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Les hommes du GC III/6 - Historique officiel du GC III/6 - Livre du marche de la 5° - Livre de marche de la 6°

 

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André Chainat  -  As français 1914/1918

de la SPA 3 – Escadrille des cigognes

Adjoint au commandant

du Groupe de Chasse GC III/6 en 1939/1940

 

André CHAINAT

Nom : André Julien Chainat

Pays : France

Grade : Sergent/Adjudant (1914/1918)

                 Capitaine (1939/1940)

                 Commandant (1946)

Service : Armée de l'air française

Unités : B4 - MF23 -  MS38 - N3

Victoires : 11 homologuées + 5 probables(14/18)

Heures de vol : 4438 (14/18)

Citations : 10 (14/18)

 

Date de naissance : 27 Juin 1892

Lieu de naissance : La Chapelle Saint Laurian                                           (Indre)

 

Date de décès : 6 novembre1961

Lieu du décès : Cannes (Alpes maritimes)

Sépulture : Sancoins (Cher)

 

Nieuport 12

 

André CHAINAT : Mécanicien de formation, il est appelé à Châteauroux en octobre de 1913. Après avoir servi dans le 6ème régiment d’artillerie à pied, il est muté dans l’Armée de l’Air en mars 1914. Formé à l’école d’Avord, il reçoit son brevet de pilote le 8 juin 1915 (n° 2815) et est promu caporal le même mois. En 1916 le sergent André CHAINAT est abattu et blessé deux fois en combat aérien les 19 juin et 7 septembre 1916.

 

Médaille militaire le 5 avril 1916

"Pilote de grand talent et de grande bravoure. Le 26 mars 1916, il a attaqué et abattu un avion qui est tombé en flammes en face de nos lignes."

 

Chevalier de la Légion d'Honneur le 3 août 1916

"Pilote de chasse de première classe. A abattu six avions ennemis entre le 26 mars et le 12 juillet1916. Il a été blessé le 16 juin 1916. Déjà cité quatre fois, titulaire de la Médaille Militaire."

 

Le 8 février 1917, en association avec Georges Guynemer, il abat le premier bombardier « Gotha » près de Bouconville.

 

Campagne du Maroc en 1925 : 4 citations  - Gravement blessé

37ème Régiment d’Aviation

Ecole pratique d’Aviation d’Avord

 

Capitaine en 1939

Adjoint au commandant du Groupe de Chasse GC III/6 à Chartres.

Participe pendant la campagne de France à de nombreuses missions de guerre sur Morane Saulnier MS 406. Replié en AFN avec un Dewoitine 520.

 

Morane Saulnier MS 406

 

Dewoitine D.520

 

Commandeur de la Légion d’Honneur le 6/07/1940

Démobilisé à Alger le 17/08/1940

Rappelé en 1945

Retraité avec le grade de Commandant en 1946

 

 

Voir deux fiches militaires concernant André Chainat conservées au S.H.D.

 

 

Bombardier allemand GOTHA

 

Profil d’un bombardier allemand « Gotha » en 1917

André Chainat et Georges Guynemer se partagent la première victoire alliée sur un appareil de ce type le 8 février 1917 à Bouconville

 

«... J'étais parti le 8 février en croisière avec mon camarade Chainat. Bien entendu, les boches qui se croyaient encore en sécurité, n'hésitèrent pas à tenter une incursion sur Nancy. Mais nous ouvrions l'œil. Soudain nous apercevons un immense appareil, muni de deux moteurs Mercédes de 220 chevaux, monté par trois personnes et répandant le feu et la mitraille de tous côtés. C'est un Gotha, avion encore peu connu et fort redoutable. Nous n'hésitons ni l'un ni l'autre, nous l'attaquons, en nous précipitant chacun en sens inverse. Avec Chainat, je suis tranquille, c'est un équipier de tout repos, hardi, adroit et plein de sang-froid. Ces engins ont des angles morts de riposte assez intéressants ; nous avons vite fait de les découvrir. D'ailleurs, il faudrait mettre de la mauvaise volonté pour ne pas s'apercevoir des endroits d'où les balles lancées à profusion ne risquent point de nous atteindre. Nous envoyons des bandes complètes, nous parvenons à éteindre le tir ennemi, et nous obligeons l'aérobus dont nous avons crevé le radiateur à se poser dans nos lignes à Bouconville, où les trois passagers sont faits prisonniers. L'appareil était atteint de 180 balles... »

Georges Guynemer

 

Gotha G III G 377/16 du Kagohl 2

 

Le Gotha G.III G.377/16 du Kagohl 2 abattu par Chainat et Guynemer

exposé sur la Place Stanislas à Nancy en mars 1917.

 

 

Dans la revue « Avions » n°194 de juin 2013, Christophe CONY a donné des précisions inédites sur la victoire obtenue par CHAINAT et/ou GUYNEMER le 8 février 1916 sur ce gros bimoteur triplace. On comprend ainsi pourquoi André CHAINAT, qui aurait pu devenir l’égal des tous meilleurs, n’a pas eu l’opportunité d’augmenter ensuite son tableau de chasse...

 

 

 

 

1914/1918

 

 

L’escadrille SPA 3 les « Cigognes », rendue célèbre en particulier par Georges Guynemer et son avion « Le vieux Charles » est celle où André CHAINAT s’illustra aussi. Les récits historiques de son activité pendant la guerre 1914‑1918 sont innombrables en librairie et sur Internet et peuvent être consultés par ailleurs.

