque et de M. Landré …. »

Elle en profite pour mettre ses idées en ordre et après avoir reçu une seconde lettre (non retrouvée) de son beau-père, elle rédige de sa belle écriture une nouvelle lettre de 4 pages à sa mère dans laquelle elle fait le point de ce qu’elle sait à ce moment des uns et des autres et où elle parle de ses projets qui se précisent (voir $ précédent).

Lire cette lettre de Julienne à sa mère

 

18) : Lettre du 23 juillet d’ Henri Lagrange à sa belle-fille Julienne Bibert : Henri Lagrange vient de recevoir la lettre de sa belle-fille Julienne du 20 juillet, ce qui prouve que malgré la ligne de démarcation, le courrier ne circulait encore pas si mal que cela à cette date (elle n’a mis que moins de trois jours entre la Gironde et l’Eure -et-Loir). Il lui répond immédiatement à Pondaurat, avec beaucoup de précision, mais quand cette lettre y arrivera, Julienne en sera déjà partie ; la poste la fera suivre…puisqu’elle est en notre possession !

Il a glissé ses deux pages d’écriture dans une grosse enveloppe en y joignant les différents courriers arrivés à Chartres pour Julienne depuis son départ du 12 juin vers Bordeaux, dont deux lettres de son mari Joseph ; nous ne les avons pas retrouvées dans les archives familiales ; sans doute détruites un jour car jugées trop personnelles par Julienne ! Comme d’autres ! Malheureusement !

Lire cette lettre

 

19) : Carte du 23 juillet de Marie-Thérèse Lagrange à sa fille Julienne BIBERT : C’est un simple carton vierge, écrit recto‑verso, qui fait suite par retour aux deux lettres expédiées dans la même enveloppe de Pondaurat le 20 juillet par Julienne, dans lesquelles elle évoque le départ du 1/122 pour Périgueux et son projet personnel de se rendre à Vodable. Son frère Georges, toujours un peu directif, lui fait dire comment il faut s’y prendre, bien que ne connaissant qu’approximativement la situation réelle de sa sœur. Par sécurité, leur mère Marie-Thérèse a envoyé ces mêmes instructions dans une lettre adressée poste-restante à Périgueux (lettre non retrouvée).

Lire cette carte

 

Le séjour de Julienne en Gironde au contact des militaires du 1/122 touche à sa fin et sa décision de partir seule pour d’abord aller à Vodable voir sa famille en exode et poursuivre sa route vers Marseille est prise ce mercredi 24 juillet 1940 (page 14)

« … Projet de départ avec le lieutenant Claret pour rejoindre Maman … »

Nous avons retenu des rares souvenirs racontés par notre mère qu’il y avait eu « une sorte de négociation » entre elle et un « M. Claret ». Celui-ci possédait une voiture et avait eu le temps en Gironde d’y faire adapter un « gazogène » (Note 8) en prévision de futures restrictions de carburant. Il devait l’emmener de Savignac à Vodable en chargeant son vélo et ses bagages, tandis qu’à Vodable son frère Georges, commerçant plein de ressources avec un entregent exceptionnel pourrait lui procurer l’essence dont il avait besoin pour le reste de son parcours !

Le « gazogène », inventé au XIXème siècle, est un appareil permettant de produire un gaz par pyrolyse de matières solides et combustibles

Note 8 :  Le « gazogène », inventé au XIXème siècle, est un appareil permettant de produire un gaz par pyrolyse de matières solides et combustibles (généralement du bois ou du charbon) qui fut immédiatement adapté sur des voitures en 1940 pour faire face à la pénurie de carburant.

 

20) : Lettre du 24 juillet d’ Henri Lagrange à sa femme Marie-Thérèse Lagrange : Henri Lagrange vient de recevoir la lettre de sa belle-fille Julienne du 19 juillet (voir plus haut à cette date). Dans l’enveloppe il trouve également la lettre de son épouse du 2 juillet 1940 [ voir plus haut Lettre n°4) ]. Il y répond immédiatement. Mais il dit en avoir déjà envoyé plusieurs : nous ne possédons que la lettre du 10 juillet [ voir plus haut Lettre n°7) ] qui ne serait donc arrivée que plus tard à Vodable et les autres auraient donc été perdues en route ?

À noter une information intéressante sur les retours d’exode qui sont encore innombrables à Chartres plus d’un mois après l’armistice :

« … Il passe des réfugiés à la journée sur la route de Paris ; en ville, il y a peut-être 200 voitures qui attendent de l’essence et qui se trouvent arrêtées parfois pour quelques jours … »

Mais sans doute impatient de voir sa famille revenir du Massif-Central, il loue cependant une fois de plus le bon comportement des Allemands !

« … Surtout n’ayez aucune crainte des Allemands, même sur les routes ils sont prêts à rendre service à tout le monde et ont une consigne très sévère à ce sujet … »

Lire cette lettre

 

21) : Lettre du 25 juillet d’ Henri Lagrange à sa belle-fille Julienne Bibert : Il vient de recevoir en même temps les lettres du 19 juillet [ voir plus haut Lettre n°9) ] et du 20 juillet [ voir plus haut Lettre n°14) ] de son épouse et un télégramme d’Algérie de Joseph Bibert avec réponse payée qu’il joint à cette lettre à sa belle-fille. Il envoie également un petit mot à Joseph à Alger pour en accuser réception (télégramme et lettre à Joseph non retrouvés dans les archives familiales).

« … Il doit maintenant avoir des nouvelles de tous puisque je t’ai retransmis ses lettres … peut-être finira-t-il par avoir des nouvelles à moins qu’il n’arrive avant la démobilisation de l’armée d’Afrique qui est commencée … ».

Cette remarque est importante : à cette date La France croit que la guerre est terminée, qu’un traité de pais va être signé, et que tous les militaires non prisonniers seront rapidement démobilisés rentreront chez eux ! C’est d’ailleurs cette idée fausse qui fera que Julienne hésitera jusqu’au dernier moment avant de s’embarquer pour l’Algérie.

Concernant les retours d’exode, on trouve la même information que celle donnée dans sa lettre de la veille à son épouse :

« … Aujourd’hui les réfugiés recommencent à passer ; depuis ce matin 7 heures les voitures n’arrêtent pas, il y en a plus de 200 sur le boulevard Chasles et le boulevard Sainte-Foy qui attendent de l’essence. Les bicyclettes, les trains, même encore les piétions donnent à Chartres une animation extraordinaire … »

Mais il se fait encore plus précis pour évoquer encore une fois la bonne volonté des Allemands envers la population française sur les routes du retour, témoignage rarement repris dans les récits de cette époque de peur de créer des polémiques, mais il faut rester factuel :

« … Tout se passe dans le calme. Les Allemands emmènent en convoi les piétons qu’ils trouvent sur les routes. Ce matin j’ai vu un formidable tank allemand emmenant deux voitures à quatre roues (chariot du nord) pleines de gens qui regagnaient leur pays. Cela fait un drôle de contraste avec ce que l’on nous disait d’eux. Mardi, j’ai fait monter dans un camion allemand une jeune-fille et sa petite sœur qui s’en allaitent à Ymonville ; elle me demandait sa route en même temps que les Allemands qui eux allaient à Prasville. Ils ont débarrassé un coin du camion pour faire de la place et ont installé les deux filles du mieux qu’ils ont pu, il pleuvait à torrent … »

Il faut dire que fin juin, lorsqu’ Henri Lagrange était remonté de Bordeaux à Chartres à vélo en 7 jours avec quelques uns de ses camarades civils employés sur la Base Aérienne de Chartres, un militaire allemand sur une moto avec side-car s’était arrêté et avait fait monter l’un deux sur le siège arrière en arrimant au mieux dans la nacelle sa bicyclette qui avait une roue crevée. Ce malchanceux avait ainsi mis deux jours de moins pour arriver à Chartres ! (Information présente dans sa lettre n°2 du 27 juillet : [ (voir plus bas Lettre n°25) ]).

Lire cette lettre

 

Cette lettre n’a pu être adressée à Julienne que via le 1/122 : celui-ci (vers Périgueux) et Julienne (vers Vodable) quittant chacun la Réole/Savignac/Pondaurat le lendemain, Julienne n’a pu entrer en sa possession que beaucoup plus tard, sans doute en Algérie, renvoyée par sa famille : à l’époque tout courrier devait arriver ou être renvoyé à l’expéditeur et ne se perdait pas ! On verra plus loin que Jeanne Mauger, toujours avec le 1/122 à Périgueux début août, signale la présence d’une lettre venant d’Alger adressée à Julienne chez le vaguemestre [ voir plus bas à la date du 12 août lettre 28) ]

Concernant le 1/122, on peut lire dans cette lettre que « Les ouvriers du Parc qui étaient restés à La Teste sont à peu près tous rentrés depuis quelques jours, les trains ayant commencé à rouler » Cette phrase mérite une explication : toute la main d’œuvre civile qui était employée au service des différentes unités présentes sur la base dépendait administrativement du « parc ». Ceux qui avaient suivi les militaires jusqu’à Cazaux étaient restés en grande majorité à La Teste où ils virent arriver les Allemands. Dès qu’ils en eurent l’autorisation et que les trains recommencèrent à circuler plus ou moins normalement ils regagnèrent Chartres. La « Luftwaffe » qui avait pris possession de la base et qui avait les mêmes besoins que « l’Armée de l’Air » permit heureusement à la plupart d’entre eux de retrouver du travail.

Et concernant les pillages qui ne cessent toujours pas dans les maisons encore vides, cette phase glaçante preuve que les choses ne redeviendront pas « comme avant » :

« … les évacués surtout ont fait beaucoup de dégâts (maintenant tous ceux qui sont pris en flagrant délit de vol, Allemands ou Français, sont fusillés sur place ; il n’y a pas de pardon) … »

 

22) : Lettre du 25 juillet de Marie‑Thérèse Lagrange à son mari Henri Lagrange : elle vient de recevoir la lettre de son mari du 20 juillet 1940 [ (voir plus haut Lettre n°12) ]. À force de croiser leurs informations, les positions des uns et des autres se précisent, et l’impatience de tous se retrouver à Chartres augmente à Vodable. Pour ceux des « réfugiés » qui ont pu bénéficier d’un « exode » sans difficulté majeure, il est difficile d’imaginer le calvaire que les moins chanceux ont pu endurer…

Lire cette lettre

 

Le jeudi 25 juillet 1940 (page 14), Julienne et le lieutenant Claret consacrent la journée aux préparatifs de leur expédition et la terminent par « … une petite balade par un clair de lune splendide … ».

Autre bon présage pour elle, son hôte, M. Dupeyron, a enfin reçu ce jour là des nouvelles de ses fils. Les étoiles commencent à s’aligner !

 

 

 

4.  DE SAVIGNAC À VODABLE (PUY-DE-DÔME)

 

L’automobile du lieutenant Claret avant l’installation d’un « gazogène » - Berliet 944 décapotable 9CV de 1934

L’automobile du lieutenant Claret avant l’installation d’un « gazogène » New 2026

 

Exode Julienne BIBERT 1940 - Vendredi 26 juillet de SAVIGNAC à LE BUQUE

Vendredi 26 juillet

de SAVIGNAC

à LE BUGUE

121 km

Cliquez sur la carte pour l’agrandir

 

La seconde partie de « l’Exode de Julienne Bibert », du 26 juillet au 15 août 1940, si ce n’est pas encore l’heure tant attendue des retrouvailles avec son mari, ressemble quand même un peu à des vacances après les 7 semaines d’errance et d’incertitude inconfortables qu’elle vient de vivre.

Après d’émouvantes embrassades avec la famille Dupeyron, elle coupe ce jour là le cordon ombilical qui la reliait encore un peu avec le 1/122 de l’Armée de l’Air (page 14). La « Berliet » décapotable de M. Claret, maintenant démobilisé, dans laquelle elle a pu charger sa malle et sa bicyclette quitte Savignac à 17 heures et rattrape le convoi des militaires à La Réole 10 km plus loin.

A Bergerac, encore 75 km plus loin, leurs routes se séparent : la Berliet oblique vers l’est et le Massif‑Central, tandis que l’Armée de l’Air poursuit au nord en direction de Périgueux et son nouveau cantonnement. Encore 35 km et c’est pour nos deux « civils » le terme de leur première étape : « … Dîner et coucher au Bugue (Dordogne) où nous sommes arrivés par un soleil couchant magnifique … ».

 

Bergerac - Dordogne - Vue générale   Le Bugue -Dordogne - Panorama

 

 

Exode Julienne BIBERT 1940 - Samedi 27 juillet de LE BUQUE à USSEL

Samedi 27 juillet

de LE BUGUE

à USSEL

160 km

Cliquez sur la carte pour l’agrandir

 

Ils empruntent pour cette étape (page 15) les petites routes des départements de Dordogne et de Corrèze. Partis de Le Bugue à 10 h, ils remontent d’abord la verdoyante vallée de la Vézère jusqu’à Brive-la-Gaillarde. Julienne sait que Denise Vallée-Lagrange, sa quasi-sœur, est réfugiée dans cette sous-préfecture à l’école « des Escures ». Après avoir déjeuné ils essayent de la trouver ; peut-être apprennent-ils qu’elle loue depuis peu une chambre chez l’habitant au n°32 de la rue Baudy ? Mais manque de chance, Denise est partie par le train, pour quelques jours, retrouver son mari qui est en cours de démobilisation à Mirabel (Tarn-et-Garonne) et qu’elle n’a pas vu depuis de longs mois ; ils font donc choux-blanc.

Après Brive (à 150 m d’altitude), c’est la jolie vallée de la Corrèze jusqu’à Tulle, puis la montée sinueuse vers Égletons et Ussel (650 m) ; la Berliet peine sur les contreforts du plateau de Millevaches et ils s’arrêtent pour la nuit dans la capitale de Haute-Corrèze.

 

Brive la Gaillarde - Corrèze - Jardin public de Thiers   

   Ussel - Corrèze - Vue générale

 

23) : Lettre du 27 juillet d’ Henri Lagrange à Marie-Thérèse Lagrange : les deux lettres de sa femme du 19 et du 20 juillet 1940 sont arrivées à Chartres la veille [ voir plus haut Lettre n°9) et Lettre n°14 ]. Bien évidemment, il tente de la dissuader de rentrer à Chartres à bicyclette (500 km !) et de calmer son impatience en lui expliquant les difficultés qu’elle pourrait rencontrer pour le passage de la ligne de démarcation faute d’avoir les papiers nécessaires. Et tout en disant que tout va bien pour lui, il se plaint quand même pour un petit détail incongru qui change ses habitudes :

« … Ce matin samedi, je vais aller faire mon marché ; il n’y a pas encore de livraison à domicile, il faut donc aller chercher ce dont on a besoin … »

Lire cette lettre

 

24) : Lettre N°1 du 27 juillet d’ Henri Lagrange à sa belle-fille Julienne Bibert : il y a dans cette lettre une information un peu frustrante pour nous :

« … J’espère que tu as reçu les lettres que je t’ai réexpédiées mardi dernier. Aujourd’hui le t’en réexpédie une d’Adolphe venant de Toulouse et probablement plus vieille. Je me contente de changer l’adresse … » (Lettre du 10 juin ; information dans la lettre n°2)

Juste changer l’adresse sur l’enveloppe n’a pas été une bonne idée et cette lettre d’Adolphe (Joseph Bibert) postée à Toulouse s’est malheureusement perdue. C’est une pièce de notre puzzle familial qui nous manque cruellement. Nous avons en effet déjà écrit plus haut :

« Dans la grande confusion du mois de juin 1940, Julienne n’avait pas su que le III/6 avait quitté la Seine-et-Marne (Coulommiers) pour le Var (Le Luc-en-Provence) et que Joseph était parti à Toulouse pour réceptionner les nouveaux avions affectés à son Groupe, les fameux Dewoitine 520 … »

Joseph Bibert qui était le chef de Hangar de la 6ème escadrille, et trois autres mécaniciens avaient été choisis par le commandant du Groupe III/6 pour cette mission importante. Ils sont restés à Toulouse du 7 au 16 juin, deux jours avant les armistices, et on peut penser que sa lettre du 10 juin aurait pu constituer un témoignage précieux, à mots choisis, sur ce qui se passait alors dans les usines Dewoitine. En effet, près de 150 avions flambant neufs, les meilleurs chasseurs français (le fameux Dewoitine D.520) y avaient été construits mais non mis en service pour des raisons purement administratives : les pilotes qui venaient les chercher, voire les « choisir », ont souvent parler de leur immense frustration en découvrant le terrain de Toulouse débordant de cet avion magnifique qui leur avait fait défaut !

