
LES AÉRODROMES DE LA
CAMPAGNE DE FRANCE DU GC III/6
Extraits de « L’Atlas historique des terrains d’aviation de
France métropolitaine 1919-1947 »
édité par la mission mémoire de l'aviation civile.
Les hommes du GC III/6 - Historique officiel du GC III/6 - Livre
du marche de la 5° - Livre
de marche de la 6°
Page d’accueil du site de François-Xavier BIBERT

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(03/09/1939 -
15/11/1939) |
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(15/11/1939 –
30/04/1940) |
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(30/04/1940 –
20/05/1940) |
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(20/05/1940 –
31/05/1940) |
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(31/05/1940 –
18/06/1940) |
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(18/05/1940 –
20/06/1940) |
La mission
mémoire de l'aviation civile a édité en 2005, à partir des travaux de Jean
Sauter, ingénieur des Ponts et Chaussées, spécialiste des Bases aériennes,
un CD-ROM intitulé « Atlas historique des terrains d’aviation de
France métropolitaine 1919-1947 ».
Ce CD-ROM classe tous les terrains du XXe siècle
selon trois critères ; terrains créés avant 1947 et disparus depuis,
terrains actuels créés avant 1947, terrains créés depuis 1947.
Pourquoi 1947 ? Parce qu’un arrêté ministériel
scella à cette date le sort de nombre d’aérodromes, certains ayant été rendus
impraticables par le conflit qui venait de s’achever, d'autres, comme les
terrains de secours, n'ayant eu qu'une existence éphémère.
Pour chacune des plateformes créées avant 1947, le
CD comporte un historique accompagné d'un plan de situation très précis, sur
lequel apparaissent les différentes étapes de l’évolution du terrain. Les fonds de carte sont ceux de
l’IGN.
Le CD comporte ainsi des données pour près de 500
aérodromes, parmi lesquels bien évidemment ceux sur lesquels le GC III/6 a été
basé de septembre 1939 à juin 1940.
Les extraits ci-dessous sont présentés avec
l’aimable autorisation de la mission mémoire de l’aviation civile.
Plate-forme
d'opérations de BETZ - BOUILLANCY (Oise)

La décision ayant été prise de créer une
plate-forme d'opérations de 89 ha sur les territoires des communes de
Bouillancy et de Réez-Fosse Martin, les parcelles n'ayant pu être acquises à
l'amiable furent expropriées par ordonnance du président du tribunal civil de
Montdidier du 1er septembre 1937.
Le droit de pacage ayant été accordé à un
particulier en 1941 puis, en 1942, avec l'accord du secrétaire d'État à
l'Aviation, les Allemands ordonnèrent tous seuls en 1943 au maire de Réez-Fosse
Martin de prendre toutes dispositions pour remettre le terrain en culture.
Cette remise en culture ayant été temporairement
confirmée par le ministre de l'Air en janvier 1946, le ministre des Travaux
publics et des Transports - à qui venaient d'être transférées les attributions
du premier - prescrivit en septembre de la même année l'aliénation des terrains
constituant l'aérodrome.
Huit mois plus tard, il demanda toutefois au
service local des Ponts et Chaussées de surseoir à l'exécution de sa précédente
décision jusqu'à ce que soit mis au point et arrêté le plan d'équipement
aéronautique de la région parisienne.
Les baux de culture seront ainsi reconduits d'année
en année jusqu'en 1950. Ils céderont alors place à des autorisations
d'occupation temporaire qui, seules en fait applicables au domaine public,
permettaient que les preneurs ne puissent se prévaloir du droit de
renouvellement du bail après neuf années de location.
Le plan d'équipement aéronautique de l'Oise ayant
en 1950 prévu la présence près de Betz d'un aérodrome de catégorie D, la
situation domaniale de la plate-forme sera "provisoirement"
maintenue.
La plate-forme n'ayant pas reçu la destination pour
laquelle une partie des parcelles la constituant avait été expropriée, les
anciens propriétaires concernés tenteront en 1952 d'obtenir la rétrocession de
leurs biens. Accordé par un décret-loi du 8 août 1935, ce droit ne s'exerçait
toutefois plus, un délai supérieur à dix ans s'étant écoulé depuis l'ordonnance
d'expropriation.
Sur le point d'être abandonné en 1963, après que
les sites de Bailleau-sous-Gaillardon et de Buno-Bonnevaux aient été jugés
compatibles avec la circulation aérienne, la création de l’aéroport projeté au
nord de Paris placera aussitôt l'aérodrome de Betz-Bouillancy en position de
remplacer ceux qui allaient, par contre, se trouver neutralisés.
Las de s'inquiéter du sort de l'aérodrome, le
ministère de la Défense renoncera en 1970 à en demeurer affectataire. Faute
alors de voir sa situation périodiquement évoquée, l'aérodrome continuera
machinalement d’être loué à de discrets exploitants agricoles…
Voir l’album des photographies de Joseph Bibert (GC III/6)
du début de la guerre
Lire « Pèlerinage à Bouillancy » - Visite des
lieux et témoignages en 2009
Plate-forme
d'opérations de REIMS - WEZ - THUISY (Marne)