 

André CHAINAT - 1914/1918

 

André CHAINAT - 1914/1918  ANdré CHAINAT - 1914/1918

André Chainat aux commandes d’un NIEUPORT 12 devant les usines Nieuport-Astra en 1916

 

André CHAINAT - Photo dédicacée

 

Sur le terrain de Cachy en juillet 1916 – Le NIEUPORT 16 « Oiseau bleu 3 » du sergent André Chainat

 

André CHAINAT - 1914/1918

 

Le SPAD VII S 117 « L’oiseau bleu 6 » de l’adjudant André CHAINAT

 

 

La cigogne de la SPA 3 dessinée à partir du Fanion de l'Escadrille

 

Le fanion de la SPA 3 détenu à Chartres en 1936 par le GC I/2

A gauche, photographie extraite du livre : « l’Escadrille des cigognes » du Capitaine Williame (1945)

Au centre t à droite, représentation  FXB

 

 

"L'oiseau bleu 3 " d'André CHAINAT - Nieuport 16  "L'Oiseau bleu 3" d'André CHAINAT - Nieuport 16

 

Deux représentations d’un NIEUPORT d’André Chainat

Sur tous les avions d’André Chainat, la cigogne de la SPA 3 et l'inscription « Oiseau bleu »

étaient normalement de couleur bleu clair comme sur le dessin ci-dessus à droite

 

 

André CHAINAT - Huitième victoire

 

Après deux nouvelles victoires du sergent Chainat (le 2 août 1916), télégramme officiel en provenance de Ministère de l’Intérieur

envoyé aux préfectures, sous-préfectures et mairies des communes françaises possédant un bureau télégraphique

 

 

 André CHAINAT - Légion d'honneur

 

Journal l’EXCELSIOR : numéro 2096 paru le 11/08/1916

Remise de la Légion d'Honneur au soldat Jouy - au sergent aviateur Chainat et au caporal Goutandie

Le Président Poincaré et le Général Joffre.

 

André CHAINAT - Photo dédicacée

André CHAINAT - TARASCON - HORMENT - DORME - BROCARD - BORZECKI - HEURTEAUX - Cavhy 1917

André Chainat

Le sergent André Chainat entouré de l’adjudant Tarason, du capitaine Horment, du sergent Dorme (à gauche sur la photo),du capitaine Brocard, de l’adjudant Borzecki et du lieutenant Heurtaux (à droite sur la photo)

 

SPA 3 - Les Cigognes
BESNIER
LAMBERT
GUYNEMER
CHARLES
X
BROU
VEDRINES
FRIVOTTI
X Georges GUYNEMER deans le "Vieux Charles"

 

A gauche : Pilotes de l'Escadrille 3A à Breuil leSec en 1915 :

sgt Benier, cap Lambert, sgt Guynemer, adj Housmont, Hutin (observateur), x (observateur), sgt Brou, adj Védrines, Housmont (frère), sgt Girvante

A Droite : Georges Guynemer devant son avion « Le vieux Charles » et sa citation légendaire

Les héros légendaires de toute la France - Documents pieusement conservés, extraits de l’album de Jean Bétrancourt, jeune élève pilote à Istres en 1927

 

 

Au cours d’une « ronde de chasse » en 1917, l’adjudant Chainat aperçoit six avions « boches ». Il écrira cette page pleine d’humanité qui permet de comprendre que l’action militaire n’est pas une chose simple et que la peur peut réduire non seulement l’initiative, mais aussi les capacités physiques et intellectuelles ; les hommes sont soumis à deux grandes forces contradictoires : une forte inhibition qui réduit leur capacité de réflexion et un intense besoin d’agir…

 

« Je découvre deux camarades qui portaient l’insigne du groupe. Je leur signale « Venez avec moi ». Ils suivent de mauvais gré. Je me mets au milieu d’eux, je les pousse, je retrouve mes boches, je bâtis un plan, je signale : « J’attaque ». J’ai la chance d’avoir le premier boche que je mets en flammes. Retournement, je cherche mes équipiers ; Plus personne […] il y a les vrais et les faux, ceux qui y vont et ceux qui n’y vont pas, ceux qui font semblant d’y aller […] ceux qui disparaissent et qu’on ne retrouve qu’à la fin : leur moteur s’est mis à bafouiller, leur mitrailleuse s’est enrayée, ils ont été attaqués par un ennemi supérieur en nombre et ils ne savent pas comment ils ont pu en réchapper […]. S’ils sortent seuls, ils ne rencontrent jamais personnes… »

d’après « Sous le feu » du Lieutenant Colonel GOYA

 

André CHAINAT - 1914/1918Escadrille des Cigognes

 

4 "As" de l'Escadrille des Cigognes - DORME, DEULLIN, CHAINAT, DE LA TOUR

Photographies de l’adjudant Chainat et de trois autres « As » de la fameuse escadrille SPA 3 « Les Cigognes »

Adjudant Dorme, lieutenant Deullin et lieutenant De La Tour

 

 

L'Escadrille des Cigognes - Peinture de Joseph Félix BOUCHOR

 

Carte postale ancienne représentant sept membres de l’escadrille des « Cigognes » : de gauche à droite et de bas en haut, le sergent Chainat, le sous-lieutenant de la Tour, le lieutenant Deullin, l’adjudant Dorme, le lieutenant Heurtaux, le capitaine Brocard commandant l’escadrille et le sous-lieutenant Guynemer

 

cliquez sur l’image pour l’agrandir

Peinture de Joseph Félix Bouchor.

 

 

André CHAINAT - Nieuport 16C - L'Oiseau Bleu 3

 

André Chainat aux commandes de son NIEUPORT 16c - Moteur Gnome et Rhône 110HP - « L’Oiseau Bleu 3 » codé 6

affrontant un Fokker Eindecker E.III

Boîte de construction d’un modèle réduit au 1/32° de la marque A-MODEL

 

 

L'aviateur Georges GUYNEMER   L'aviateur Jean NAVARRE   L'aviateur Charles NUNGESSER   L'aviateur René DORME

 

Quelques autres aviateurs légendaires de la guerre de 1914-1918 : Guynemer  - Navarre – Nungesser – Dorme

Guynemer et Dorme ont volé dans la même escadrille qu’André Chainat, la célèbre SPA 3

Couvertures du Journal de la guerre 1914-1918 «  Le Pays de France » - Collection personnelle Joseph Bibert

 

 

André CHAINAT - 1914/1918   André CHAINAT - 1914/1918

 

André CHAINAT - 1914/1918

 

André CHAINAT sur un NIEUPORT XVII - 1916

 

André CHAINAT et Louis BUCQUET - 1914/1918

 

André CHAINAT et Louis BUCQUET devant un SPAD VII à Breuil le Sec - 1916

 

 

Le briquet d'André CHAINAT - SPA 3 - 1914/1918

 

L’étui du briquet d’André CHAINAT avec la cigogne de la SPA 3

 

 