 

Lire cette lettre

 

25) : Lettre N°2 du 27 juillet d’ Henri Lagrange à sa belle-fille Julienne Bibert : Henri Lagrange raconte en détail son retour à bicyclette de La Teste-de-Buch à Chartres (600 km en 7 jours) avec quelques camarades du 1/122 entre le vendredi 28 juin 1940 et le jeudi 4 juillet 1940. Ils n’ont pas eu de problème avec les Allemands qu’ils ont rencontrés ; ils leurs ont donné parfois des cigarettes et ont même dépanné l’un deux qui avait été victime d’une crevaison.

Lire cette lettre

 

 

Exode Julienne BIBERT 1940 - Dimanche 28 juillet d’ USSEL à MUROLS (MUROL)

Dimanche 28 juillet

d’ USSEL

à MUROLS

75 km

Cliquez sur la carte pour l’agrandir

 

Si l’étape est courte, la route est difficile (page 15). Son but en est Murols (Puy-de-Dôme) et son château en ruine, aux abords du lac Chambon [ orthographe actuelle : Murol, pour éviter les confusions avec Murols (Aveyron) ]. M. Claret veut profiter de son voyage pour y rendre visite à une amie (ou parente ?), Mlle Honoré.

Mais pour cela il va falloir traverser les Monts d’Auvergne, par Bourg‑Lastic, la Bourboule, le Mont-Dore et le col de la Croix-Morand à 1401 mètres d’altitude dans lequel la Berliet a dû avoir besoin de refroidir plusieurs fois, puisqu’ayant quitté Ussel à 10h 30 ils n’atteignent leur but qu’à 16 h.

« … Temps superbe. Panorama magnifique. Trouvons Mlle Honoré. Goûter au lac Chambon … ».

La fin de l’après-midi est consacrée à une randonnée en montagne de 8 km dans la vallée de Jassat. Ils trouvent des chambres à l’Hôtel de la Poste à Murols et sont invités à dîner chez Mlle Honoré.

 

Murols (Murol) - Puy de Dôme - Ruines du château   Murols (Murol) - Puy de Dôme - Hôtel de la Poste

Benjamin et François-Xavier Bibert, sur les traces de leur grand-mère et mère dans les Monts d’Auvergne,75 ans plus tard ! - Col de la Croix Morand       Benjamin et François-Xavier Bibert, sur les traces de leur grand-mère et mère dans les Monts d’Auvergne,75 ans plus tard ! - Randonnée dans la Vallée de Jassat

Benjamin et François-Xavier Bibert, sur les traces de leur grand-mère et mère dans les Monts d’Auvergne,75 ans plus tard !

Cliquez sur ces deux les images pour mes agrandir

 

Le lendemain, lundi 29 juillet, M. Claret doit s’occuper de sa voiture afin de la préparer pour sa dernière étape vers Chambéry (page 16). Du coup, après avoir déjeuné avec lui à l’Hôtel de la Poste, Julienne se décide à partir seule pour Vodable à 25km par des petites routes de campagne sinueuses et accidentées pour faire la surprise à sa famille.

« … Vais à Vodable à bicyclette. Retrouve Maman et tous, bien émue … ».

C’est le cœur léger qu’elle a dû pédaler pour retourner à la nuit tombante à Murols ! « Murols, son château, son lac… », un site touristique exceptionnel qui mérite bien d’y passer une journée supplémentaire ! Mlle Honoré va donc prendre les choses en mains le mardi 30 juillet : montée au château, visite des ruines, canotage sur le lac Chambon (page 16) et pour finir dîner dans un bon restaurant situé sur les berges de celui-ci ! Sans oublier de prendre quelques photographies, souvenir du court intermède pendant lequel les difficultés passées et ou à venir ont été provisoirement oubliées.

 

Exode Julienne BIBERT - MARDI 30 JUILLET 1940 - MUROLS (MUROL) et LAC CHAMBON - Mlle HONORÉ – Julienne BIBERT – René CLARET

Exode Julienne BIBERT - MARDI 30 JUILLET 1940 - MUROLS (MUROL) et LAC CHAMBON - Mlle HONORÉ – Julienne BIBERT – René CLARET

Exode Julienne BIBERT - MARDI 30 JUILLET 1940 - MUROLS (MUROL) et LAC CHAMBON - Mlle HONORÉ – Julienne BIBERT – René CLARET

 

Exode Julienne BIBERT - MARDI 30 JUILLET 1940 - MUROLS (MUROL) et LAC CHAMBON - Mlle HONORÉ – Julienne BIBERT – René CLARET

Exode Julienne BIBERT - MARDI 30 JUILLET 1940 - MUROLS (MUROL) et LAC CHAMBON - Mlle HONORÉ – Julienne BIBERT – René CLARET

 

 

MARDI 30 JUILLET 1940

Journée de détente

MUROLS (Note 9)

LAC CHAMBON

Mlle HONORÉ – Julienne BIBERT – René CLARET

 

 

Exode Julienne BIBERT - MARDI 30 JUILLET 1940 - MUROLS (MUROL) et LAC CHAMBON - Mlle HONORÉ – Julienne BIBERT – René CLARET

 

Note 9 :  Aux alentours de 1830, un « s » est ajouté au nom du village qui devient alors MUROLS. Ce « s » sera supprimé en 1953 par le Conseil d'État.

 

 

Exode Julienne Bibert 1940 - Mardi 31 juillet de MUROLS à ISSOIRE (en voiture ) 32 km et à VODABLE (à pied) 10 km

Mardi 31 juillet

de MUROLS

à ISSOIRE

(en voiture) 32 km

et à VODABLE

(à pied) 10 km

Cliquez sur la carte pour l’agrandir

 

M. Claret veut profiter de cette courte étape pour procéder aux essais du gazogène qui a été adapté sur son auto (page 16). Les préparatifs sont un peu longs, et ils ne quittent Murols qu’à 16 heures en évitant les petites routes empruntées par Julienne l’avant-veille à bicyclette. Ils passent par Saint-Nectaire, Montaigut-le-Blanc, Champeix pour atteindre finalement Issoire ; une longue descente régulière d’une trentaine de kilomètres et de 400 mètres de dénivelé sans problème pour la Berliet. Les essais de l’appareil qui brûle du bois pour fabriquer son carburant sont jugés « assez satisfaisants ».

Cependant la voiture est quand même confiée à un garagiste à Issoire et c’est à pied qu’ils « remontent » au petit village de Vodable situé 200 mètres plus haut au pied de sa « butte volcanique » ; 10 km, une marche quasi nocturne de 2h30 !

Ils n’y arrivent qu’à 22 heures et trouvent un hébergement chez Mlle Françine Desfrançois de Montgrion (1876/????) qui vit avec sa mère Marie Malsagne (1858/1944) veuve d’Antoine Desfrançois de Montgrion (1844/1908) (voir photographie plus bas) au n°31 du Champ-Vacher (d’après le recensement de 1936 ?).

 

Saint-Nectaire - Puy de Dôme - Vue générale   Issoire - Puy de Dôme - Vue générale

Vodable - Puy de Dôme - Vue générale

Carte ancienne du département du Puy-de-Dôme (Cliquez pour agrandir)  à   

Plan de la commune de Vodable-Google 2026 (Cliquez pour agrandir)  à   

    Carte des Monts d'Auvergne

 

    Pla grande échelle de Vodable

Association Vodable Patrimoine et Avenir - Vie municipale

Merci pour son aide à Monsieur Mr LABUSSIÈRE, maire de Vodable (juillet 2026)

Éléments de généalogie de deux des familles de Vodable qui ont accueilli des membres de la famille Chédeville de Chartres de juin à septembre 1940

Famille POULET : Armand et Francine, née POMPALIER, cultivateurs

Famille DESFRANÇOIS de MONTGRION : Marie, née MALSAGNE et sa fille Francine Berthe, rentières

 

 

New 2026

M. RENÉ JEAN BAPTISTE CLARET

Supaéro - Lieutenant de réserve de l’Armée de l’Air – Ingénieur de l’aéronautique

Le lieutenant CLARET ou M. CLARET est la personne la plus souvent citée dans le carnet d’exode de Julienne BIBERT, mais sans son prénom et avec aucun élément biographique autre que quelques photos faites autour du lac Chambon fin juillet et trois anciennes adresses en 1940.

Ce n’est qu’après de patientes recherches et la première mise en ligne de cette page internet qu’en 2026 nous avons pu entrer en relation avec sa fille Claudine (1937). Elle a bien voulu nous confier très généreusement une grande quantité de documents familiaux très personnels pour nous permettre d’en extraire les renseignements utiles pour mieux connaître René Jean Baptiste CLARET et croiser avec une grande précision son parcours de vie de 1940 avec celui de notre mère Julienne BIBERT. Nous avons pu alors modifier et compléter cette page avec un grand profit (mention : New 2026).

En résumé, qui était René Jean Baptiste CLARET ? 

Né le 24 juin 1908 à Paris (14ème) ; fils de Pierre CLARET, commis des Ponts & Chaussées et de Alice MINOT ; ingénieur de l’École Nationale Supérieure de l’Aéronautique « Supaéro » (promotion 1931) ; sous-lieutenant de réserve de l’Armée de l’Air dans le corps des officiers mécaniciens le 20 mars 1932 (venant du 34ème RA du Bourget-Dugny, affecté au Camp d’Instruction de Cazaux) ; marié le 22 mai 1934 à Paris (17ème ) avec Michelle NECTOUX (1914/2000) ; lieutenant de réserve le 4 août 1935 au 4ème Bataillon de l’Air (unité administrative et territoriale de l'Armée de l'Air française qui gère le soutien, le matériel, la logistique et les cantonnements des personnels et des compagnies aériennes stationnés dans sa zone d'implantation : notamment rattaché au camp d'instruction de Cazaux) ; rappelé par l’Armée de l’Air fin 1939 ; affecté à Chartres au 1/122 en janvier 1940 ; démobilisé à Savignac en juillet 1940 ; décédé à Macon le 20 juin 1984 ; 5 enfants.

Lire : Premières Recherches sur René Jean Baptiste Claret avant de connaître sa fille Claudine

À venir : Ce que nous pouvons dire aujourd’hui de Jean Baptiste Claret

 

 

 

 

 

5.  DEUX SEMAINES EN FAMILLE À VODABLE (PUY-DE-DÔME)

 

Julienne a donc retrouvé à Vodable les 11 membres des familles Chédeville et Lagrange qui s’y trouvent réfugiés depuis la mi-juin. Entre eux, la parole a enfin remplacé les écrits ! Mais on sait que Julienne a envoyé régulièrement des lettres à Joseph à Alger : sont-elles arrivées ou non à destination ? Nous n’en connaissons aucune.

Carnet d'exode de Julienne BIBERT1940

Page 17

Carnet d'exode de Julienne BIBERT1940

Page 18

Carnet d'exode de Julienne BIBERT1940

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Carnet d'exode de Julienne BIBERT1940

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Carnet d'exode de Julienne BIBERT1940

Page 21

Carnet d'exode de Julienne BIBERT1940

Page 22

 

Elle va passer une quinzaine de jours à Vodable avec l’espoir de pouvoir partir pour l’Algérie afin d’y retrouver enfin son mari, mais aussi celui de leur retour rapide à Chartres dans la maison familiale ! Sur le terrain d’aviation de Maison-Blanche Joseph n’a pas grande activité du fait que les vols des 27 Dewoitine 520 des deux escadrilles du GC III/6 sont extrêmement limités, sous le contrôle strict de la commission d’armistice franco-italienne.

La voiture de M. Claret n’est pas encore prête au garage d’Issoire et il ne pourra reprendre la route que le samedi 3 août dans l’après-midi. C’est pour cela que celui-ci peut profiter de faire un peu de « tourisme » pendant deux jours avec Julienne et son frère Georges Chédeville ; ce dernier s’occupe également de « récupérer » un peu d’essence supplémentaire pour permettre à M. Claret d’atteindre Chambéry sans encombre.

Le jeudi 1er août, ils font tous les trois l’ascension du « Pic de Vodable », qui culmine à 755 mètres d’altitude, 50 mètres au-dessus de la place de l’église (voir photographie ci-dessus) ; le temps est superbe et ils peuvent ainsi bénéficier d’une vue circulaire exceptionnelle sur les Monts d’Auvergne (page 17).

Exode Julienne - Randonnée du  vendredi 2 août

Participent à leur randonnée du vendredi 2 août après-midi à « La Chaux » (Note 10), Marie-Thérèse et Lucie Lagrange (la mère et la demi‑sœur de Julienne) ainsi que sa belle-sœur Lucienne Chédeville. Ils font de beaux bouquets, visitent Notre‑Dame de Ronzières et en fin d’après-midi la vieille église de Vodable (page 17).

Note 10 : La « Chaux de Vodable » est une hauteur herbeuse et caillouteuse entre Vodable et Dauzat-sur-Vodable où sont tracés plusieurs sentiers de randonnée offrant des panoramas remarquables sur les reliefs volcaniques d'Auvergne.

La soirée est occupée par les préparatifs du départ de M Claret vers Chambéry avec sa Berliet et de Georges et Renée Chédeville vers à Rambouillet avec la Peugeot 201 de Julienne et Joseph (explications des raisons de leur au départ paragraphe suivant).