Situés en bordure nord de la R.N. 31 (actuelle
R.D.31), immédiatement au sud du champ de tir aérien des Monts-de-Champagne
aménagé à la même époque, les 95 ha (aplat orangé sur l’extrait de carte)
destinés à servir d’assiette à la plate-forme d’opérations de Reims- Wez -
Thuisy ont fait l’objet d’une cession amiable à l’État aux termes d’un unique
acte administratif du 8 mai 1936.
Utilisée par l’Armée de l’Air en mai 1940, elle le
fut à nouveau, quatre ans plus tard, par les Américains. Ceux-ci en repoussèrent
les limites jusqu’à constituer une emprise de 545 ha (délimitée en bleu sur le
plan) partagée en deux parties sensiblement égales par la R.N. 31.
Maintenant l’activité aéronautique sur la partie
nord, ils construisirent sur celle-ci une piste de campagne de 1500 m x 50 m,
en feutre bitumé sur 1100 m en partie centrale et en grilles métalliques sur
chacune de ses extrémités (les infrastructures américaines sont reportées en
noir sur le plan).
Les Américains ayant quitté le camp de Wez - Thuisy
en octobre 1946, la Société nationale des surplus prit leur relève sur la
quasi-totalité de la partie située au nord de la R.N. 31. Pour le reste, le
ministre chargé des Transports prescrivit en février 1947 la levée des
réquisitions.
Aucune décision n’ayant encore été prise quant à
l’avenir aéronautique du site, la situation du moment fit que l’aérodrome
rejoignit, à titre provisoire, la longue liste de ceux du département de la
Marne déclarés fermés à la circulation aérienne publique par l’arrêté
ministériel du 6 février 1947.
Estimée ne plus présenter d’intérêt, ni pour
l’Armée de l’Air ni pour l’Aviation civile, la plate-forme de Wez - Thuisy sera
en septembre 1950 remise à l’administration des Domaines en exécution de la loi
créant des ressources nouvelles au profit du Trésor.
Échappant jusque là à son aliénation, elle sera,
sans réintégrer le domaine public aéronautique, réaffectée en août 1955 à
l’Armée de l’Air en vue de sa réutilisation à échéance plus ou moins lointaine.
Finalement, le terrain de Wez - Thuisy sera
restitué à l’administration des Domaines en septembre 1964 puis vendu à la
SAFER - Champagne-Ardennes en janvier 1969.
Terrain de secours de
CHISSEY (Jura)

Les environs de Chissey furent retenus dès 1921
pour accueillir un terrain de secours jalonnant la route aérienne de Paris à
Genève entre Dijon et Pontarlier.
D’une superficie de 27 ha, un premier emplacement, aux
portes du village, dut être abandonné compte tenu des protestations soulevées
en cours d’enquête d’utilité publique.
Éloigné de 600 m à l’est, le terrain finalement
retenu (aplat bleu sur la carte) put par contre être acquis à l’amiable en
1924.
Resté jusque là sans aménagements, le terrain de
Chissey fit l’objet en mai 1935 d’une décision d’extension immédiate afin qu'il
puisse servir "pour les besoins éventuels des opérations". Deux
arrêtés préfectoraux successifs ayant, dans un premier temps, autorisé
l’occupation temporaire des 42 ha concernés par cette extension (aplat orangé
sur le plan), leur acquisition par voie d’expropriation put intervenir entre
septembre 1936 et juillet 1938, après que le président de la République ait,
quinze jours avant que n’interviennent les décrets-lois du 30 octobre 1935
déclaré celle-ci d’utilité publique et d’urgence "pour le Service
Militaire".
À la mobilisation, l’aérodrome accueillit une
compagnie de l’Air du dépôt de Dijon qui le rendit inutilisable avant de
l’évacuer.
Les Allemands n’occupèrent pas le terrain mais le
morcelèrent en parcelles d’environ 1 ha qu’ils obligèrent les agriculteurs de
Chissey à cultiver moyennant un prix de fermage qui devait être réglé chaque
année à la Kommandantur de Besançon.
Considérant que le terrain présentait "un
certain intérêt au point de vue aéronautique", le ministre des Travaux
publics et des Transports écarta, à La Libération, l’idée de sa restitution
définitive à l’agriculture mais prescrivit – malgré sa domanialité publique –
qu’il soit remis en culture par baux de longue durée.
La loi du 24 septembre 1948 portant création de
ressources nouvelles au profit du Trésor conduira cependant le même ministre à
décider, en accord avec le secrétaire d’État aux Forces armées "Air",
qu’il soit procédé à l’aliénation des terrains constituant l’aérodrome.
Plusieurs années s’écouleront toutefois avant qu’il
ne soit plus question de l’aérodrome de Chissey.
Aérodrome de
COULOMMIERS - VOISINS (Seine-et-Marne)