ARTICLES DE PRESSE

 

André CHAINAT

 

 

 

André CHAINAT

 

André CHAINAT

André CHAINAT

 

Erreur : lire « sergent » CHAINAT

 

 

André CHAINAT

 

 

 

André CHAINAT

André CHAINAT

 

André CHAINAT

 

André CHAINAT

 

 

 

Le Matin - 26 juin 1916

LES ROIS DE L'AIR  - DEUX NOUVEAUX "AS" -  CHAPUT ET CHAINAT

Un récent communiqué nous a apporté, à côté des noms de Navarre, Nungesser et Guynemer, la révélation de nouveaux héros, le sous-lieutenant Chaput et le sergent Chainat. Officiellement le premier a six victoires à son actif, le second quatre ; mais ces chiffres sont au-dessous de la réalité. Le premier succès du sous-lieutenant Chaput mérite une mention spéciale. Apercevant un L.V.G. dans les nues, il se précipite et l'attaque à 30 mètres : mais à peine a-t-il décalé sa bande de mitrailleuse que l'arme s'enraye tout à coup. Peu importe. D'un élan, il fonce sur l'ennemi, le coupe en deux au milieu du fuselage et le précipite dans l'abîme. Chaput a son hélice pulvérisée, son moteur brisé ; mais il parvient à regagner nos lignes en vol plané.

Le 28 avril,  nouvelle victoire près des Eparges, et le 16 mai, au même endroit, il touche mortellement un aviatik. Le 17 juin, il force un avion à descendre près de Fresnes et le 19 il en abat un autre près de Varvinay. Le 21 enfin il s'élance sur un groupe d'appareils ; l'un tombe en feu, l'autre s'écrase sur le sol.

Au début de l'offensive allemande, le sergent Chainat n'était pas plus connu que le sous-lieutenant Chaput. Il se révéla- à Verdun le 26 mars en abattant un boche près de Douaumont. Le 7 mai, il attaque un L.V.G. qui, blessé à mort, glisse sur l'aile. Chainat s'apprête à le suivre lorsqu'il se voit entouré par quatre avions ennemis auxquels il parvient à échapper et il rentre sain et sauf. Le 21 mai, il livre combat à 3.600 mètres ; son adversaire pique pour se redresser à 1.700 mètres. Chainat, qui l'a suivi dans sa descente, revient à la charge et le voit s'effondrer près de Liancourt-Fosse. Le 22 juin, avec Guynemer, il mitraille un autre avion et l'abat. Chainat et Chaput sont les seuls champions cités par le communiqué.

 

 

Le Journal – 15 août 1916

De retour de son petit pays de l’Indre, où on l’a fêté- comme il le méritait, le sergent aviateur André Chainat, qui sera demain, parait-il, le sous-lieutenant Chainat, était, hier, de passage à Paris.

Chez Nieuport, dont il monte un des fameux « bébés », terreur des oiseaux boches, nous avons pu joindre ce redoutable « chasseur de Boches », qui compte, à l'heure actuelle, huit avions ennemis, plus un drachen, descendus à son tableau.

Chainat est la modestie même- Tout ce qu'il a fait est, dit-il, extrêmement simple et il appréhende, par-dessus tout, qu on puisse l'exagérer. N'exagérons donc pas et racontons, simplement, c’est, au fond, la meilleure des éloquences.

Donc, Chainat a vingt-quatre ans et la mobilisation l’a surpris, comme tous ceux de sa classe, la classe 12, désagréablement, au moment même où il croyait « avoir tiré ses deux ans ». Il était alors conducteur d'auto légère au groupe d'aviation de Reims et c'est en cette qualité qu'il fera toute la première partie de la campagne, jusqu'en mai 1915, époque à laquelle il, lâche le volant pour entrer, comme élève pilote, au camp d'Avord. Stage foudroyant. |En vingt-sept jours – record ! – il obtient son brevet militaire. Un court passage au Bourget et, en septembre, le voila parti sur le front. Employé d'abord aux reconnaissances, il essuie de durs combats inégaux, récolte pas mal d'éclats d'obus ou de balles dans ses appareils, décroche une première citation, et, en février 1916, finit par réaliser son rêve : obtenir le pilotage d'un monoplace et, de chassé, devenir chasseur.

Des lors, il a trouvé sa carrière. Son premier Boche date de mars, un L. V. G., dont il fusille, à bout portant, l'observateur d'abord, puis le pilote. Et les pièces se succèdent au tableau, jusqu'au merveilleux « doublé » qu'il devait réussir l'autre jour, en abattant successivement, à quinze minutes d'intervalle ‑ exactement le premier à 10h. 20 et le second à 10h. 35 ‑ deux avions ennemis, victimes choisies par lui dans un groupe de six.

On l'a récompensé : la médaille militaire, d'abord, après son premier Boche ; la croix de guerre, ornée de sept palmes et de deux étoiles, la Légion d'honneur, que lui a remise M. Poincaré lui-même, lors de sa dernière visite sut la Somme.

Chainat fait partie de la fameuse équipe des « cigognes » qui compte maintenant trente-neuf appareils descendus à son actif. En plus de l'emblème commun à l'équipe, le symbolique oiseau d'Alsace, l'avion de Chainat, l’Oiseau bleu, comme on l’appelle, porte au flanc de son fuselage un chat noir. C'est le fétiche de Chainat. Il lui a, jusqu'à présent, porté bonheur, et n'a pas permis aux balles ennemies de l'approcher plus près que la racine des cheveux : une balle lui a, en effet, légèrement déchiré le cuir chevelu, et c’est là la seule blessure de guerre, dont il se vengeait d'ailleurs le lendemain, en abattant un nouvel ennemi.

Chainat repart aujourd'hui même pour le front : les noirs oiseaux boches n'ont qu'à bien se tenir. L’Oiseau bleu va reprendre sou vol.

 

 

Le Matin - 21 août 1916

LA CHASSE AUX BOCHES EN AÉROPLANE - LES EXPLOITS DU QUADRILLE

Un nouveau nom vient de nous être révélé : celui du sous-lieutenant Heurteaux, vainqueur d'une compétition à laquelle participaient une quinzaine de pilotes à égalité dans cette course au communiqué.