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Julienne et Monsieur Claret, qui veut sans doute s’assurer que sa voiture sera mise en état à temps, descendent à pied à Issoire de bonne heure le samedi 3 août (page 18). C’est ce même jour que Georges Chedeville (frère de Julienne) et Renée Blanchet (leur cousine) vont quitter Vodable pour Rambouillet. Lui est « marchand de couleurs » — c.à.d. « droguiste » —, elle est épicière, et de ce fait, ils ont obtenu les autorisations nécessaires pour quitter Vodable afin de rouvrir leur magasin en zone occupée. Pour eux la matinée n’est pas de trop pour préparer la voiture de Georges en y chargeant le maximum de bagages et surtout des bidons contenant l’essence qui va leur être nécessaire pour leur voyage. Ils rejoignent Julienne et M. Claret à l’Hôtel Terminus pour l’apéritif et partent immédiatement après vers le nord : ils ont 430 km à parcourir et, bien qu’ils possèdent les papiers nécessaires, ils redoutent le passage de la ligne de démarcation à Moulins et ne veulent pas être pris au dépourvu. Il reste 300 km à faire vers l’est pour M. Claret, mais en zone libre, et il prend le temps de se restaurer avec Julienne, avant de s’élancer vers la capitale historique du duché de Savoie… et sa famille ! Julienne écrit le soir dans son carnet :

« … déjeuner à l’Hôtel Terminus avec M. Claret que je quitte à 14h30. Je suis un peu triste. Voici 8 jours que nous partageons la même vie et peut-être nous reverrons nous jamais. Je remonte à Vodable à 17 heures. Soirée de calme et de repos. J’écris à Dolph … »

26) : Carte du 3 août de Marie‑Thérèse Lagrange à son mari Henri Lagrange : cette courte carte recto/verso écrite à Vodable n’a pas pu être confiée à la poste ; les restrictions vont s’accumuler dorénavant et rendre la vie des Français de plus en plus compliquée pendant près de 5 ans, en zone libre, et surtout en zone occupée :

« … Depuis quelques jours il nous est défendu d’écrire en zone occupée, et tu dois t’ennuyer de nouvelles … »

Du coup c’est Georges Chédeville, son fils, et Renée Chédeville, sa nièce, qui ont emporté cette carte avec eux à bord de la Peugeot 201…

Lire cette carte

 

Exode Julienne - Randonnée du dimandre 4 août

Le lendemain, dimanche 4 août, il fait très beau : Julienne, sa mère Marie-Thérèse et sa demi‑sœur Lucie Lagrange en profitent l’après-midi pour faire une première grande promenade au sud-ouest de Vodable (page 18). Elle les mène d’abord à Mareugheol et son fort en basalte construit par les villageois pendant la guerre de 100 ans pour protéger leur église et une soixante de maisons. Quatre tours rondes, quatre portes et de hautes murailles qui les relient forment un quadrilatère et sont toujours debout, mise à part une partie de la muraille qui s’est effondrée ; retour à Vodable par le village d’Antoingt vers 19 heure ; montée au pic après le dîner pour admirer un orage lointain et finir la journée bien fatiguées.

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Fort de Mareugheol (Puy-de-Dôme)   Antoingt (Puy-de-Dôme)

 

Vodable 1940 - La rue de la porte neuve, la place du Marchidial et l’église de la nativité de Saint-Jean   Vodable - Julien et Josette Blanchet, petits-cousins Chédeville et sur les genoux de Julienne, Bernadette et Élisabeth Chédeville, nièces

Photographies prises par Julienne Bibert à Vodable en août 1940

A gauche : la rue de la porte neuve, la place du Marchidial et l’église de la nativité de Saint-Jean

A droite : Julien et Josette Blanchet, petits-cousins Chédeville et sur les genoux de Julienne, Bernadette et Élisabeth Chédeville, nièces

 

27) Lettre du 5 août 1940 de Denise Vallée‑Lagrange à sa belle-mère Marie Thérèse Lagrange :  Denise a retrouvé son mari, Raymond Vallée, qui cantonnait avec son unité de l’Armée de Terre à Mirabel dans le Tarn-et-Garonne où il a été finalement démobilisé. Ils logent pour le moment tous les deux à Brive chez la propriétaire d’une petite maison, une veuve chez qui elle a pu louer depuis peu une chambre plus confortable que la salle de classe de « l’école des Ecures » dans laquelle elle avait installée à son arrivée en Corrèze après avoir fui la région parisienne juste avant l’arrivée des Allemands ...

« … nous sommes revenu ensemble à Brive, alors pour le moment c’est un petit peu les vacances. Il fait une drôle de chaleur, heureusement que la Corrèze n’est pas loin, nous allons nous baigner souvent… ».

Lire cette lettre

 

Les deux premières journées de cette nouvelle semaine semblent pleines de mélancolie : si Julienne a réussi à quitter Chartres et, au bout de deux mois d’efforts tenaces, de doutes et aussi d’un peu de Chance, à retrouver une partie de sa famille à Vodable et à savoir que les nouvelles sont rassurantes pour les autres, elle sait qu’elle aura encore beaucoup de difficultés à surmonter pour rejoindre son mari. Depuis son arrivée dans le Puy-de-Dôme, le courrier ne fonctionne plus entre la zone « libre » et la zone « occupée » et depuis le 12 juin, le court télégramme envoyé le 19 juillet d’Alger par Joseph qu’elle à reçu à La Réole est le seul lien qui les relie : elle s’apprête donc à partir à Marseille pour traverser la Méditerranée dans la plus grande incertitude de son devenir. Elle écrit sans son carnet :

« Lundi 5 août – Jour anniversaire : 10 mois de mariage… Je le passe toute à la pensée de mon mari chéri… Le soir, seule sous la lampe, j’écris longuement à Dolph » (page 19).

… sans d’ailleurs savoir si cette lettre pourra lui parvenir… (lettre non retrouvée)

« Mardi 6 août - Il pleut. Il fait triste et froid. Je couds toute l’après-midi à la maison (page 19).

Mais son cafard a été surmonté et elle a manifestement décidé ce soir là que quel que soit ce qui pourra lui arriver, elle partira pour l’Algérie.

Exode Julienne - Clermont-Ferrant  le  mercredi 7 août

En effet, même si la « Zone-Libre » et les colonies françaises dépendent de la nouvelle administration de Vichy, sous contrôle des commissions d’armistice allemandes et italiennes, un laissez-passer est indispensable pour s’embarquer à Marseille. Clermont-Ferrand, la préfecture du département n’est qu’à moins de 50 km et à cette époque, 100 km de bicyclette dans la journée n’effrayaient pas grand monde dans les campagnes (page 19) !

Julienne qui va avoir 26 ans dans 4 jours, sa mère qui vient de fêter une semaine plus tôt ses 60 ans et Lucie sa jeune demi‑sœur de 18 ½ ans vont donc aller chercher ensemble le « sésame » indispensable pour un départ éventuel de Julienne pour l’Algérie. Elles partent mercredi 7 août à 8h 00 et reviennent à Vodable à 21h 30 en chantant… Le moral de Julienne doit être en hausse !

« … Route superbe. Déjeuner et démarches Préfecture et Bureau de la Place. Obtiens laissez-passer pour Alger … »

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Voir le : Le Sauf-conduit de Julienne BIBERT pour son voyage d’ Issoire-Alger

 « Jeudi 8 août 1940 - Journée belle et chaude passée à Vodable (page 19). »

Exode Julienne - Randonnée du  vendredi 9 août

Le temps est toujours magnifique et en ce vendredi 9 août, toujours sous la conduite de sa mère et de sa demi‑sœur, infatigables marcheuses qui depuis deux mois ont déjà sillonné plaines, bois et montagnes des environs, Julienne fait une nouvelle randonnée de près de 20km. D’abord Antoingt et Mareugheol comme le dimanche précédent, mais cette fois elles poussent à l’ouest jusqu’à Ternant les Eaux puis Dauzat sous-Vodable pour découvrir au fond du val où coule le petit ruisseau « Le Coury » les célèbres sources d’eau ferrugineuse connues des habitants du pays depuis des siècles (page 20).

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Ternant - Puy-de-Dôme
   Dauzat-sous-Vodable - Puy-de-Dôme - Place de la République - Le %arché

Pour aller au marché à Issoire le samedi 9 août 1940, elles empruntent toutes les trois un autocar Citroën C6 G1de la Société « Jean Terrias », le principal « Transporteur » du Puy-de-Dôme en 1940 (page 20). Elles pensaient être de retour à Vodable pour le déjeuner, mais Julienne écrit : « … retour avec péripéties à 15 heures, déjeuner… ». On ne saura sans doute jamais ce que furent leurs difficultés qui les ont tant retardées… ce qui d’ailleurs n’empêchera pas la terre de continuer à tourner ! Dans la soirée Julienne rédige une nouvelle fois une longue lettre à son mari, toujours sans savoir si elle atteindra son but (lettre non retrouvée) …

 

   

 

Exode Julienne - Randonnée du dimande 11 août

Surprise en lisant sur son carnet les trois lignes que Julienne y a porté à la date dimanche 11 août 1940 (page 20) ! C’est en effet son anniversaire, elle a 26 ans, et elle n’en dit rien ! Pourtant on ne peut pas imaginer qu’il ne fût pas fêté !

Après la messe dominicale de 9h ½ et le déjeuner, c’est l’ascension du « Pic de Solignat » ou « Puy d’Ysson » qui culmine à 856 mètres à 2 km de Vodable à vol d’oiseau. Cet important monticule n’est que de la lave solidifiée dans la cheminée d’un ancien volcan qui a été totalement érodé avec le temps, ce qui constitue un « Neck » : « … site admirable… ».

On gravit sans grosse difficulté les 250 mètres de dénivelé par un petit sentier et au sommet, sur 360° bien dégagés, le panorama est exceptionnel ; en contre-bas, les jolis villages de Vodable, Solignat, Antoingt ; à l’ouest, le massif du Sancy, les Monts Dore et par beau temps, le Puy-de-Dôme au loin vers le nord ; à l’est, la ville d’Issoire et la vallée de l’Allier à 7 km, et dans le lointain les Monts du Forez

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Ce même jour Julienne écrit encore à son beau-père Henri Lagrange :

« … Si tu étais ici nous pourrions croire que c’est les vacances. Heureusement toutefois qu‘il y a ces belles promenades car il y aurait de quoi mourir d’ennui… ».

Sa mère Marie-Thérèse a complété cette lettre avec quelques phrases pour son mari.

« Je suis constamment par la pensée près de toi et dans notre pauvre petite maison abandonnée. Notre seule guérison au cafard, c’est les charmantes promenades que nous faisons… 

Lire cette lettre de Julienne à son beau-père

 

Exode Julienne - Randonnée du dimande 11 août

Surprise en lisant sur son carnet les trois lignes que Julienne y a portées à la date dimanche 11 août 1940 (page 20) ! C’est en effet son anniversaire, elle a 26 ans, et elle n’en dit rien ! Pourtant on ne peut pas imaginer qu’il ne fût pas fêté !

Après la messe dominicale de 9h ½ et le déjeuner, c’est l’ascension du « Pic de Solignat » ou « Puy d’Ysson » qui culmine à 856 mètres à 2 km de Vodable à vol d’oiseau. Cet important monticule n’est que de la lave solidifiée dans la cheminée d’un ancien volcan qui a été totalement érodé avec le temps, ce qui constitue un « Neck » : « … site admirable… ».

On gravit sans grosse difficulté les 250 mètres de dénivelé par un petit sentier et au sommet, sur 360° bien dégagés, le panorama est exceptionnel ; en contre-bas, les jolis villages de Vodable, Solignat, Antoingt ; à l’ouest, le massif du Sancy, les Monts Dore et par beau temps, le Puy-de-Dôme au loin vers le nord ; à l’est, la ville d’Issoire et la vallée de l’Allier à 7 km, et dans le lointain les Monts du Forez

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28) Lettre du 12 août 1940 de Jeanne Mauger à Julienne Bibert : Quelques extraits de cette longue lettre sont visibles plus haut à la date du 17 juillet car elle donne des informations sur l’endroit où les deux amies étaient alors logées à Savignac chez M. Dupeyron. Dans cette lettre Jeanne Mauger qui se trouve à Périgueux raconte d’ailleurs un court voyage en train qu’elle a fait début août pour revenir à Savignac pour récupérer des bagages chez leurs hôtes. C’est aussi une réponse à une lettre que Julienne lui a écrite dès son arrivée à Vodable. Même si Julienne l’avait postée le jour même, il n’est pas certain qu’elle ait pu recevoir cette réponse avant son départ de Vodable 3 jours plus tard. Elle contenait pourtant une information qui aurait été précieuse pour Julienne : « … ayant vu le vaguemestre, j’ai su que vous aviez une lettre de votre mari, très urgente … »

Or julienne, dans son carnet, ne dit pas avoir reçu cette lettre d’Alger (que le vaguemestre a dû tarder à faire suive) et cette lettre de son amie Jeanne (qui a dû lui parvenir par des voies détournées en Algérie bien plus tard). Cela semble confirmer que sa décision de départ a été prise à ce moment sans avoir la certitude absolue qu’elle trouverait son mari à l’arrivée…

Lire cette lettre

 

Exode Julienne - Baignade dans La Couze à Perrier le lundi 12 août 1940

Le départ pour l’Algérie n’est pas encore totalement décidé en ce lundi 12 août 1940, mais Julienne ne pense évidemment qu’à ça tout en se laissant descendre sur sa bicyclette à travers bois avec sa mère et sa sœur jusqu’au lieu-dit « Perrier » où coule la Rivière « La Couze-Pavin ». Au fond de cette petite vallée située à quelque km au nord de Vodable, il fait chaud, l’eau est fraîche ; elle se baignent ! Que la guerre leur semble loin, sans imaginer un seul instant qu’elles vont bientôt être séparées pendant près de 5 ans !

Seule le soir, au calme, Julienne lit, fait des mots-croisés, réfléchit. Toujours sans nouvelles de Joseph depuis près d’un mois, elle pèse le pour ou le contre d’une traversée immédiate de la Méditerranée !

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Ces deux photographies ne sont qu’un simple « clin d’œil » puisqu’elles datent de 1936, prises 4 ans plus tôt près de Chartres…

 

« Mardi 13 août 1940 - Il fait beau mais frais. Pas de sortie. Couture. Le soir j’écris. Je pense tendrement à mon mari chéri et je souffre de cette séparation qui se prolonge. Dolph, je voudrais tant aller vers toi et te retrouver, tout à moi, mon aimé. De nouveau je m’ennuie : maintenant je voudrais partir d’ici, partir bien vite mon chéri vers toi que j’aime plus que jamais (page 21).

Cette formulation : « Je voudrais partir » et non « Je vais » ou « je veux partir » confirme pour moi à la fin des fins que, même si elle avait en poche depuis son voyage à Clermont‑Ferrand du 4 août son laissez-passer, la décision de partir » qui devait sembler irrationnelle à ses proches n’a été prise irrévocablement par elle que ce soir-là.

Et c’est sans doute pour cela que le lendemain, mercredi 14 août 1940, elle part à Issoire à bicyclette avec sa mère et sa sœur pour s’enquérir des horaires des bateaux (page 21). Elles en profitent pour faire un peu plus qu’un aller-retour, car si les 11 km de « descente » à l’aller par Solignat sont vite avalés, elles reviennent par Saint-Germain-Lambron, Gignat et Antoingt, 21 km au total mais avec un dénivelé de 375 mètres pour « remonter » à Vodable ! Le « Gouverneur Général de Gueydon », paquebot colonial de 1922 (4 500 tonneaux) quittant son port d’attache le 17 août il faut maintenant faire vite pour se préparer et gagner le Marseille.

Trajet de leur aller-retour Vodable-Issoire du 14 août 1940

 

Jeudi 15 août 1940 : « Préparatifs de départ. Je profite jalousement des dernières heures en famille » (page 22).

 

,29) Lettre du 15 août 1940 de M. Abel Dupeyron (de Savignac) à Julienne Bibert : Celle-ci n’a pas reçu cette lettre à Vodable puisqu’elle était le 16 août sur le paquebot « Gouverneur Général de Gueydon » en route pour l’Algérie (voir plus bas). Elle fait sans doute partie des courriers récupérés par sa mère et que celle-ci lui a fait parvenir plus tard par porteur. M. Abel Dupeyron avait été le logeur de Julienne Bibert et de Jeanne Mauger Savignac (Gironde) du 17 au 26 juillet 1940. Ils s’étaient tous très bien entendus (voir plus haut) et M. Dupeyron répond à une lettre que Julienne avait dû lui faire parvenir dès son arrivée à Vodable le 3 août. Il donne des nouvelles de personnes qui n’ont pas été encore citées ici et dont nous ne connaissons rien.

Elle contient une information inédite : « Nous avons la base de Mérignac, mais pas pour longtemps ». Cela signifie que dans la zone de Savignac-La Réole, ce qui restait des unités 1/122 et 2/122 envoyées le 26 juillet à Périgueux, avait été remplacé par des éléments, organisés ou non, de la base de Bordeaux Mérignac. On sait qu’il sera difficile d’en savoir beaucoup plus, les archives de ces mouvements d’unités de cette époque étant quasiment inexistantes…

Lire cette lettre

 

 

 

 

 

6.  DU MASSIF CENTRAL À L’ALGÉRIE – RETROUVAILLES !

Vendredi 16 (16h 00) à samedi 17 (8h 10) : Issoire – Nîmes – Marseille par le train

Samedi 17 (11h 00) à lundi 19 (15h 00) : Marseille – Alger à bord du paquebot « G.G. de Gueydon »

 

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Pour rédiger cette avant-dernière partie de l’histoire de « l’Exode de Julienne Bibert » consacrée à son voyage train + bateau du Massif-Central à Alger, j’ai eu la chance de récupérer chez ma vieille tante Lucie de Chartres, juste avant son décès en 2010, une lettre qu’elle conservait précieusement et qui était parvenue à la famille à Vodable en zone libre en provenance d’Alger… aussi en zone officiellement libre (ne l’oublions pas), datée du 21 août 1940, même si à cette date le courrier ne franchissait plus la ligne de démarcation : précision historique souvent incomprise…

Arrivée à Alger le lundi 19 après-midi, Julienne a ainsi raconté « pour l’Histoire », document factuel indiscutable, ces 71 heures qu’elle a dû vivre avec intensité ! Et il est même possible que ce soit à ce moment là seulement qu’elle a reconstitué quelques pages de son « Carnet d’Exode ».

Dix ans après avoir parcouru cette lettre, je n’avais plus en mémoire certains détails, et il me semble que la reproduire ci-dessous est la meilleure chose à faire. Il y a en effet certains souvenirs familiaux qui se recolleront ainsi mieux entre eux.

 

1)

Fort de l’Eau, le mercredi 21-8-40

Mme. BIBERT

Hôtel de la Plage

Fort de l’Eau (dépt. d’Alger)

Bien Chère Maman

Je t’écris de ma chambre. Je suis seule. Dolph vient de partir au travail. Le soleil tape déjà, mais l’air marin tempère ses ardeurs. De ma fenêtre au premier étage, je vois la mer d’un bleu merveilleux. Je suis heureuse, mon bonheur sera complet quand je vous saurai sorties de Vodable et de retour près de Papa et de ceux qui nous sont si chers.

D’Issoire à Nîmes, le voyage fut très pittoresque ; la ligne suit la rivière et traverse la montagne, se trouve parfois encaissée entre des blocs de rochers ou bien le paysage se débouche soudain, ou bien on passe à travers le roc dans des tunnels ; enfin un bon voyage dans un wagon de 2ème classe déclassé. Comme compagnon de voyage intéressant : un lieutenant de génie, démobilisé, ingénieur T.O.E., connaissant parfaitement l’Afrique ainsi que Nîmes où il se rendait et Marseille. Le temps passa donc vite jusqu’à 11 heures. Là, arrivée en gare de Nîmes, spectacle affreux ; des réfugiés couchés partout sur les quais et je n’avais mon train pour Marseille qu’à 4h 35. J’ai visité Nîmes entre 1 et 2 heures du matin : j’ai vu les Arènes, la Maison Carrée, etc. car le clair de lune était splendide. Ensuite, il fallut attendre le train jusqu’à 5h 35, 1 heure de retard. J’étais un peu affolée à cause de l’heure mentionnée par la compagnie de navigation.

 

 

2)

En effet, il était 8h 15 quand le train arrivait en gare Saint-Charles. Heureusement j’avais fait le voyage avec deux jeunes soldats, des Marseillais. À la compagnie, pas trop d’ennuis, mais seulement quelques places en 1ère classe restaient (Paquebot Gouverneur Général de Gueydon) Je n’hésitais que peu de temps ; vivre à Marseille plusieurs jours (il fallait compter 4 ou 5 ou 6) revenait au même. J’ai donc quitté le port après quelques péripéties avec mes bagages, à 11 heures. J’avais envoyé à Dolph, en même temps qu’à toi un télégramme.

Installé à bord d’une cabine confortable je fis une bonne toilette et j’en avais besoin. J’avais ma malle dans la cabine et heureusement je pus changer de tenue. Deux femmes charmantes partageaient ma cabine ; une jeune femme de sous-lieutenant et une femme de commandant de chasseurs africains. La vie à bord est très agréable. Peut-être monotone pour ceux qui la pratiquent souvent mais pour moi tout était nouveau. Nous avons vu Marseille disparaître, puis ce fut la pleine mer. Le voyage se prolongea à cause des évènements. Nous avons vu Marseille disparaître. Nous avons longé les côtes d’Espagne jusqu’à Carthagène, obliqué sur Oran et longé la côte d’Afrique. C’était bien beau et cela dura deux jours et deux nuits. Le clair de lune rendait les soirées superbes. J’oubliais mon angoisse de ne pas trouver Dolph à l’arrivée. Tout allait si bien qu’il me semblait que cela devait se poursuivre. Nous sommes entrés dans la baie d’Alger à 13h 30 l’ancre était jetée. Mon angoisse devenait de plus en plus grande, mais quand j’ai vu la silhouette de Dolph sur le quai, j’étais sauvée !

 

 

 

 

3)

Oh ! Maman, que notre bonheur fut grand de nous retrouver.

Nous avions chacun tant de choses à nous dire que nous ne savions par où commencer, parlant de tout avec incohérence et ne croyant pas ou plutôt n’osant pas croire à notre bonheur.

Nous avons passé la soirée à Alger, une belle ville, son premier contact ne m’a pas déçue.

Puis nous sommes arrivés ici hier après-midi :

Fort-de-l’Eau, station balnéaire en temps de paix, à moitié chemin entre Ager et Maison-Blanche, petite ville indigène et très propre. Je suis à l’hôtel ; pour l’instant on ne peut rien décider car Dolph ne sait pas du tout ce qu’on pourra faire de lui. Il compte malgré tout rester dans l’armée un moment encore et sa situation d’Alsacien lui donne quelques privilèges.

Il a eu par Xavier (Xavier Bibert, son cousin germain) des nouvelles indirectes d’Alsace. Marckolsheim est en partie détruite. L’église complètement rasée, leur maison en grande partie. Il était temps que j’arrive car le cafard commençait à devenir trop sérieux. Mmes Rousset, Chardonnet et d’autres inconnues étaient arrivées. Mme Borreye, la veille. Enfin à présent, tout est sauvé et quoiqu’il arrive Dolph est résolu à ne plus me lâcher

Dolph avait reçu d’Edmond Chédeville une très gentille lettre. Edmond, au reçu de ma lettre, avait fait des recherches et m’avaient écrit pour me donner des précisions et des horaires de bateau. Moi, je n’ai pas reçu cette lettre, elle m’aurait évité bien des soucis (et peut-être aurions-nous l’occasion d’aller jusqu’à Philippeville). Paul (fils d’Edmond) était à Cazaux et replié sur Argelès.

 

 

4)

Et toi, et vous ? Chère Maman, que devenez-vous ? Tante Georgette a-t-elle eu satisfaction et comptez-vous les jours qui vous retiennent encore à Vodable. Je le voudrais tant. Je serais si heureuse de vous savoir sur le départ. Saurai-je un jour si « vous » êtes arrivées. Quand finira cette interdiction de correspondance avec la zone occupée.

Les événements mondiaux ne semblent pas se simplifier d’après les journaux. Il ne faut pas trop chercher et ne penser qu’au bonheur de la vie en famille. Avec votre maison, vous serez assurés de manger et de n’être pas trop privés et cela est pour nous deux une grosse consolation. Ici la vie est plus large qu’en France, bien que paraît-il, il y a déjà du changement avec il y a quelque temps.

Je vais maintenant aller au-devant de Dolph après avoir été chercher mon vélo qui a dû arriver ce matin d’Alger. Je vais avoir aussi les bains à discrétion ; l’hôtel donne sur la plage et il n’y a qu’un pas.

Je vous envoie toutes mes pensées très tendres et beaucoup de baisers auxquels je joins ceux de Dolph (il avait reçu en retard la lettre de Lulu et a envoyé deux télégrammes à Vodable depuis son arrivée à Alger). Je vous embrasse encore toi Maman, et Lulu, tante Georgette et les enfants s’ils sont encore parmi vous, Lulu et les deux poupées. Amitiés à Mme Martin, à Mme et Melle de Montgrillon. Baisers à tous ceux que vous allez retrouver et que j’aime.

Bien à vous.

 

Julienne

 

 

Lire cette lettre (fichier PDF)

Pour mémoire, on lit dans son petit « Carnet d’exode » :

Vendredi 16 août 1940 (page 22) : Accompagnée de Maman et Lulu je quitte Vodable (à bicyclette avec sa petite valise car sa malle est déjà arrivée en gare de Marseille le 7 août). Train à 16h 00 à Issoire. Voyage agréable. Temps superbe. Paysages splendides. Fais connaissance de M. Boudie (voir lettre) qui me tient compagnie à Nîmes jusqu’à minuit.

Samedi 17 août 1940 (pages 22 & 23) : Attente fatigante en gare de Nîmes. Visite de la ville entre 1h et 3h du matin. Départ 5h 30 : arrivée à Marseille 8h10. Cie Transatlantique. Bagages. Départ de France à 11h. Marseille disparaît dans la brume et dans la fumée.

« … Je vais vers toi Dolph chéri et je suis heureuse. La mer est belle. Je t’aime … ».

Après le dîner je rêve longuement sur le pont.

« … Le clair de lune fait sur la mer une coulée d’or vivant. Nous apercevons au loin les côtes d’Espagne. Je rentre à regret dans la cabine à 11h30. Deux nuits seulement me séparent de toi que j’aime mon mari chéri et cela fait battre mon cœur délicieusement… ».

Une information provenant de nos souvenirs familiaux : Julienne a eu besoin de persuasion pour que les responsables de l’embarquement sur le « G.G. de Gueydon » prenne à bord sa bicyclette, malgré qu’elle fût titulaire d’un billet de première clase…

Dimanche 18 août 1940 (pages 22 & 23) : Levée tôt je m’installe sur le pont où il fait frais et bon et je t’adresse Dolph chéri mes pensées les plus tendres. La terre d’Afrique apparaît. Après déjeuner et la sieste sur le pont, visite des machines du bateau et de la cale. Apéritif avec le Commandant Jourdain et l’Officier Mécanicien.

Lundi 19 août 1940 (pages 24) :

« … Journée d’impatience et de fièvre. Une angoisse m’étreint quand je découvre Alger. Dolph sera-t-il là ? Alger la blanche se précise, belle imposante. Sera-t-il là ? … ».

 

 

Provisoire – Brouillon – En cours de rédaction – Recherches en cours - Inachevé

 

 

 

7.  LES DERNIERS JOURS DE LA FAMILLE À VODABLE ET SON RETOUR À CHARTRES

 

Lorsque Julienne quitte Vodable le 16 août 1940, les réfugiés des familles CHÉDEVILLE et LAGRANGE de Chartres sont encore au nombre de neuf, puisque Georges Chédeville (frère de Julienne) et Renée (née Chédeville leur cousine germaine), épouse d’Arthur Blanchet prisonnier en Allemagne, comme déjà dit plus haut, ont obtenu les papiers nécessaires pour remonter à Rambouillet en zone occupée du fait de leur situation de commerçants. Ils ont quitté le Puy de Dôme le 4 août avec une des deux voitures. Rappel : Restent chez trois logeurs différents de Vodable : 1) Marie-Thérèse (mère) et Lucie (demi-sœur) Lagrange ; 2) Georgette Chédeville (tante, 54 ans, mère de Renée) et les deux enfants de cette dernière, Julien (12 ans) et Josette (7ans) qui prennent tous les trois leurs repas chez Marie-Thérèse ; 3) Lucienne Chédeveville (épouse de Georges), leurs deux jeunes enfants, Bernadette (4 ans ½) et Elisabeth (2 ans ½) Berthe Martin (mère de Lucienne, 66 ans) qui a des rapports exécrables avec Marie-Thérèse ! Ces neuf personnes n’ont plus à leur disposition que la petite Peugeot 2 portes avec son « spider » à l’arrière que peut conduire Lucienne avec un passager adulte et éventuellement deux jeunes enfants sans beaucoup de bagages…

L’entente est loin d’être parfaite entre ces trois groupes et l’organisation du retour en zone occupée ne fait pas l’unanimité. Certaines veulent attendre d’obtenir un « bon de rapatriement » qui rend le transport gratuit, d’autres sont prêtes à remonter à leur frais pour partir plus tôt, d’autres voudraient être dans la voiture pour ne pas se séparer de leurs bagages…

Finalement un compromis a été trouvé au dernier moment :

Le vendredi 7 septembre, par un fort mauvais temps, Berthe Martin avec ses deux petites filles et Lucie Lagrange prennent le train à leurs frais, accompagnées de la Comtesse Fleury et de son fils (du hameau de Bélestat à quelques kilomètres au nord-ouest de Vodable). Elles sont en possession de billets jusqu’à la Ferté Hauterive, un faubourg de Moulins, où là, elles franchissent la ligne de démarcation à l’aide d’un certificat de rapatriement par route. Il n’y a que quelques kilomètres à faire à pied mais des voitures aident les réfugiés pour faire ce petit trajet. Une fois la ligne de démarcation franchie sans encombre, elles prennent à Moulins un train pour Paris où elles arrivent vers 19h 30.

Munies des autorisations nécessaires et de bons d’essence, Lucienne Chédeville et sa belle-mère Marie-Thérèse Lagrange avec ses nombreux bagages remontent le samedi 8 septembre avec la Peugeot 201, le coupé deux portes que Julienne et Joseph avait baptisé « Trottinette » lors de son achat en octobre 1939. Elle a survécu à la guerre et ils l’ont gardée jusqu’en 1953. Ma sœur et moi profitions dans notre enfance du grand-air assis dans le « spider » du coffre arrière quand il faisait beau et qu’il était ouvert, sinon nous étions très serrés sur deux petits sièges en bois, avec chacun un simple coussin posé dessus, que notre père avait installés dans le minuscule espace situé entre les sièges avant et le panneau de la vitre arrière verticale de l’auto ! Ce sont des souvenirs inoubliables !