Ce qui rend particulièrement saisissant le record de cet officier est la rapidité avec laquelle ses Boches ont été abattus. Moins de six semaines lui ont suffi pour obtenir la consécration officielle. C'est, en effet, le 9 juillet qu'il descendait son premier adversaire.

La semaine suivante, le 16, il faisait subir le même sort à un appareil qui s'écrasait près de Barleux. Il attendait alors jusqu'au 2 août pour triompher à nouveau, et, cette fois, en collaboration avec le sergent Chainat. Le lendemain, le quatrième tombait sous les coups des sous lieutenants Heurteaux et Guynemer, encore près de Barleux. Le 17, enfin, le chiffre fatidique de cinq était atteint.

Le sous-lieutenant Heurteaux n'est pas seulement un chasseur remarquable avec ses camarades Guynemer, Deullin et Pinsard, il a lancé un nouveau sport l'attaque aérienne des troupes terrestres. Les quatre officiers, au moment d'une attaque, prennent leur vol, passent les lignes, descendent à quelques mètres de terre et déroulent leurs bandes de mitrailleuses sur les troupes, les convois, les trains, les rassemblements, les bivouacs, les dépôts de munitions. Le quadrille fantastique sème la terreur et la mort. Puis c'est la rentrée, avec quelques balles encore à la disposition des avions boches qui s'aventurent dans les parages.

En même temps que le communiqué révélait le nom du sous-lieutenant Heurteaux, il nous annonçait les treizième et quatorzième victoires du sous-lieutenant Guynemer, qui devient ainsi le recordman officiel français.

Le palmarès des toréadors de l’air s'établit donc ainsi à l'heure actuelle :

Sous-lieutenant Guynemer : 15 appareils, dont 1 drachen :

Sous-lieutenant Navarre : 12 avions ;

Sous-lieutenant Nungesser : 12 appareils, dont 2 drachens ;

Sous-lieutenant Chaput : 9 appareils, dont 1 drachen ;

Sergent Chainat : 9 appareils, dont 1 drachen ;

Adjudant Maurice Lenoir : 6 appareils dont 1 drachen ;

Sergent de Rochefort : 5 avions ;

Sous-lieutenant Heurteaux : 5 avions ;

Adjudant Dorme 5 avions (dont un non reconnu officiellement).

Parmi ces appareils, nombreux sont ceux tombés dans les lignes allemandes mais sur le sort desquels il ne peut y avoir aucune hésitation. Et si nos pilotes ne peuvent en descendre davantage sur notre territoire la cause en est aux Boches qui, prudemment, évitent avec soin de passer nos tranchées.

 

 

 

 

André CHAINAT - Etat des serrvices 1914/1918

 

André CHAINAT - Etat des services 1914/1918

 

 

André CHAINAT - Légion d'Honneur

 

 

André CHAINAT - Avaord - 1936

 

Lieutenant André CHAINAT – Instructeur à Avord – 1936

 

 

 

Le célèbre écrivain Jules ROY, alors élève pilote, parle d’André CHAINAT

qui fut son instructeur à AVORD

1935/1936

dans « Les années de déchirement »

 

30 novembre : Capitaine Chainat, chef du pilotage du 230. Belle figure large aux yeux bleu-vert. L'un des meilleurs pilotes de France. Les jambes grêles, déformées par un accident d'avion. Il nous annonce sans ambages qu'il va nous prendre en main. « Le règne de la libellule est passé. Vous allez maintenant voler sur un avion lourd, après quoi vous pourrez passer sur n'importe quel avion de guerre. Vos erreurs, je les admets. Nous sommes là pour ça. À vous de veiller à ce qu'elles ne se transforment pas en fautes. La faute, en aviation, c'est la petite boîte. »

 

2 décembre : Désorienté par cette machine puissante, rapide et lourde. Je ne fais que des sottises. Et puis, l'ambiance n'y est plus. Les moniteurs, un peu suffisants, nous traitent sans ménagements, souvent avec brutalité, bien que nous soyons officiers. Mauvaise méthode en ce qui me concerne.

 

3 décembre : Mise au point avec mon moniteur, l'adjudant F. Je lui fais comprendre aussi cordialement que possible qu'il est inutile de me brutaliser en l'air, ce qui m'enlève toute faculté d'assouplissement.

A cette escadrille, personne n'a le sourire. Tout le monde paraît terrorisé par Chainat. Adieu, joies du vol en libellule ! Ici, esprit tendu sans arrêt du départ à l'atterrissage où l'on reçoit son paquet d'observations. « Vous devez sans cesse observer ce qui se passe autour de vous, au-dessous de vous, dans votre carlingue », déclare Chainat.

Lui, en effet, quand il s'installe dans son avion, il a ce regard dominateur et fouineur auquel rien n'échappe.

 

3 décembre : Mise au point avec mon moniteur, l'adjudant F. Je lui fais comprendre aussi cordialement que possible qu'il est inutile de me brutaliser en l'air, ce qui m'enlève toute faculté d'assouplissement.

À cette escadrille, personne n'a le sourire. Tout le monde paraît terrorisé par Chainat. Adieu, joies du vol en libellule ! Ici, esprit tendu sans arrêt du départ à l'atterrissage où l'on reçoit son paquet d'observations. « Vous devez sans cesse observer ce qui se passe autour de vous, au-dessous de vous, dans votre carlingue », déclare Chainat.

Lui, en effet, quand il s'installe dans son avion, il a ce regard dominateur et fouineur auquel rien n'échappe.

 

7 décembre  Absolument dégoûté hier par mon moniteur, l'adjudant F., particulièrement nerveux, brutal et grossier. Sale gueule de ce type-là. Et l'homme doit souffrir du foie. Hier, mon ancien moniteur de 315 me disait : « Vous ne pouviez pas tomber plus mal. » L'important est que cela aille mieux. Me voilà presque habitué. Pas plus d'impression qu'autrefois avec la libellule. Tout le reste viendra. Du fond de ces engueulades de l'adjudant, une grande confiance, un grand amour en moi.