 

Peugeot 201 coupé avec son « spider » ouvert

 

Georgette Chédeville, avec ses petits-enfants Julien et Josette Blanchet, doit attendre pour sa part jusqu’au 13 septembre des bons de transport pour pouvoir enfin prendre un train de refugiés sans engager une dépense trop importante pour elle.

 

Château de Villeneuve Lembron : Lucienne Chédeville (belle-sœur), René Blanchet- Chédeville (cousine), trois militaires en attente de démobilisation et Lucie Lagrange (1/2 sœur)   Château de Villeneuve Lembron : Lucie Lagrange    Vodable : Marie Desfrançois de Montbriac-Malsagne et sa fille Francine

Photographies prises à Vodable et dans les environs en juillet 1940 peut-être par Marie-Thérèse ou Lucie Lagrange

Château de Villeneuve Lembron : Lucienne Chédeville (belle-sœur), René Blanchet (cousine), trois militaires en attente de démobilisation et Lucie Lagrange

Vodable : Marie Desfrançois de Montgrion-Malsagne et sa fille Francine qui hébergèrent une partie de la famille Chédeville-Lagrange

 

 

 

8.  L’INSTALLATION DE JULIENNE et JOSEPH À FORT-de- l’EAU

 

« …  l’ancre a été jetée à 15 heures (lundi 19 août) et la silhouette tant attendue de mon mari chéri s’est dessinée à mes yeux. Ensuite se fut l’enchantement merveilleux du retour. Alger. Hôtel de l’oasis … »

 

30) Lettre du 22 août 1940 de Marie-Thérèse Lagrange à Joseph & Julienne Bibert à Maison Blanche : Julienne BIBERT a débarqué à Alger le lundi 19 août après-midi. Dans sa première lettre à sa mère écrite de Fort-de-l’Eau le surlendemain mercredi 21 elle parle d’un télégramme qu’elle lui a envoyé de Marseille le samedi 17 août avant de s’embarquer, mais pas d’un télégramme envoyé dès son arrivée sur la terre d’Afrique. Sa mère, dans cette lettre du 22 août ne parle pas de celui du 17 août ? (embarquement) : elle répond à celui reçu d’Alger le mardi 20 août à midi (donc expédié le 19 en fin de journée ou au début de la matinée du 20 après le débarquement de Julienne). Elle ne peut donc pas savoir que Julienne et Joseph s’installeront le 21 à Fort-de-l’Eau à l’Hôtel de la Plage et elle n’a pu adresser cette lettre qu’à la seule adresse qu’elle connaît alors, celle de Joseph à Maison-Blanche (Groupe GC III/6). Cette adresse était donc connue de Julienne puisque de Vodable à partir de début août elle lui a écrit plusieurs fois (lettres non retrouvées). Le courrier Zone Libre – Algérie par voie maritime mettait alors 5 jours au plus, donc Joseph en avait forcément reçu.

Lire cette lettre

 

Ce n’est qu’une semaine après son arrivée à Alger que Julienne à « retrouvé » son « Petit Carnet » le lundi 28 août et qu’elle y a raconté sommairement sa première semaine sur le sol d’Afrique. Ma sœur et moi ne connaissions ni ce carnet, ni les lettres familiales avant son décès, seulement quelques anecdotes dont elle se rappelait sans forcément les replacer dans le contexte historique de l’époque, souvenirs peu ordonnés chronologiquement, parfois confus quant au lieu, souvent noyés dans la masse de ceux des 57 mois qu’elle avait passés en Algérie pendant la guerre. Nous nous sommes efforcés ici de combler avec précisions les vides de nos connaissances, mais sans dénaturer ce qui peut rester intime, voire romantisé, dans des souvenirs personnels pouvant être parfois divergents.

Dans ses écrits Julienne parle toujours de sa « malle » mais dans ses souvenirs 60 ans plus tard, seulement d’une « petite valise ». Peu importe ! Ma sœur, née à Alger en 1941, a pris en note ces deux phrases en 2005 :

·       « … il y avait dans ma petite valise un tailleur blanc que j’avais fait pour l’été … et l’éléphant en ébène que papa avait rapporté de Djibouti ; il sera pour toi plus tard car c’était ton seul jouet à Fort-de-l’eau … »

 

·       « …  j’avais peur que papa ne soit pas là pour m’attendre et le Commandant du bateau m’a dit que s’il n’y avait personne il m’aiderait et d’aller mettre mon tailleur blanc pour l’arrivée … » 

 

·       « … Il était là à l’arrivée, en costume blanc sur le quai…il attendait tous les bateaux depuis un mois…

Ceci dit, il y avait aussi dans ses « bagages » un pantalon blanc léger qu’elle avait cousu elle-même, sans doute à Vodable. En évoquant avec ma sœur les photos ci-dessous faites à « l’hôtel de la Plage » à Fort-de-l’Eau où le jeune couple a vécu du 22 août au 14 septembre 1940, celle-ci s’est rappelé d’un pantalon blanc retrouvé dans une malle du grenier familial en 2015 qu’elle a conservé …  Indiscutablement le même (voir un peu plus bas à droite, photo de 2026) !

Arrivé là, il faut bien dire un mot sur les « bagages » de Julienne et se rappeler de ce qu’elle dit dans sa lette du 18 juillet : « Les camarades dans la nuit du 23 au 24 (juin) quittèrent donc La Teste. Je confiais ma malle à un camion et gardais sur moi l’indispensable et mon vélo… Elle était donc bien partie de Chartres avec une malle et une petite valise, et cette malle a été transportée jusqu’à Savignac par un camion de l’Armée de l’Air, puis jusqu’à Issoire le 31 juillet par la voiture de M. Claret. Ce n’est que lorsque cette page a été terminée que j’ai retrouvé un document qui démontre que cette malle de 44 kg a été expédiée d’Issoire dès leur arrivée le 31 juillet (Bordereau 31 n°29) par la compagnie de chemins de fer « P.L.M. » vers la gare Saint-Charles de Marseille où elle est arrivée le 7 août 1940. Il semble donc que le départ de Julienne pour l’Algérie avait été décidé plus tôt que ce que nous avions compris…

Voir le : « Récépissé pour de destinataire » (malle de 44kg d’Issoire à Marseille)

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Joseph avait donc réservé pour l’arrivée de son épouse ce lundi 19 août une chambre dans le luxueux « Grand Hôtel de l’Oasis » situé face à la baie d’Alger. Ils n’y passèrent qu’une nuit, ce qui fit certainement un trou important dans la modeste solde d’un sergent-chef de l’Amée de l’Air :

 

    

Retrouvailles de Julienne et Joseph Bibert au Grand Hôtel de l’Oasis à Alger le 19 août 1940

Le lendemain mardi 20 août1940 ils visitent rapidement Alger-la-Blanche puis gagne Fort-de-l’Eau (voir plus haut ce qu’en dit Julienne dans sa lettre du 21 août) où ils s’installent provisoirement à l’Hôtel de la Plage jusqu’au 14 septembre.

Le lundi 26 août 1940, elle n’a pas encore reçu de courrier de Vodable où d’ailleurs, donc elle écrit une longue lettre à sa mère. C’est une des dernières  que sa famille recevra d’elle avant que le courrier traditionnel ne soit définitivement interdit. On devra ensuite se contenter des cartes inter-zones pré-écrites :

« …Voici actuellement le programme de notre vie : Le matin, Dolph part à 7 heures d’ici en bicyclette pour Maison-Blanche qu’il quitte ensuite à 11 heures et sa journée de travail est terminée. Je prends mon vélo à 11 heures et je vais au-devant de lui. Nous nous rendons à Maison-Carrée où nous prenons nos repas du midi en compagnie de Mme Borreye très souvent. Vers 1h, 1h1/2, retour à Fort-de-l’Eau par une route bordée de tamaris, de pins maritimes et de champs de mandariniers avec la mer en fond, la mer d’un bleu qu’on ne peut supposer. Ensuite en principe, c’est la sieste ; les magasins sont fermés. Je dis en principe, car on se passe facilement de la faire, la chaleur n’étant pas accablante, surtout à Fort-de-l’Eau où il souffle une bonne brise et c’est le bain dans une eau délicieuse.

Ah ! elle est plus chaude que la Corrèze ! La preuve c’est que je rentre dedans sans même une hésitation. Puis on remonte s’habiller pour aller dîner. Ensuite c’est la promenade digestive sur la digue ou sur la plage, et nous parlons de vous, de Saint-Chéron, de l’Alsace, et il nous semble que la France n’est pas loin du tout. La distance disparaît car c’est le même ciel étoilé que nous contemplons. Voici le programme de fond de nos journées, enrichi chaque jour par quelques variante ou quelque fantaisie … »

 

   

Alger – Fort de l’Eau et l’Hôtel de la Plage - L’aérodrome de Maison Blanche où est stationné le Groupe de chasse GC III/6

 

 

                  

Julienne photographiée par Joseph BIBERT en août 1940 à l’Hôtel de la Plage de Fort-de-l’Eau avec son bel appareil Voigtlander 6x9 à soufflet

Le pantalon que portait Julienne en août 1940 conservé par ma sœur Marie-Thérèse Bibert en 2026 est en parfait état !

 

« … Le bonheur. La Mer. Je vis délicieusement car je suis heureuse, si heureuse. Dolph mon amour chéri, notre amour comme notre bonheur ne faibliront pas. Je t’aime, tu m’aimes, voilà toute notre vie. Je jure de t’aimer toujours. Il est 19h 30 assise près de la fenêtre de la chambre. Je vois la mer. Elle me reflète tes yeux, tes yeux que je vais revoir dans un instant. Je vais vers toi … »

« … nous avons à présent la confirmation que le Groupe 3/6 reste à Maison-Blanche jusqu’à la signature du traité de Paix. Cela peut sans doute demander quelque temps, aussi je vais m’occuper de trouver soit un meublé, soit un logement où je puisse en tout cas faire ma popote car en voyant le prix des légumes et des fruits, voire même de la viande, cela me fait rager d’être à l’hôtel … »

Lire cette lettre

 

Elle ne reçoit que vers le 28 août la grande lettre de 4 pages du 22 août de sa mère qu’elle a pourtant envoyée « par avion » [ voir plus haut lettre n°30) ] . Elle y répond le vendredi 30 août en donnant des précisions sur ses recherches en cours pour trouver une maison à louer.

Lire cette lettre

 

31) Lettre du 30 août 1940 de Marie-Thérèse Lagrange à Joseph & Julienne Bibert à Fort-de-l’Eau : La mère de Julienne a reçu le 28 la première lettre que sa fille lui a écrite le 21 août 1940, le surlendemain de son arrivée en Algérie, lettre reproduite intégralement plus haut dans cette page et qui raconte en détail son voyage en train puis en bateau depuis Issoire via Marseille. On sent que l’impatience des réfugiés de Vodable pour remonter chez eux à Chartres et retrouver leurs proches augmente de jour en jour et que leur moral est en berne… même si on se réjouit de la chance qu’à eu Julienne de retrouver enfin son mari à Alger.

Lire cette lettre

 

32) Lettre du 02 septembre 1940 de Marie-Thérèse Lagrange à Joseph & Julienne Bibert à Fort-de-l’Eau : Elle écrit de nouveau en Algérie après avoir reçu une seconde lettre, celle du 26 août arrivée à Vodable le 31. Elle y détaille les difficultés de bonne entente qui se font jour entre les différents membres de la famille au sujet de l’organisation de leur retour à Chartres en zone occupée. Un des problèmes est d’avoir des papiers individuels en règle pour chacun alors qu’ils sont différents si le trajet est fait en voiture ou par le chemin de fer. Mais le 31 août l’aérodrome allemand de Chartres a été bombardé par la R.A.F. et Lucienne, sa belle-sœur, la conductrice de la voiture ne veut plus prendre le risque de partir : on devra se réorganiser… Plus loin une très belle phrase… Qui bientôt aura encore le plaisir de pouvoir retrouver des lettres familiales ? De nos jours, deux pouces s’agitent 3 secondes et on stocke simplement dans le « cloud » en guise de réponse des bêtises du genre : 😂😍🥳😰👍👎🤐😜😲💀… Pas grave, on est persuadé que ’IA saura réécrire nos histoires personnelles en sondant le fond de nos âmes… et que les « vieux papiers », les souvenirs, la famille… sont des valeurs décadentes !

« Vous mes chers enfants, profitez de votre bonheur présent, pensez à nous, aux vôtres, c’est très naturel, mais que cela n’assombrisse pas trop votre joie. Un bonheur n’est jamais complet, mais vous en auriez moins que nous n’en aurions pas plus, les instants de bonheur que vous avez l’occasion de vivre ne se représenterons peut-être jamais, il ne faut pas en laisser échapper une parcelle, vous ne volez rien à personne, jouissez-en pleinement. »

Lire cette lettre

 

33) Carte du 05 septembre 1940 de Marie-Thérèse Lagrange à Joseph & Julienne Bibert à Fort-de-l’Eau : C’est l’avant-dernier courrier de l’année 1940 qui partira de Vodable vers l’Algérie, quelques jours avant que les réfugiés de Vodable ne regagnent Chartres. En quelques mots les détails de l’organisation de leur retour y sont exposés (Voir Chapitre 7).

Lire cette carte

 

Dans son carnet, Julienne ne parle pas de la première lettre de sa mère du 30 août [ voir ci-dessus lettre n°31) ], mais elle signale avoir reçu le dimanche 8 septembre celle du 2 septembre [ voir ci-dessus lettre n°32) ] et le lundi 9 septembre 1940 sachant qu’il n’y aura plus de courriers avec la zone occupée :

« Une courte carte de Maman qui m’annonce pour ce jour son départ de Vodable. Je suis triste. Resterai-je longtemps sans nouvelles ? »

 

34) Lettres du 08 septembre 1940 de Lucienne Chédeville et de Marie-Thérèse Lagrange à Joseph & Julienne Bibert en à Fort-de-l’Eau : C’est le dernier courrier de l’année 1940 qui partira de Vodable vers l’Algérie. Lucienne Chédeville et sa belle-mère Marie-Thérère Lagrange ont préparé la voiture et s’apprettent à prendre la route le lendemain pour Chartres et Rambouillet…Il ne reste plus à Vodable que Georgette Chédeville qui attend un bon de transport gratuit pour remonter par le train (Lettre qui a permis d’écrire le chapitre 7 plus haut).

Lire cette lettre

 

Puis le dimanche 15 septembre Julienne et Joseph emménagent au 71, avenue Gueirouard à moins de 100 mètres de la plage dans une petite mais confortable maison meublée louée à un facteur.

Lire (texte de FXB) : Gabriel GUEIROUARD (1852/1911) – Créateur de la station balnéaire de Fort-de-l’Eau (Alger)

Ce n’est qu’en février 1945 que Julienne pourra la quitter pour revenir en France ; elle y a vécu d’abord pendant deux ans 1/2 des jours très heureux et calmes avec son mari et leur fille Marie-Thérèse née en août 1941. Mais après le débarquement des Alliés en A.F.N. du 8 novembre 1942, le GC III/6 rééquipé par les Américains est parti en janvier 1943 guerroyer à la frontière marocaine pour protéger les convois alliés : elle s’est alors retrouvée seule à Fort-de-l’Eau pendant 14 mois, Joseph n’étant revenu que pour deux courtes permissions. Intermède apprécié, ils sont de nouveau en famille de février à octobre 1944 car joseph est en stage à Alger pour perfectionner sa pratique de la langue allemande. Nommé adjudant-chef, il est alors choisi pour être l’interprète à la 1ère Escadre de Chasse qui se constitue en Algérie. Cette prestigieuse Escadre Aérienne française (3 Groupes, 6 Escadrilles) s’en va combattre l’Italie et l’Allemagne en remontant la vallée du Rhône. Joseph la rejoint en octobre à Luxeuil. Julienne de nouveau seule avec sa fille, dans des conditions difficiles, se désespère de ne pouvoir rentrer en France. Ce n’est qu’en février 1945 qu’elle pourra prendre un bateau… et je suis né en avril 1945 à Chartres, ville quittée par mon père 67 mois plus tôt. Ma mère pour sa part est restée 57 mois loin de sa famille, mais a quand même eu la chance de passer près de 38 mois avec son époux chaque soir auprès d’elle dans leur petite maison de l’avenue Gueirouard à Fort-de l’Eau, mais se souvenant beaucoup des mois où elle fut seule …

Voir 1940 à mi-1941 : « Album photographique n°6 de Joseph Bibert »

Voir mi-1941 à 1945 : « Album photographique n°7 de Joseph Bibert »

 

François-Xavier BIBERT – Mai à septembre 2026

 

 

 

9.  ANNEXES

 

En cours de rédaction : Derniers ajout ou modifications, le02/10/2026

 

 

 

Uniquement pour ceux qui s’intéressent à l’histoire des petites Unités de l’Armée de L’air

LE 1/122 ET LES AVIATEURS DE CAZAUX EN GIRONDE

APRÈS LES ARMISTICES

Provisoire – Brouillon – En cours de rédaction – Recherches en cours - Inachevé

 

Recherche militaires de Savignac en 1940

À gauche :  la « Dépêche de Brest » du 20 juillet 1940  —  À droite : le « Petit Havre » du 21 août 1940

 

 

 

 

 

 


 

« L’HISTOIRE du GROUPE de CHASSE III/6 »

ORGANISATION des PAGES INTERNET PRINCIPALES

Par François-Xavier BIBERT – 2008/2022 – Droits réservés

PAGES PRINCIPALES

PAGES ANNEXES

PAGES COMPLÉMENTAIRES

Première partie : de Chartres (09/39) à Bouillancy (11/39)

Album Joseph BIBERT n°1

Historique Officiel GC III/6

 

Album Joseph BIBERT n°2

Livre de marche 5ème Escadrille

 

Album Joseph BIBERT n°3

Livre de marche 6ème Escadrille

 

Album Joseph BIBERT n°4

Effectifs du GC III/6

 

 

Terrains du GC III/6

Seconde partie : de Wez-Thuisy (11/39) au Luc (06/09)

Définition des missions du GC III/6 à Wez-Thuisy

Morane Saulnier 406

 

Album Joseph BIBERT n°5

Dewoitine 520

 

Reportage Photographique SCA du 10 mars 1940

 

 

La Campagne de France (10 mai au 18 juin 1940)

BIOGRAPHIES GC III/6  (+)

 

La journée du 15 juin 1950 au Luc en Provence

Emile BOYMOND 14/05/40

Troisième Partie : L’A.F.N. (1940/1944)

Album Joseph BIBERT n°6

Arnould de GERVILLIER 21/06/40

 

L’exode de Julienne BIBERT

Pierre CASTANIER 24/05/40

 

Campagne du Levant (1941)

Charles MAIGRET 25/05/40

 

Album Joseph BIBERT n°7

Emile MARCHAL 26/05/40

 

Marcel STEUNOU 23/06/41

 

 

Jean ASSOLLANT 05/05/1942

AUTRES PAGES 1939/1940

AUTRES BIOGRAPHIES

Léon RICHARD 26/05/1943

Les victoires de la Chasse Française

Henri BIARD - GC II/3

Pierre LE GLOAN 11/09/43

Les différentes patrouilles

Robert DUBOST - GC I/2

Gabriel MERTZISEN 30/09/1951

Insignes Bombardement

Jean JOUQUANT - GR I/22

AUTRES BIOGRAPHIES GC III/6

Insignes Chasse

Alain MOUSSET - GC II/8

André CHAINAT

Insignes Reconnaissance

Robert PELISSIER - GC III/1

Charles GOUJON

Le Bar de l’Escadrille

Lucien POTIER - GC I/3

Michal CWYNAR

JOSEPH BIBERT – AVANT et APRÈS le III/6

 

 

 

 

SITE PERSONNEL DE FRANCOIS-XAVIER BIBERT

Première mise en ligne : 2008

 

NOUVEAUTÉS 2026

Septembre :  Robert DUBOST – Breguet 690 ou « Deux-Ponts » ?

Août:  EV1 Jean Michel LENGLET, un marin au GC III/6 (1944/1945)   HTML

Août : Juin 1940 à Chartres – L’Arrivée des Allemands (texte de Roger Judenne)

Juin 1026 :  Liste exhaustive des « Unités Combattantes » AIR – Conflit 1939/1945

Juin 2026 :  Le Colonel PINSARD et les officiers supérieurs de la 21ème Brigade de Chartres en exercice à Bourges (1938)

Juin 2026 :  Commandant André DUBOIS de GENNES - 2ème Escadre à Chartres (1938/1939)

Mai 2026 :  GC I/2 – 37 portraits dessinés par la commandant Marcel COADOU (39/40)

Mai 2026 :  La fin tragique en 1935 de l’avion géant de Staline : Tupolev Ant-20 «  Maxime Gorki » (page 71)

Mai 2026 :  Sergent-chef Jacques LAMBLIN – GC II/7 -« AS » 1939/1940

Avril 2026 :  Le meeting d’aviation de Chartres du 9 juillet 1933

Mars 2026 :  ASSOLLANT et l’avion de tourisme Bernard 207T « F-AMOS » (incomplet, en cours de rédaction)

Mars 2026 :  ASSOLLANT et l’hydravion amphibie Pioneer Budd BB-1 en acier inoxydable

Mars 2026 :  Robert VICTOR (11/1943) : Alger en novembre et décembre 1942 (court complément au « Journal d’une Française » de Renée GOSSET)

Mars 2026 :  Georges GOUMIN, mécanicien devenu pilote, Compagnon de la Libération, au 22ème RA de Chartres en 1930/1931

Mars 2026 :  Le Nieuport-Delage NiD.62(9) – Chasseur sesquiplans de l’Armée de l’Air entre 1930 et 1937

Février 2026 : ASSOLLANT, LEFÈVRE et LOTTI à Bordeaux et Cazaux (4/07/1929) : où il est aussi question d’un « Pingouin » !

Février 2026 : Les « Pingouins de l’Armée de l’Air française »

Janvier 2026 : Lumières à la Mine de MAIRY par Claude VOYAT

Janvier 2026 :  Les trois Caudron Simoun de Jean ASSOLLANT à Madagascar (1936/1939)

Janvier 2026 :  En 2020, Guy RAOULT (1931/2022) nous a parlé de son oncle, le lieutenant Pierre Le GlOAN (1913/1943)

Janvier 2026 :  Louis Meurillon : Bernard 18T « Oiseau Tango » et 191 « ‘Oiseau Canari » (texte de 1969 : Le Fana n°4 à 7)

Janvier 2026 :  Jean ASSOLLANT quitte la France pour Madagascar le 12 juin 1934

 

NOUVEAUTÉS 2025

Décembre 2025 : Accident mortel de Maryse HILSZ - Siebel Martinet 204 – 30 janvier 1946

Novembre 2025 : L’ « Histoire de France » enseignée au CM1 » dans les années 50 !

Octobre 2025 :  Le Mirage 2000 B01 et le « Gypaète égyptien tenant dans ses serres un anneau magique" »

Octobre 2025 :  Jean MARIDOR par Germaine l’HERBIER MONTAGNON (1945)

Octobre 2025 :  Jean MARIDOR de Marcel JULLIAN (1957) – Texte intégral + compléments iconographiques

Octobre 2025 :  Tentative 1933 de record de distance d’ASSOLLANT et LEFÈVRE sur le Bernard 80/81GR « Oiseau Canari II »

Septembre 2025 :  L’arrivée des premiers Potez 25 TOE à Djibouti sur le « Commandant Teste »-Avril 1933

Septembre 2025 :  Les 317 Résistants d’Alger du 8 novembre 1942 qui ont facilité le débarquement des Alliés

Août 2025 :  Expédients provisoires – Le coup d’Alger – Renée GOSSET (1945) En complément de son « Journal de fin 1942 » (voir Avril 2025)

Août 2025 :  Pilotes du GC III/6 en visite à l’A.I.A. de Bordeaux et dans 4 châteaux et caves de Sauternes 1er cru ! (1946)

Juillet 1925 :  Les As nous parlent – Face au tunnel (Blaisy-bas) en 1925 par René LEFÈVRE

Juillet 2025 :  Les As nous parlent – Un capotage dans la brume en 1928 par Jean ASSOLLANT

Juillet 2025 :  Réseau aérien France / Archipel malgache de 1925 à 1945 par Jean DEMANGEOT

Juillet 2025 :  Réseau aérien à Madagascar en 1939 et Jean ASSOLLANT - Épanouissement de la ligne impériale par Jean ROMEYER

Juillet 2025 :  La « Coupe Schneider » de 1931 et Jean ASSOLLANT Mise à jour ; nouvelles photos

Juin 2025 :  TITAYNA – Trois histoires de sorcellerie (1934)

Juin 2025 :  TITAYNA – Comment j’ai volé une tête de bouddha d’Angkor (1928)

Juin 2025 :  Raoul Jean JONASZIK – Pilote de la 4ème Escadrille du GC II/7

Juin 2025 :  Transcription du « Journal de Marche » de la 4ème Escadre de Chasse – D’AFN en Allemagne (1944/1945)

Mai 2025 :  André de la MOTTE de BROONS de VAUVERT – Pilote au GC III/6 « Roussillon »

Avril 2025 :  DARLAN, GIRAUD et les « Conjurés d’Alger » – Débarquement des Alliés en AFN – « Journal » de Renée GOSSET DOCUMENT EXCEPTIONNEL

Mars 2025 :  Écrits d’Antoine de SAINT-EXUPÉRY dans la presse française entre 1926 et 1939 (sélection) DOCUMENTS EXCEPTIONNELS

Mars 2025 :  En hommage à Marie « Élisabeth » Xavier BIBERT, ma marraine (1910/2003)

Mars 2025 :  13 mai 1958 – Général de Gaulle – Qui en 2025 ??? - École des Pupilles de l’Air de Grenoble – Lettre de ma mère

Mars 2025 :  Fiche récapitulative de la carrière de l’Adjudant-chef mécanicien Joseph BIBERT (1913/2001)

Mars 2025 :  Missions du C.I.C. (Centre d’Instruction à la Chasse) de Chartres – Mai 1940 Compléments

Févier 2025 :  La « Plaquette Souvenir du Groupe GC III/6 » (guerre 1939/1945) éditée à 500 exemplaires en 1945 – Document très rare

Février 2025 :  La Mort du Capitaine RICHARD du GC III/6 le 26 mai 1943 – Souvenirs du colonel MICHAUX

Février 2025 :  L’Opération « Torch » à Alger le 8 novembre 1942 au GC III/6 – Souvenirs du colonel MICHAUX

Février 2025 :  L’arrivée du sergent Toussaint LOÏ au Groupe de Chasse GC II/3 en juillet 1939

Janvier 2025 :  Le cinquantenaire de l’Escadron de Chasse 1/11 « Roussillon » à Toul-Rosières (1939/1989) Mise à jour

Janvier 2025 :  L’Essor de l’Aviation à Madagascar : Hommages au Gouverneur Général Léon CAYLA

Janvier 2025 :  Le Farman F.60 codé « 26 » et le chien « Djinn » de Numa CASTELAIN – VB101 – 22ème RABN (vers 1925 à Chartres)

Janvier 2025 :  Bombardement de la gare de Challerange (08) avec des bombes en béton en 1931

 

NOUVEAUTÉS 2024

Décembre 2024 :  Préface de « Chasseurs mes Frères » (Marc LISSY) par le Général Raymond CLAUSSE

Décembre 2024 :  Un Marin dans l’Armée de l’Air – EV1 Jean Michel LENGLET au GC III/6 (1944/1945)

Décembre 2024 :  Carnets de vol de Jean Michel LENGLET (1943/1945)

Décembre 2024 :  « Poupées en Miettes » de Marie Hélène du Parc Locmaria

Novembre 2024 : Christian MOENCH et Jean CATINOT – Vers Madagascar (octobre 1934)

Novembre 2024 :  Texte du général Abadie : « L’Aviation Militaire à Madagascar » (en 1934, à l’arrivée de Jean ASSOLLANT)

Novembre 2024 :  L’arrivée de Mme Pauline ASSOLLANT (PARKER) au Havre le 26 juin 1929

Octobre 2024 :  Berthe FINAT (I.P.S.A) dans « Jusqu‘au Sacrifice » de Germaine l’Herbier Montagnon

Septembre 2024 : Le scandale de la cérémonie d’ouverture des JO : Honte à eux !

Août 2024 :  GC III/6 – Liste complète des personnels par fonction lors de la capitulation de l’Allemagne (8 mai 1945)

Août 2024 :  GC III/6 – Liste complète des personnels par grade lors de la capitulation de l’Allemagne (8 mai 1945)

Juillet 2024 :  Capitaine Yves RUPIED – Chef d’Escadrille en 1944/45 au GC III/6 (3/6) « Roussillon » Compléments

Juillet 2024 :  « Humanisme et Aviation », vers une sagesse de l’Homme-Volant -Pierre Mesnard

Juillet 2024 :  « Chasseurs mes Frères » de Marc LISSY – Citations et observations par FXB

Juin 2024 :  Pilotes Français sur l’Alsace – CORSE (I/3), PROVENCE (I/7) et NICE (II/7) (Extraits de l’ouvrage de Daniel DECOT)

Avril 2024 :  L’exode de Julienne BIBERT (mai/août 1940) : 68 jours avec sa bicyclette !! En cours

Avril 2024 :  Le « Devoir de Mémoire » de Matthieu Girard – « Chasseurs mes Frères »

Mars2024 :  GC III/6 - Les 18 victoires de Pierre Le GLOAN annotées par FXB (Extraits de l’ouvrage de Daniel PORRET et Franck THEVENET) -

Mars 2024 :  Traversées de l’Atlantique Nord – 1928 à 1930

Mars 2024 :  Traversées de l’Atlantique Nord- 1927 – LINDBERGH

Mars 2024 :  Mémoires de guerre au GC III/6 de Chartes GOUJON Pilote du « Trident » : Complément

Mars 2024 :  Armand LOTTI – Quelques informations biographiques supplémentaires

Mars 2024 :  Le Dyle & Bacalan DB.70 de 1930 – Avion de transport français : monstrueux, mais précurseur ?