 

9 décembre : L'adjudant a dû faire quelque effort de son côté ; comme moi du mien. Je retrouve, en descendant d'avion, mon allégresse d'autrefois. Exigences de Chainat. Il veut la perfection ; il l'aura. « Quand je vous donnerai votre brevet de pilote, vous pourrez dire que vous êtes des pilotes. En attendant, je saurai vous forcer à travailler. »

De fait, je m'aperçois que tout est à reprendre chez moi.

 

11 décembre : Chainat. Sa voix dure, un peu méprisante, un peu traînante, ferait croire à un docteur sans indulgence. Mais on lève la tête, on découvre le bon sourire de ses yeux bleus. Extrême mobilité de son regard de chasseur ou d'oiseau.

Il ne peut comprendre qu'on ne répète pas à l'infini ce qu'on a bien fait une fois. « Vous avez fait deux ou trois atterrissages à peu près corrects, me dit-il hier. Puis vous en avez fait d'autres qui ne l'étaient plus. Alors les premiers étaient des accidents ?» Ses yeux rient. Ses gestes de pétrisseur d'hommes, poings fermés ou mains ouvertes et refermées, quand il martèle les principes. Quand il s'en va, son grand pas de laboureur.

Engueulade, ce matin, par lui, pour une faute dont mon moniteur lui-même ne s'est pas aperçu. Joie secrète à être soumis à sa colère.

Tout à fait en sympathie maintenant avec l'adjudant. Le travail s'en ressent. Il était bon que nos débuts fussent difficiles. J'aime l'attachement et l'admiration qu'il a pour Chainat.

 

17 décembre : Un camarade accroche un arbre au départ Nous voyons l'avion rapidement disparaître à contrepente de la route de Nevers. Visage pâle de Chainat qui se hâte vers la camionnette. Pendant ce temps, le travail continue. Nous ne sommes pas inquiets, car nous avons vu l'avion descendre lentement : notre camarade aura, au plus, une jambe brisée. Retour de Chainat, souriant, ne s'expliquant pas que l'avion ait pu continuer de voler dans l'état où il était. Le camarade n'a absolument rien. Beuveries le soir.

 

23 janvier : Relu Vol de nuit. Chaque fois j'y découvre des beautés nouvelles. « Aimez ceux que vous commandez. Mais sans le leur dire. » C'est Rivière qui parle. Et c'est à Chainat que je pense, à son visage baigné de larmes quand l'un de nos camarades se tue.

 

15 février : Chainat ce matin : « Vous êtes beaucoup trop brutal. Un manche, ça se manie comme une jeune mariée. » Ce soir, amphi préparatoire aux épreuves du brevet : « C'est un peu contre ma conscience que je vais vous faire attaquer ces épreuves. Vous manquez de souplesse. Il est triste de se dire que vous ne valez pas grand-chose. »

Si l'on avait quelque idée préconçue de sa valeur personnelle, on serait vite fixé.

 

23 février : Chainat : « Messeigneurs, je vais maintenant vous distribuer l'insigne de votre brevet de pilote. Regardez-le attentivement. Vous en connaissez les symboles : les ailes qui vous portent, l'étoile qui vous guide. Mon vœu est que la couronne de lauriers ne se transforme pas pour vous en une couronne d'immortelles... Mes derniers mots seront : la discipline est la sauvegarde des aviateurs. Et rappelez-vous toujours que dans un virage l'aileron ne doit jamais être porteur. Si quelqu'un prétend un jour le contraire devant vous, protestez avec énergie : l'aileron ne doit jamais être porteur. Ne gardez pas trop mauvais souvenir de cette escadrille où vous avez été si souvent engueulés. » Et, pour la première fois, il nous serra la main.

Je suis pilote. Je ne crois pas avoir perdu la grâce ineffable de cette journée. Je me suis levé tôt, guettant les rubans de brume qui s'étiraient sur la campagne encore pleine de nuit. Je me suis rasé, me suis fait beau, sur ma tenue d'aviateur j'ai passé mes vêtements de vol, les collerettes immaculées réservées pour ce jour-là. Tel je devais être le matin de ma première communion, avec cette hâte d'être prêt. Est-ce une première communion ou une rencontre amoureuse ? Mais alors une rencontre mystique, l'attente de noces secrètes, et la même naïveté d'un amant tremblant.

24 février : Changement d'escadrille. Premier vol en pilote sur Potez 25. Finies les finesses, les douceurs de pilotage du 230. Nous les regrettons. Nous regrettons aussi Chainat le dur. Chainat le grand qui nous a rompus à une discipline qui nous manque déjà. Chainat, le seul maître de pilotage d'Avord. Neuf palmes et une étoile à sa croix de guerre : une trentaine de victoires aériennes. Il doit surtout cela à son acuité visuelle exceptionnelle. « Ah ! En voilà un », grogne-t-il, les mains dans les poches de son cuir, tournant sur sa patte tordue. Tous regardent dans la direction. Rien. Personne ne voit rien. Quelques instants plus tard, on finit par découvrir un petit point noir qui n'avait pas échappé au regard d'aigle de Chainat.

 

 

 

 

 

1939/1940

 

 

Mécanicien de formation, André CHAINAT participait lors de l’armistice de 1918 à la mise au point d’un nouveau carburateur qu’il avait imaginé l’année précédente. Après cela, il a été instructeur à Avord, puis à Chartres.

 

 

André CHAINAT - 1939

 

Le capitaine Chainat

Adjoint au commandant du Groupe de Chasse GC 3/6

1939/1940

Photomontage FXB

 

 

Morane Saulnier 406 accidenté - Capitaine André CHAINAT - Bouillancy   Morane Saulnier 406 accidenté - Capitaine André CHAINAT - Bouillancy

 

26 septembre 1939

Le Morane Saulnier MS 406 n°238 du capitaine Chainat accidenté sur le terrain de Betz – Bouillancy

Le sergent –chef Jean Emery, mécanicien, constate les dégâts

Photographies Joseph Bibert et Georges Gauthier – Droits réservés

 

 

En septembre 1939 il repart au combat comme adjoint du commandant du Groupe GC III/6, le capitaine De Place. Cette unité est immédiatement positionnée à Betz-Bouillancy (base 16 J6) dans l’Oise pour assurer la défense de la capitale. Le capitaine Chainat appartient donc à l'état major de ce Groupe, tout comme le sergent-chef mécanicien Bibert, qui a pris la photographie ci-dessus à gauche, et qui entretenait cet avion avec une grande fierté et un soin jaloux. Les Morane du III/6 n’arboraient pas encore à cette époque les célèbres masques « Sévère » et « Rieur », ou « Tragédie » et « Comédie » qui les orneront seulement à partir de mi-février 1940 à Wez-Thuisy.