Mars 2024 :  Le raid du Groupe de Chasse GC III/6 sur CASSAIGNE et LAPASSET (Algérie) en février 1944

Févier 2024 :  Jean CAVAROZ – Pilote au GC III/6

Février 2024 :  Monographie du Dewoitine D.520 – « Aviation Magazine » - Août 1959

Février 2024 :  Commandant Marcel COADOU aux « cigognes » à Chartres en 1938 – Pilote de chasse en 1916/1918 et 1939/1940

Janvier 2024 :  Lieutenant Jean Nicolas SALAÜN - 18 mai 1942 -GC III/6

Janvier 2024 :  Le Centre d’Apprentissage des Mines de Fer d’Algrange (1955/1959) par Reinhold BIEGER, ancien mineur – Texte de 2011

Janvier 2024 :  L’École d’Aviation Militaire d’Istres (1935/1939) – Noms de baptême des promotions

Janvier 2024 :  Jacques CASANEUVE – C.I.C. CHARTRES (1939) : mise en pylône du D.501 n°245

Janvier 2024 :  « Baliseurs de ciels » de René de Narbonne (1944) - Chapitre « René LEFÈVRE et Jean ASSOLLANT » (45 pages)

Janvier 2024 :  Maurice (1935+) et Denise FINAT – Raid vers Madagascar 1935 et 1936 Compléments : 5 nouvelles pages

Janvier 2024 :  Principaux appareils Dewoitine construits entre 1920 et 1944

Janvier 2024 :  Skins de D.520 du GC III/6 pour amateurs de simulateurs de combats aériens

Janvier 2024 :  La traversée de l’Atlantique de l’ « Oiseau Canari » en 1929 et la philatélie

Janvier 2024 :  24 août 1930 : La fête des vignerons du quartier Saint-Chéron à Chartres : Presse locale et photographies

Janvier 2024 :  Suzanne ASSOLLANT [VIGAUD] - Engagée dans la France Combattante en 1943

 

NOUVEAUTÉS 2023

Décembre 2023 :  Sergent Raymond BUYSSENS (1906/1936), moniteur à Istres

Décembre 2023 : ASSOLLANT LEFÈVRE LOTTI – Leur premier récit en exclusivité – Le Matin des 18 au 23juin 1929

Décembre 2023 : ASSOLLANT LEFÈVRE LOTTI – Premières heures à Paris – L’intransigeant du 18 juin 1929

Décembre 2023 : Yolande-Arlette et capitaine Pierre CLAUDE (GC II/4) – Tous deux « Morts pour la France »

Décembre 2023 :  Hommage au lieutenant Paul MARCHE du GC III/1 – Bravo aux enfants de CM1 (classe de Mme. Poulin 2022/2023- École d’Anisy-le-Grand) !

Décembre 2023 :  Le monument « Les Ailes » à Mimizan » - L’ Oiseau Canari !

Décembre 2023 :  Le Groupe de chasse GC II/5 dans « La Vigie Marocaine », en octobre 1940

Décembre 2023 : Citations de Charles GOUJON - Combats aériens et tâches administratives en pleine tourmente !

Septembre 2023 :  « KITOKO » le caniche malgache de Jean ASSOLLANT Complément à l’histoire du GC III/6

Août 2023 :  « PARLONS AVIATION » de Marcel JEANJEAN – Compilation de 25 pages parues de mars à juin 1930 dans la revue « Pierrot »

Juillet 2023 :  « AVIATION de FRANCE » - Ouvrage illustré de René de NARBONNE (1944)

Juin 2023 :  Par Jacques ÉMERY : École des Pupilles de l’Air et de l’Espace - « Pipin un jour, Pipin toujours !»

Juin 2023 :  Par Bernard PALMIÉRI : École des Pupilles de l’Air (Grenoble) et Maison des Ailes (Echouboulains) regroupés à Montbonnot-Saint-Martin (38)

Juin 2023 :  Le Dewoitine D.520 par Christian Jacques EHRENGARDT (+) - L’Aérojournal – 2004

Mai 2023 :  L’uranium de Cominak : nouvelles méthodes d’exploitation en 1993 par TINCELIN (+), de MICHEL et BIBERT

Mai 2023 :  L’uranium de Cominak : gestion de la sécurité en 1992 par Aboubakar KALLAM (+)

Avril 2023 :  Capitaine Jacques LABRETONNIÈRE – GC I/2 SPA3 Escadrille des Cigognes » (1939/1940)

Mars 2023 :  L’Escadrille des Anciens – Brevetés en 14/18 -Toujours pilotes en 1960 !

Mars 2023 :  70 « Silhouettes d’Avions Alliés et Ennemis de 14/18 » + Tableaux des marques – Document militaire confidentiel de 1918

Mars 2023 :  Capitaine Paul ENGLER – Commandant du Groupe de Chasse GC III/3 (Oran 1942)

Mars 2023 : Adjudant Maurice ROMEY – As du Groupe de chasse GC III/2 (1930/1940)

Mars 2023 :  Par « Fred » GEILLE : « Naissance, vie et mort du Groupe de chasse GC III/2  DOCUMENT EXCEPTIONNEL 

Mars 2023 :  Colonel Frédéric GEILLE : Parachutisme – GC III/2 – GC III/6 – Petite biographie

Février 2023 :  Gabriel GUEIROUARD (1852/1911) – Créateur de la station balnéaire de Fort-de-l’Eau (Alger)

Janvier 2023 :  1937 - Le Colonel Pinsard commandant à Chartres la 21ème Brigade Aérienne

 

NOUVEAUTÉS 2022

Décembre 2022 :  La verrière d’un Morane 406 du GC III/6 retrouvée à Saint-Seine-sur Vingeanne - Voir ensuite : GC III/6 seconde partie

Novembre 2022 :  Livre de bord passager du Farman Goliath F.46 HP piloté par Jules Landry le 9 octobre 1920

Novembre 2022 :  Mine de plomb, zinc, argent de Largentière – Rapport de stage de 1967

Octobre 2022 :  Mémoires du sergent R de N, élève pilote à l’École d’Aviation militaire d’Istres en 1936

Octobre 2022 :  Comment rater un avion ennemi : par Jean MENNEGLIER (GC III/6 – Mai 1940)

Octobre 2022 :  Luftwaffe et Libération de Chartres (dédoublement de la page « L’Aviation militaire à Chartres » + ajouts)

Octobre 2022 :  1979 - La commémoration du 50ème anniversaire de la traversée de l’« Oiseau Canari »

Septembre 2022 :  La restauration du Dewoitine D.520 n°408 (1976/1980) – Pilote Christian BOVE

Août 2022 :  GC I/8 – Le Bloch 152 du c/c SPACEK abattu par des paysans français !

Août 2022 :  Carte « L’EMPIRE FRANÇAIS DANS LE MONDE » 1930/1935

Avril 2022 :  La mise en valeur des substances minérales du domaine marin – 100 pages – 32 planches (format image)

Étude réalisée en 1969 par FXB, élève en 4ème année à l’École des Mines de Douai - Original archivé et consultable dans la bibliothèque de l’École des Mines de Paris

Avril 2022 :  La Croisière noire du Général VUILLEMIN (11&12/1933)

Mars 2022 :  Les débuts de l’Aviation Française au Sahara (1912/1935)

Mars 2022 :  Cartes interzones de Georges CHÉDEVILLE de l’année 1942

Mars 2022 :  Groupe de Chasse GC.3 « Normandie Niémen » - Journal de la campagne 1943/1945

Mars 2022 : GC III/6 – Septième et dernier album de Joseph BIBERT

Janvier 2022 :  Jean SCHNEIDER (1896/1944) - Groupe de Chasse GC I/3 – Hommage du colonel THIBAUDET

Janvier 2022 :  46 minutes/5 victoires – La légende Pierre LE GLOAN dans une publication de Vichy en 1941

Janvier 2022 :  Les obsèques du sous-lieutenant Pierre LEHUR en 1934 à Brest – 22ème RA Chartres

Janvier 2022 :  La Luftwaffe à Chartres -1940/1944

 

NOUVEAUTÉS 2021

Décembre 2021 :  Images aériennes et de « l’Aviation Militaire » à Madagascar (1932/1936)  (Remise en ordre de cette page datant de 2010 + 30 nouvelles images)

Décembre 2021 :  Les Trimoteurs S.P.C.A. 218/2 d’ASSOLLANT et LEFÈVRE utilisés à Madagascar (1933/1935)

Décembre 2021 :  Un an d’effort à Madagascar par Jean ASSOLLANT (Juin 1935)

Décembre 2021 :  TITAYNA, Belle, Journaliste et Pilote d’avions… (Elisabeth Sauvy)  (PDF transformé en HTML)

Novembre 2021 :  Colère et Repentir : poème en hommage aux victimes de l’incendie du Puits-Douet - Adrien BERTHOLON

Novembre 2021 :  Le grand feu du Puits-Drouet à Chartres (1898) – Compilation des articles du « Journal de Chartres »

Novembre 2021 :  DÉDOUBLEMENT DE LA PAGE « L’AVIATION À CHARTRES ENTRE LES DEUX GUERRES »

Première partie :  Généralités et Chronologie des événements (1922/1944) - Seconde partie : La longue liste des accidents

Octobre 2021 :  GC III/6 - Sixième Album de Joseph BIBERT

Octobre 2021 : Le Colonel Félicien ROUSSEL, lieutenant à Djibouti de 1937 à 1940

Octobre 2021 : Recherches sur le Lieutenant Jacques GAYMARD

Juin 2021 :   Quoi qu’il en coûte ! 

Juin 2021 :  Caractéristiques des 4 appareils utilisés successivement de 1939 à 1946 par le Groupe de Chasse GC III/6 (3/6)

Juin 2021 :  L’Armée de l’Air française en 1939/1940 par Emile SÉVERAC : étude de 1943

Juin 2021 :  Chartres : Hangars d’aviation (extraits de « Architecture de l’Aéronautique » de Marie-Jeanne DUMONT

Juin 2021 :  Chartres : La campagne de tir à Perpignan–La Salanque du GC I/6 -Loire 46 et Nieuport 629

Juin 2021 :  Chartres : La présentation de la 2ème Escadre de Chasse – 5 janvier 1937

Juin 2021 :  Chartres : La triste destinée du Lioré et Olivier LeO 20 n°212 codé « CXIII » -11 juin 1934

Juin 2021 :  Chartres : La Fête de l’Aviation du 1er juillet 1923

Juin 2021 :  Chartres : La Prise d’armes du 16 novembre 1933

Juin 2021 :  Sergent Gérard COLCOMB – Pilote au GC III/6 (3/6) « Roussillon »

Juin 2021 :  La transformation du Dewoitine 520 n°243 D.520 DC (Double commande)

Juin 2021 :  Capitaine Yves RUPIED – Chef d’Escadrille en 1944/45 au GC III/6 (3/6) « Roussillon »

Juin 2021 :  Les dernières décisions du Général VUILLEMIN avant les armistices de juin 1940

Juin 2021 :  Les Mémoires de Raymond GABARD – Pilote au GC III/6 (3/6)

 

NOUVEAUTÉS 2020

Décembre 2020 :  L’arrivée du Farman 291 de Maryse HILSZ à Madagascar le 30 mars 1932

Novembre 2020 :  Inauguration de l’Escale « Commandant Lemaître » - Aéroport « Blaise Diagne » de Dakar

Septembre 2020 :  Déplacement du GC III/6 de Wez-Thuisy à Chissey-sur-Loue – Fin avril 1940

Septembre 2020 :  GC III/6 – Livre de Marche de la 6ème escadrille – Troisième partie - A.F.N – Septembre 1941 à juillet 1943

Septembre 2020 :  Le « Jeudi noir (Schwarzer Donnerstag) » de l’aviation de reconnaissance allemande (23/11/1939)

Juin 2020 :  Terrain d’aviation de Chartres – Pourquoi mettre en vente des photographies surchargées ?

Juin 2020 :  22ème RA de Chartres – Accident Farman Goliath à Chartres – 23 juin 1930

Juin 2020 :  22ème RA de Chartres – Accident Farman Goliath à Saint-Michel de la Forêt - 20 avril 1927

Mai 2020 :  La Libération de Thann (68) – Texte de M. J. BAUMANN

Mai 2020 :  L’expédition de l’a/c Joseph BIBERT à Thann (68) du 14 décembre 1944

Mai 2020 :  Le code de correspondance de Joseph BIBERT avec son épouse en 1944

Mai 2020 :  Lieutenant Marcelin LABAS – Des FAFL au GC III/6 via Vichy...

Mai 2020 :  Rapport officiel de l’accident mortel du lieutenant Pierre LE GLOAN (11/09/1943)

Mai 2020 :  Notes de l’a/c’Albert BALMER sur le pilotage du Bell P-39 « Airacobra »

Avril 2020 : Capitaine Hugues BOULARD de POUQUEVILLE - Passage éphémère au GC III/6

Avril 2020 :  Les paquebots Dorise et Sainte-Marguerite – L’échelon roulant du GC III/6 vers l’AFN

Avril 2020 :  L’Histoire du Groupe de Chasse GC III/6 – Troisième et dernière partie – AFN (1940/1944)

Avril 2020 :  Rapatriement du corps de Pierre LE GLOAN à Plougernével – 7 octobre 1950

Avril 2020 :  L’Opération « Torch » - Débarquement des Alliés en AFN – 8 novembre 1942

Mars 2020 :  Missions de couverture aux coups et aux vues – Attaques au sol – Chasse française 1939/1940l

Mars 2020 :  GC III/6 – Livre de Marche de la 6ème escadrille – Seconde partie – Campagne du Levant – Mai à août 1941

Mars 2020 :  GC III/6 – La Campagne de France au jour le jour (10 mai au 18 juin 1940)

Mars 2020 :  GC III/6 – GC III/6 - Reportage photographique à Wez-Thuisy (10 mars 1940)

Mars 2020 :  GC III/6 - Cinquième Album de Joseph BIBERT

Mars 2020 :  L’Histoire du Groupe de Chasse GC III/6 – Seconde partie (1940 en France)

Février 2020 :  L’Histoire du Groupe de Chasse GC III/6 – Première partie (1939) NOUVELLE VERSION

Janvier 2020 :  Budan de Russé - Dewoitine 520 n°540

Janvier 2020 :  Colonel Maurice de VASSELOT de RÉGNÉ – 22ème demi-brigade de Chartres (1934/1935)

 

NOUVEAUTÉS 2019

Décembre 2019 :  Colonel Welborn Griffith – 16 août 1944 – Il a sauvé la cathédrale de Chartes

Décembre 2019 :  Maquette de l’Autogire Avro C30 « F-AOIO » de l’Aéro Club de Normandie (A.C.N. 1938)

Décembre 2019 :  Marcel STEUNOU – Pilote au GC III/6 – Parrain de la promotion 1940 de l’École de l’Air

Décembre 2019 :  Sergent Adolphe PICRY – 22ème RABN - Chartres

Décembre 2019 :  Jean SAUVAGE – Pilote au GC III/6 et au « Normandie Niémen »

Octobre 2019 :  Mes adieux à Jacques CHIRAC – 8 mai 2007 – Champs-Élysées

Octobre 2019 : Capitaine Léon Jacques RICHARD – Groupe de chasse GC III/6 Nombreux compléments