 

Par contre, en tant que Vétéran et As de la première guerre mondiale, André Chainat avait le droit en temps de guerre d’orner son appareil de la cigogne de la SPA 3 et de la bande transversale des As, ce dont il ne se priva pas ! C’est d’ailleurs grâce à cette bande tricolore que son appareil ne peut pas être confondu avec un de ceux de la première escadrille du GC I/2 conduite alors par le capitaine Williame. Ce groupe, qui stationnait également à Chartres avant l’entrée en guerre, se trouvait à la même époque à Beauvais Tillé. André Chainat avait donc eu tout le temps pour mettre Williame au courant de certaines traditions particulières de la célèbre « Escadrile » (*) des Cigognes aux ailes baissées...

 

(*) Orthographe et prononciation traditionnelles à la SPA 3.

 

 

Escadrille des "Cigognes" - SPA 3 Escadrille des Cigognes - SPA3 Escadrille des "Cigognes" SPA 3

 

La cigogne de la SPA 3 : deux fragments de toile d’avions de la guerre 14/18 (à gauche et au centre)

Avec la bande transversale des « As » : Morane 406 du capitaine Chainat au début de la guerre 39/40 (à droite)

A droite : représentation FXB d’après les photographies de Joseph Bibert

 

 

Le 26/09/1939, il casse son MS 406 n° 238 ; l’avion partira à l'ARAA (Atelier de Réparation de l'Armée de l'Air) ou il sera finalement réformé et ferraillé. Il y aura toujours beaucoup de problèmes sur les Morane avec les circuits « OLAER » des trains qui ne rentrent ou ne s’ouvrent pas toujours, entraînant quelques atterrissages sur le ventre, mais ce jour là, ce n’est pas le train qui est en cause. Comme quoi même les meilleurs peuvent faire des petites fautes !

 

En effet le capitaine Chainat tente de prendre l’air en partant d’un petit champ de 300m x 400m qui sert de zone de desserrement aux avions. Le sol est ferme et régulier, mais par erreur il décolle dans la petite largeur du terrain et par vent nul. Comble de malchance, le moteur Hispano subit une petite baisse de régime, incident fréquent sur les 406, juste au moment où le pilote tente d’arracher l’avion à la limite du terrain…

 

L’appareil roule sur une roue pendant deux cent mètres environ, s’envole sur une bosse, fait un bon de 50 mètres, puis s’abat dans un labour. La jambe droite du train cède, le Morane pivote de 90° vers la droite en écrasant son demi train gauche. Le pilote est indemne, mais pas très fier…

 

 

 

C’est d’ailleurs le second Morane qu’il casse, puisque le 27 avril de la même année, le MS 406 n°94 de la 3ème escadrille du GC II/6 qu’il pilotait à Chartres avait été accidenté et avait du être réformé.

 

 

Morane Saulnier 406 accidenté - Capitaine André CHAINANT - Chartres

 

27 avril 1939 – Chartres - Le MS 406 n°94 de la 3ème escadrille du GC II/6  accidenté par le Capitaine CHAINAT

A noter les 3 grands hangars de la BA 122, avec leur structure métallique Eiffel, les derniers construits à cette époque.

Derrière eux, au nord-est, apparaît  le clocher de l’église de Champhol détruite en 1944 par les bombardements alliés

Photographie Georges Gauthier – Droits réservés

 

 

MS 406 n°687- André CHAINAT

 

MS 406 n° 687 - André CHAINAT

 

Bouillancy - Novembre 1939 – Le  nouveau Morane Saulnier MS.406 n° 687 du capitaine André CHAINAT

 

 

Capitaine André CHAINAT - GC III/6

André CHAINAT et Pierre CASTANIER

 

Le capitaine André CHAINAT

Devant la « Cigogne de Guynemer »

et la bande tricolore des « As »

 

Le 25 décembre 1939, à Wez-Thuisy,

André CHAINAT et Pierre CASTANIER,

Commandant du GC III/6

 

Collection personnelle Joseph Bibert

 

 

A partir du 8/10/1939, le capitaine Chainat sera aux commandes d’un nouveau Morane, le n°687.

 

 

Morane 406 d'André CHAINAT

Morane 406 d'André CHAINAT

Morane 406 d'André CHAINAT

 

Les mécaniciens de l’état-major du GC III/6 préparant avec un soin jaloux le Morane 406 n°687 utilisé par le capitaine André CHAINAT en 1940

 

Collection personnelle FXB – Archives Boymond

 

 

Il se bat encore avec cet avion en mai 1940 comme en témoigne le livre de marche de la 6ème escadrille :

 

« 25 mai

Quatre des nôtres, le lt Legrand, Le Guennec, Diaz et le s/lt Capdeviolle complètent une patrouille triple guidée par un vieux guerrier, le capitaine Chainat. Grosse bagarre sur les lignes, nos 7 Morane doivent faire face à un peloton de 24 bombings protégés par 18 Me 110 !!! Les boches font les choses en grand…Tout le monde rentre, Diaz ramène une passoire à la place de son 674. Une explosive lui passa à 5cm de l’oreille droite ! Le cne Chainat rentre criblé lui aussi. Grâce au lt Legrand, l’ami Diaz doit d’être encore parmi nous… »

 

 

 

Le Capitaine CHAINAT vu par un de ses élèves devenu pilote au GC III/6

 

AVORD : Automne 1938  (Jean MENNEGLIER est alors élève de l’Ecole de l’Air de Salon de Provence – Promotion 1937)

L'escadrille des Morane 230 était commandée par le capitaine Chainat (le « Père Chainat ») qui devait avoir la quarantaine bien sonnée à l'époque. Il avait été caporal pilote à l'escadrille des cigognes de Guynemer et s'était fait descendre un jour. Il avait reçu une balle dans le dos qui lui avait enfoncé dans les reins une partie du rembourrage de son dossier car les pilotes volaient alors sans parachute. Il avait réussi à rejoindre le terrain d'une grande ville, peut-être Amiens, où il connaissait un chirurgien qui le tira d'affaire. Comme il avait descendu quelques avions allemands il avait droit à la bande tricolore des As sur le fuselage au milieu de laquelle se détachait la cigogne de Guynemer. Il avait eu aussi un accident d'avion au Maroc dont il gardait des cicatrices sur le visage et une démarche claudicante. Avec lui régnait la discipline la plus exigeante et sans faiblesse. Les consignes devaient être respectées à la lettre et il n'hésitait pas à débarquer l'élève pilote indocile et à le mettre toute la journée au starter. Quand il s'adressait à nous il nous appelait "Messeigneurs" ! Son bureau avait les murs couverts d'aphorismes inscrits sur des bandes de papier:

                          - Le piqué à mort est suivi souvent par la mort d'un piqué.