Avril 2019 :  Groupe DORET – Poches de l’Atlantique - 1944

Février 2019 :  Joseph BIBERT – Sergent mécanicien à « l’Aviation Militaire » de Djibouti – 1936/1939

Février 2019 (annexes à la page ci-dessus) :  Portraits d’Aviateurs - Voyages à Djibouti en 1928 et 1939 – André Japy - 3 lettres de Djibouti - Décoration du Nichan El-Anouar – Carnet de vol

Février 2019 :  Potez 34 : de Marnier et Favreau – Le Brix et Rossi - 1929

Janvier 2019 :  Organigramme de la 22ème demi-brigade aérienne de CHARTRES (BA 122) en 1934

Janvier 2019 :  Bombardements de Chartres 1943/1944 2 compléments en 2O25– 23 août 1944 : de Gaulle à Chartres – Simone Ségouin alias « Nicole »

Janvier 2019 :  Navigation et Météo (Texte numérique) – Germaine L’Herbier (1938) – Version images brutes

Janvier 2019 :  Les Coupes « Military Zénith » - 1923/1936

Janvier 2019 :  Adj ROUSSEL, chef mécanicien au GC II/6 – Campagne de France

Janvier 2019 :  Paul KACHLER, soldat mécanicien au GC III/6 – 1938/1940 (compléments)

 

NOUVEAUTÉS 2018

Décembre 2018 :  Reconnaître les Farman F.60 Bn2, F.60 Bn4 et F.60 Bn3 – Informations de Dominique Rouchon

Octobre 2018 :  Notice du canon Hispano Suiza Type 404

Septembre 2018 :  Les Hangars « BÉNÉZIT » du terrain d’aviation militaire de Chartres

Juin 2012 :  « SOUS LES COCARDES » (extrait) : 22 des plus fameuses images de Marcel JEANJEAN

23 mars 2018 :  Hommage au Colonel Arnaud BELTRAME

Mars 2018 :  CACHEMBACK à Chartres – Origine du nom de ce lieu maintenant désuet

Mars 2018 :  Une maquette ancienne du Bernard 191 GR « Oiseau canari » d’ASSOLLANT, LEFÈVRE et LOTTI

Mars 2018 :  Ecrits de Jean ASSOLLANT et de René LEFÈVRE : début de l’aviation à Madagascar

Modifié 2026 :  Février 2018 :  L’Aviation Française en Syrie – Colonel Gérard -1927

Janvier 2018 :  Bernard CHÉDEVILLE de Chartres – Tué à Verdun en 1916

Janvier 2018 :  Lettres de guerre de la famille Maxime CHÉDEVILLE à Chartres -1914/1915

Janvier 2018 :  Armée de l’Air – Liste des accidents 1934-1940 en Eure et Loir

Janvier 2018 :  Les grandes manœuvres aériennes de 1928

 

NOUVEAUTÉS 2017

Décembre 2017 :  L’École de pilotage CAUDRON de Royan-Médis par M. André BERLAND (juillet 1999)

Septembre2017 :  BA 122 CHARTRES : « Sous le régime des pots de vin » - Suite aux accidents des bombardiers de nuit français de 1929 et 1930

Septembre2017 :  « L’Aviation civile aux colonies – Madagascar 1939 » publié dans « La Revue Aéronautique de France » - Juin à août 1939

Septembre 2017 :  « Le passager clandestin » - Revue « Hispano-Suiza » n°5 de 1963

Septembre 2017 :  La traversée de l’Atlantique et le voyage en Europe de l’« Oiseau Canari » - Revues « Hispano-Suiza » de 1929

Septembre 2017 :  Jean ASSOLLANT vu par le commandant Pierre PAQUIER – Texte de 1944

Septembre 2017 :  Sous-lieutenant René POMIER LAYRARGUES – GC II/7

Avril :  En remontant la rue Saint-Chéron à Chartres : tous cousins !

Avril 2017 :  Capitaine Jean JOUQUANT – 22ème RABN de Chartres et GR 1/22 d’Orléans-Bricy

« La boîte à souvenirs du Capitaine Jean JOUQUANT – Version PDF compressé du document ci-dessus pour impression

4 annexes pour compléter la page du Capitaine Jean JOUQUANT

Carnets de vols 1 à 4 de Jean JOUQUANT (1926/1939)

Carnet de vol 5 de Jean JOUQUANT (guerre 1939/1940)

Obsèques de Maryse BASTIÉ – 11 juillet 1952

Nord 2501 « Noratlas » - Aide-mémoire du pilote pour Paris-Le Bourget

Mars 2017 :  Alfred KRIEGER – De la BA 122 de Chartres au 2ème bureau, une carrière peu ordinaire

Mars 2017 :  L’abbé-aviateur Grégoire PEUGNIEZ (1900/1981), curé de Villers-Pouich

Février 2017 (compléments) :  André GILQUART – Pilote au 37ème GAO (1922-1924) (Casablanca et Bou Denib) – BA 122 Chartres – BA 105 Lyon-Bron

Janvier 2017 :  BA 122 CHARTRES : Accidents du 26 août 1930 – La main d’œuvre ouvrière n’a aucune responsabilité

Janvier 2017 :  GC III/6 Première partie – GC III/6 Seconde partie - GC III/6 Troisième partie (page initiale dissociée en trois parties)

Janvier 2017 :  Généraux Martial VALIN et Vincent SAUBESTRE : du 22ème RA de CHARTRES à l’Inspection Générale des Armées

 

NOUVEAUTÉS 2016

Décembre 2016 :  Racines chrétiennes de la France, Révolution et simplification administrative

Décembre 2016 :  Existait-il un pacte secret entre SCHREIBER et ASSOLLANT ???

Décembre 2016 :  Jean Assollant (nouvelles photographies) + « La fille américaine et l’as de l’aviation » par Pauline Assollant-Parker

Décembre 2016 : Liste des « nés en 1913 » à Marckolsheim : (voir page Marckolsheim 1900)

Décembre 2016 : : La tribu des Guerre-Genton : 6 aviateurs sur 13 frères et sœurs : (voir page BA.122 CHARTRES)

Décembre 2016 : Mises à jour Ascendance Joseph BIBERT et Julienne CHEDEVILLE

Novembre 2016) :  Lundi 21 novembre au matin, « OUT POUR LA France »... Il faut bien sourire !

Mars 2016 :  : s/c Robert DUBOST – Mécanicien radio – GC I/2

Février 2016 :  Les 70 ans de l’Ecole des Pupilles de l’Air de Grenoble – Hommage au Général Guy Lanthoinnette

Février 2016 :  Capitaine Camille Alexis ROCHEREAU – Pilote de « MARAUDER » - C.I B-26 Djédeïda (rédaction en cours)

Janvier 2016 :  Archives familiales : 1954 – Camping dans les Pyrénées, Côte d’Azur et Alpes

Janvier 2016 :  Archives familiales : 1963 – Caravaning en Allemagne et Suisse

Janvier 2016 :  Archives familiales 1964 – Caravaning dans le Finistère

 

NOUVEAUTÉS 2015

Décembre 2015 :  Lieutenant Pierre HOUZÉ – Pilote de Chasse – GC II/5 (rectifications et compléments)

Décembre 2015 :  Commandant Alain MOUSSET – École de l’Air (1937) – Groupe de Chasse GC II/8 (1940)

Décembre 2015 :  « Islamisme et Christianisme » : texte de Joseph WILBOIS (1935)

Novembre 2015 :  Après le Bataclan – 13 novembre 2015 – Lettre ouverte à Monsieur le Maire de Chartres

Juin 2015 :  « Il y a 30 ans, la première traversée aérienne de l’Atlantique Nord » par René LEFÈVRE (juin 1959)

Juin 2015 :  « L’exploit de l’Oiseau Canari - Il y a 50 ans, la première française de l’Atlantique Nord » par Jean MACAIGNE (juin 1979)

Mars 2015 :  Adolphe Célestin PÉGOUD – Compléments et spectacle de Christophe PARDON

Mars 2015 :  Julienne BIBERT-CHÉDEVILLE (1914/2015)

Mars 2015 :  Le Lioré et Olivier 203 – Quadrimoteur de bombardement (1930/1932)

Mars 2015 :  L’Accident de l’Amiot 143 n°1 à Chartres – 16 septembre 1935

Février 2015 :  Les grandes manœuvres aériennes de l’été 1934

Février 2015 :  Sergent-chef Robert PÉLISSIER – Pilote au GC III/1

Févier 2015 : Base aérienne 122 de Chartres – Passage de CODOS et ROSSI sur le « Joseph le Brix » le 3 juillet 1940

Février 2015 :  Lieutenant Marcel BEAU – Pilote de chasse - EAA 301 - Châteaudun

Janvier 2015 : « Je suis Charlie, mais je ne suis pas dupe... »

 

NOUVEAUTÉS : 2014

Décembre 2014 : L’Ecole Nationale des Mines de Douai en 1969

Décembre 2014 : Hommage à François LENGLET – Professeur à l’Ecole des Mines de Douai (page réalisée par François-Marie LENGLET)

Septembre 2014 : Les beaux dessins de Lucie

Septembre 2014 : Roger DEMOULIN (1917 – 1944) - Pilote au GC I/6, GC III/9, GC II/6, GC I/4 et GC III/6 (page réalisée par Philippe MENNEGLIER)

Septembre 2014 : René LEFÈVRE raconte un vol dramatique dans une tempête au-dessus du canal de Mozambique, en mars 1935

 Septembre 2014 : Biographie de Jean ASSOLLANT – Compléments (Textes et iconographie)

Juillet 2014 : Biographie d’André CHAINAT – Compléments iconographiques – Baptême de la promotion « André CHAINAT » de l’EFSOAA de Rochefort

Juillet 2014 : Plaquette et articles de presse - Baptême de la promotion « André CHAINAT » de l’EFSOAA de Rochefort

Mai 2014 : Edouard LECOEUR – « Le plus beau métier du monde » par Françoise Bouchinet-Brugère, sa nièce

Mars 2014 : « Des avions sur le toit de la Ville » - Accidents à Chartres - Extrait de « l’Echo Républicain » - Par M. Yves Fortunet

Févier 2014 : 23 septembre 1939 à Chartres - Morane 230 de la Marine contre Morane 406 de l’Armée de l’Air !

Févier 2014 : « CAP SANS RETOUR » de G. L. M.(1978) – Le ralliement des F.A.F.L.

Févier 2014 : Germaine l’Herbier Montagnon (G.L.M.) – I.P.S.A.

Janvier 2014 : Base aérienne 122 de Chartres – Lire le message « Piratage des sites Internet »

Janvier 2014 : Hommage à Pierre LE GLOAN par Yves DONJON

Janvier 2014 : Pierre Le Gloan – Ajouts : Le centième anniversaire de sa naissance

Janvier 2014 : Bibliothèque aviation (mise à jour)

 

NOUVEAUTÉS : 2013

Décembre 2013 :  La collection de sous-bocks de Jean ASSOLLANT et René LEFÈVRE

Novembre 2013 :  DROUHIN et LANDRY sur Farman Goliath – Record du monde de distance en 1925

Novembre 2013 :  ARRACHART et LEMAÎTRE – Miroir des Sports du 11 février 1925

Novembre 2013 :  Les vols au-dessus de la cathédrale de Chartres

Novembre 2013 :  Liste des pilotes du C.I.C de Chartres – Septembre 1939 à Juin 1940

Octobre 2013 :  Honteux – Ma grosse colère du 19 octobre 2013

Juin 2013 : s/c Louis DUMOULIN – Pilote de Chasse – GC I/3

Mai 2013 :  Pierre WEISS (1889/19870) Aviateur et Ecrivain

Mai 2013 : LES RAIDS TRANSATLANTIQUES de 1910 à 1930 par Marcel JEANJEAN

Mai 2013 : COSTES ET BELLONTE – Paris New-York 1930 par Marcel JEANJEAN

Mars 2013 : Hélène Schacherer – Doyenne de Marckolsheim

Février 2013 :  Chartres Aviation 1908/1914 – Les Pionniers – ABéCédaire (en cours)

Janvier 2013 : La « Cigogne de Guynemer » - GC 1/2 – Capitaine WILLIAME – Chartres 1939

Janvier 2013 : Les premières années de l’aérodrome de Chartres – Ephéméride – 1909/1911

Janvier 2013 :  L’album photographique du sous-lieutenant Lucien POTIER – Pilote au GC II/6

Janvier 2013 :  L’Aviation à Chartres en 1912 – Souvenirs d’Edouard VERDIER en 1975

Janvier 2013 :  Le deuxième Régiment d’Aviation de chasse (2ème RAC) quitte l’alsace (1933) pour Tours puis Chartres (1936)

 

NOUVEAUTÉS 2012

Décembre 2012  L’Ecole des Pupilles de l’Air de Grenoble (EPA) – 1862-1962 – Témoignage du lt/colonel Denis TURINA

Décembre 2012  L’Ecole d’Aviation « Farman » de Chartres en 1915 – Souvenirs de Marcel ENGLER en 1974

Décembre 2012  Historique de l’aviation en Eure et Loir - Rédigé par M. Claude SAUVAGE en 1974

Décembre 2012  Liste du personnel des unités aériennes basées à Chartres « Mort pour la France » ou en « Service Aérien Commandé »

Décembre 2012 : L’album photographique et le « carnet de guerre » du sergent Henri BIARD – Pilote au GC II/3

Novembre 2012 :  René LEFÈVRE raconte...

Novembre 2012 :  L’album photographique familial d’Emile BOYMOND- Pilote au GC III/6

Novembre 2012° :  Compléments sur la page du sgt/c Emile BOYMOND du GC II/6 suite à la découverte de son album photo

Novembre 2012 : Le Dewoitine D.520 n° 531 par Gilles Collaveri

Octobre 2012 :  Le Dewoitine D.520 n°2 par Gilles Collaveri – Annexes :  Historique – Rapports d’accident – Biographie Georges TULLE

Octobre 2012 :  Compléments sur la page du capitaine Gabriel MERTZISEN

Octobre 2012 :  Biographie d’Albert AUGER – Escadrille « des Cigognes » en 1914/1818 – Cousin de Jean ASSOLLANT

Octobre 2012 :  Jean ASSOLLANT – Compléments généalogiques – Sa scolarité au Mans + Exemples de piratage de ce site Internet !!!

Février 2012 :  Hommage à l’Ecole des Pupilles de l’Air de Grenoble par Gérald LEFEBVRE

Février 2012 :  Capitaine ARRACHART – « PARIS – DAKAR – TOMBOUCTOU – ALGER – CASABLANCA – PARIS – Quelques impressions de route... »

Janvier 2012 :  L’album familial du colonel Henri LIAUTARD – Pilote au GC I/8 en 1939/1940 COMPLÉMENTS en mars 2015

Janvier 2012 :  Jean MERMOZ : du Bernard 80 au Couzinet « Arc en ciel »

Janvier 2012 :  Pierre de BRÉMOND D’ARS, pilote au GC II/6 raconte : 15 mai 1940

Janvier 2012 :  Marcel CHANCRIN : la victoire d’un mitrailleur à bord d’un Potez 63-11 : 10 janvier 1940