                          - La sustentation est une fleur qui naît de la vitesse.

                          - Le départ en chandelle en allume plusieurs autour d'un cercueil.

                          - Il vaut mieux rendre la main que rendre l'âme. Etc.

Il nous répétait souvent: "Messeigneurs, vous avez le droit de faire des erreurs mais vous n'avez pas le droit de transformer ces erreurs en fautes" ! Mais le jour où il remettait lui-même le macaron de pilote à ceux qui venaient de réussir leur brevet, il avait toujours une larme au coin de l'oeil et dans son laïus il ne manquait jamais de dire à propos de l'insigne: "Les ailes c'est pour vous porter, l'étoile c'est pour vous guider. Quant à la couronne que ce soit pour vous celle de la gloire et non une couronne d'immortelles sur votre cercueil"!

 

GC III/6 – WEZ THUISY - : Printemps 1940  (Jean Menneglier est affecté début mars 1940 à la 6ème escadrille du GC III/6)

Le Père Chainat était une vieille connaissance. Il avait l'autorité de l'as de 14-18. Comme à Avord, il avait fait peindre la bande tricolore et l'insigne des cigognes sur son avion personnel. Estimant que le collimateur O.P.L. qui l'équipait ne valait rien, il avait fait monter un viseur de son invention qu'il avait utilisé lors de la guerre précédente, constitué d'une maquette d'avion montée sur des réglettes qu'il orientait sur l'avion attaqué pour matérialiser la correction-but. Dans mon escadrille on se moquait un peu de lui et on l'appelait "le jardinier" à cause de la chanson de Mireille : « C'est un jardinier qui boîte, qui boîte et qui boit, ....  ». Le Père Chainat boitillait en effet depuis un accident qu'il avait eu au Maroc pendant la guerre du Rif. Quelqu'un avait même acheté le disque et on le passait souvent sur le gramophone de l’escadrille. Sur l'autre face il y avait, du même auteur, « le vieux château du Moyen Age »....

 

Le Père Chainat nous rebattait les oreilles avec le fameux « angle mort » : « Messeigneurs, il faut attaquer dans l'angle mort sinon vous vous ferez descendre ! ». Un jour, à Coulommiers, vers 9 heures, on le vit rentrer et déclarer : « Je viens de me faire descendre comme un bleu ! » Puis il nous raconta son histoire. Il commandait de bon matin une patrouille triple qui devait tenir un secteur quelque part du côté de la Somme pour protéger un mouvement de troupes. Le temps qui lui avait été fixé était écoulé, il revint cependant sur le secteur. Première erreur car il aurait dû penser à ses équipiers qui risquaient d'être à bout d'essence. Il aperçut alors une formation de Dornier et se mit en place pour l'attaquer suivi des huit autres avions. Il chercha l'angle mort de l'avion qu'il attaquait, ne le trouva pas et reçut une rafale d'un mitrailleur qui, heureusement, n'empêcha pas son avion de voler. Tout à ses préparatifs d'attaque il n'aperçut pas une formation de 18 Messerchmitt 110 qui protégeaient les bombardiers. Avant que son équipier, de Rouffignac, ait eu le temps d'ajuster son tir, son avion se trouva encadré et atteint par les balles traçantes d'un Me 110. Moteur arrêté, train sorti car il avait pris une balle dans le circuit hydraulique, il réussit à se poser dans un champ sans être autrement inquiété. Quant aux 7 Morane restant ils s'expliquèrent avec les 18 Messerschmitt. Heureusement ils s'en sortirent bien et réussirent même à toucher des adversaires qui dégagèrent en fumant noir. Un de nos avions piloté par l'adjudant Diaz reçu deux balles qui l'atteignirent par le haut de l'habitacle et ressortirent dans le plancher juste devant le palonnier. Personne n'arriva à expliquer comment il n'avait pas été blessé. Il n'avait même pas une trace de balle dans sa combinaison. Quant au Père Chainat qui était rentré seul, abandonnant les autres à leur sort, il ne nous parla plus jamais de l'angle mort !

 

Extraits des mémoires du colonel Jean Menneglier,

Merci à son fils Philippe de nous avoir transmis ce récit

 

 

 

Le 687 sera mis en entrepôt le 16/06/1940 et réformé en novembre. L’armistice a été signée et le capitaine Chainat va être mis en congé ! Il a 48 ans. Bravo l’artiste ! Rappelé en 1945, il prendra sa retraite en 1946 avec le grade de commandant.

 

 

CHAINAT et STEHLIN   André CHAINAT

 

10 juin 1940 – Le Luc en Provence – Prise d’Armes

 Le capitaine CHAINAT, commandant en second du GC III/6 remet la croix de guerre à son commandant, le capitaine STEHLIN

Photographies Jean Menneglier – Droits réservés

 

 

 

CITATION du CAPITAINE CHAINAT

 

« Très brillant pilote de la 1914-1918.  A conservé la même ardeur au combat. Magnifique entraîneur d’hommes grâce à sa grande expérience et son allant. A effectué de nombreuses missions. Le 25 mai 1940, a attaqué avec sa patrouille une importante formation de bombardement malgré une chasse ennemie très supérieure en nombre. Est rentré au terrain avec son avion criblé de balle ».

 

Croix de Guerre avec Palme - Commandeur de la Légion d’Honneur

 

 

Voir les 47 documents d’archives du dossier d’André CHAINAT aux Archives de l’Ordre de la Légion d’Honneur

 

 

CHAINAT - STEHLIN - ASSOLLANT

 

André CHAINAT (à gauche) avec Paul STEHLIN et Jean ASSOLLANT

Juillet 1940  - Alger Maison Blanche

Juste avant sa démobilisation

Collection personnelle Joseph Bibert

 

André CHAINAT

 

Photographie Georges Gauthier – Droits réservés

 

 

1961

 

Mort d'André CHAINAT - Le Figaro - 7 novembre 1951

 

Le Figaro  - 7 novembre 1961

 

La tombe d'André CHAINAT à Sancoins

 

La modeste tombe d’André Chainat dans le cimetière de Sancoins

cliquez sur l’image pour l’agrandir

Photographie Dominique Borget (2009) -  Droits réservés   www.ville-sancoins.fr

 

 

2001

 

 

André CHAINAT - Berry Républicain

 

Un article du « Berry Républicain » du 11 février 2001

Nota : comportant quelques petites erreurs sans importance majeure

Cliquez sur l’image pour lire l’article

 

 

 

2014

 

 

André CHAINAT - Berry Républicain

 

Un article du « Berry Républicain » du 8 juin 2014

par Jean Pierre PILLE

Cliquez sur l’image pour lire l’article

 

 

Promotion "André Chainat" - Rochefort 2014

 

E.F.S.O.A.A.

Ecole des Sous-Officiers et des Hommes du Rang de l’Armée de l’Air de Rochefort

Mercredi 25 juin 2014 – Base Aérienne 721 «  Adjudant Gémot »

Invitation au baptême de la promotion « André Chainat »

 

Promotion André CHAINAT - Rochefort 2014

 

 

Promotion André CHAINAT - Rochefort 2014 - Courrier du colonel PICCIRILLO   Général Denis MERCIER - François-Xavier BIBERT - Sergent Marina JAILLET - Anciens Elèves de l'Ecole des Pupillrs de l'Air de Grenoble

 

Lettre de remerciements du Colonel Jean-Claude PICCIRILLO

Le Sergent Marina JAILLET qui a été choisie pour représenter la promotion 2013 de L’Ecole des Sous-Officiers et des Hommes du Rang de l’Armée de l’Air de Rochefort

Ancienne élève de l’Ecole des Pupilles de l’Air de Grenoble

 

« .. j’ai intégré l’Ecole de Formation des Sous-Officiers de l’Armée de l’Air le 26 août 2013 où j’ai retrouvé des valeurs qui m’étaient chères : la cohésion, l’honneur ainsi que le respect, l’intégrité, le sens du service et l’excellence... »

 

Compte rendu de cette manifestation sur le site internet de l’Armée de l’Air

 

Plaquette de l’Armée de l’Air «  Promotion 2013 - André CHAINAT » et articles de presse

 

 

Généalogie d’André Julien CHAINAT

 

 

On peut consulter une partie de la généalogie d’André Julien Chainat dans la base « Savary et Mandereau » constituée par Martine Savary sur « Geneanet ». C’est par l’intermédiaire de ce site qu’elle a en fait découvert l’existence d’un cousin germain de son grand-père, descendant Mandereau, qu’elle n’avait pas encore identifié. Qu’elle soit remerciée pour sa contribution à cette page et pour les deux documents ci-dessous qu’elle nous a fournis.

 

Acte de naissance

Acte de décès

 

André CHAINATSignature d'André CHAINATAndré CHAINAT  

Signature d’André Chainat

 

 

 

 

 

Vignette André CHAINAT - Violette     Enveloppe de 1916 avec vignette représentant André CHAINAT     Vignette André CHAINAT - Jaune

 

Courrier de la guerre 1914 -1918 du  1er décembre 1916

Timbres « semeuse » et taxe suisse, avec une vignette représentant l’aviateur André Chainat

Merci à Monsieur Jean-Claude Baehr pour les photographies des vignettes – Voir explications en bas de page

 

 

 

 

Echantillon de représentations de la Cigogne de la SPA 3

 

Cigogne de la SPA 3

 

 

« Nos As » - Série de 20 vignettes – Comité de la Croix-Rouge du Raincy – 1916

GILBERT – VÉDRINES – CHAINAT – PATRIMONIO – PÉGOUD – GARROS – BRINDEJONC – DE ROSE – PENNÈS – lt/col GIROD – BOILLOT – GUYNEMER – MARCHAL – NAVARRE  WEILLER – DE SÉGUIN – LENOIR – PRINCE – POIRÉE – AMANS

Voir les liens

 

20 vignettes - "Nos As"

 

C'est à la demande du Comité Croix rouge du RAINCY, que l'éditeur DELANDRE (auteur des vignettes régimentaires françaises en 1914/1918) a fait imprimer ces 20 portraits d'aviateurs dans un cadre de couleur (5 couleurs différentes). Ces 20 portraits sont également sortis dans un carnet, extrêmement rare de nos jours, dont monsieur Jean-Claude Baehr nous a fait parvenir les photographies ci-dessous, avec ces explications. Nous l’en remercions vivement.

 

   

 

 

Une série de 5 papiers de bonbons acidulés de la confiserie de l’Etoile Française, E. LAMY, à Lyon-Villeurbanne

4 as – Les huit meilleurs chasseurs de 1916 + l’As des As : GUYNEMER

Adjudant DORME – Adjudant LENOIR – Sous-lieutenant NAVARRE – Sous-lieutenant NUNGESSER

Lieutenant HEURTEAUX – Lieutenant DE LA TOUR – Sous-lieutenant CHAINAT – Sous-lieutenant CHAPUT

La liste des pilotes choisis semble calquée sur celle du Figaro du 20 août 1916 (voir plus haut)

 avec la même erreur qui attribue le grade de sous-lieutenant au sergent Chaînat...

 

 

Merci à Monsieur Jean-Claude Baehr

 

 

 

Informations rassemblées par François Xavier BIBERT avec le concours de Dan GILBERTI – 2008/2010

 

Les hommes du GC III/6 - Historique officiel du GC III/6 - Livre du marche de la 5° - Livre de marche de la 6°

 

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