Totalisant 95 ha (aplat orangé sur la carte), les
parcelles ayant constitué l'emprise initiale de l'aérodrome de Coulommiers -
Voisins ont été occupées puis acquises par l'État en 1937 et 1938 après qu’une
déclaration d'utilité publique ait été prononcée selon la procédure d'urgence
elle-même instituée par les décrets-lois du 30 octobre 1935.
Occupée par les Allemands, la plate-forme vit ses
limites repoussées par réquisitions plus ou moins formalisées jusqu'à
constituer un ensemble d'environ 500 ha sur lequel l’occupant construisit deux
pistes sécantes de respectivement 1 825 m et 2 000 m de longueur et 80 m de
largeur, dont les extrémités étaient reliées par une voie périphérique
desservant elle-même au nord un réseau de dispersion (les infrastructures
allemandes sont indiquées en noir sur le plan).
Les forces alliées s'étant, après les Allemands,
établies quelque temps sur le plateau de Voisins, le terrain fut finalement
remis en novembre 1945 aux autorités françaises, lesquelles donnèrent dès
janvier 1946 une première définition des terrains qu'il convenait de maintenir
sous réquisition pour les besoins de l'aviation légère et du transport aérien.
La décision prise peu après d'assigner à
Coulommiers - Voisins le rôle d'aérodrome de dégagement de l'aéroport d'Orly
conduisit à envisager de porter à 380 ha la surface à acquérir. La pression des
milieux agricoles fera toutefois que les acquisitions déclarées d'utilité
publique en septembre 1949 seront réduites à 130 ha (aplat vert sur le plan).
La superficie apportée par l'aérodrome de Coulommiers à l'ensemble désigné par
le décret du 20 avril 1949 comme constituant l'Aéroport de Paris se trouvera
donc établie à 95 ha + 130 ha.
C'est alors que le 21 décembre 1950 interviendra un
autre décret déclarant d'utilité publique et urgents des travaux militaires
concernant notamment l'aérodrome de Coulommiers. Les aménagements devant lui
être apportés (allongement de la piste est-ouest, construction d'un taxiway
parallèle et de deux marguerites de dispersion…) se traduiront par une nouvelle
extension d'emprise de 179 ha qui, bien qu'acquise sur des fonds O.T.A.N., ne
fera l'objet d'aucun régime domanial particulier.
L'aérodrome de Coulommiers - Voisins ayant cessé
d'être considéré comme opérationnel par l'aviation militaire, ses limites
seront reculées sur leur position actuelle à la fin des années soixante.
Plate-forme
d'opérations du LUC - GRANDE-BASTIDE (Var)

Parmi les aérodromes publics provisoirement
interdits à la circulation aérienne publique en raison du mauvais état de la plate-forme
par l’arrêté du 6 février 1947 figurait celui du Luc - Grande-Bastide.
Ce terrain, implanté en fait sur la commune voisine
du Cannet-des-Maures, dont La Grande-Bastide constitue un lieu-dit, n’avait
jamais été mentionné sur les listes publiées par le Bulletin de la Navigation
Aérienne.
La fermeture à la circulation aérienne publique du
Luc - Grande-Bastide, prononcée à titre provisoire en 1947, sera de courte
durée, puisque l’arrêté du 30 mars 1953 le classera, sous le nom du Luc - le
Canet, dans les aérodromes publics contrôlés ou gardiennés.
L’aérodrome sera ensuite affecté, toujours sous le
nom du Luc - le Canet, par arrêté interministériel du 26 octobre 1963 :
- à titre principal, au ministère des
Armées (Terre) pour les besoins de l’Ecole d’application de l’Aviation légère
de l’Armée de Terre,
- à titre secondaire, au ministère
des Armées (Marine) pour les besoins de l’Aéronautique navale et au secrétariat
général à l’Aviation civile pour les besoins de l’Aviation légère et sportive.
Aérodrome de PERPIGNAN
- LA SALANQUE (Pyrénées-Orientales)
De création plus récente que celle de la station frontière
de Llabanère, le terrain de secours de La Salanque n’apparut sur le Bulletin de
la Navigation Aérienne qu’en mars 1928.
Associé à une escale douanière d’hydravions
disposant elle-même d’une aire d’amerrissage de 1 200 m x 1 000 m sur l’étang
de Salses, le terrain de La Salanque conserva jusqu’en 1937 et sa vocation
civile et sa configuration d’origine (aplat bleu sur la carte).
La création d’un champ de tir dans la région
côtière s’étendant au nord du site de la Salanque fut alors accompagnée de
l’affectation de l’aérodrome à l’Armée de l’Air, de manière à permettre aux
formations effectuant leurs tirs d’application de disposer d’une plate-forme
d’atterrissage à proximité du lieu où elles devaient s’exercer.
Ce changement d’affectation fut prononcé par un
arrêté du ministre de l’Air en date du 4 novembre 1937, arrêté qui, "en
raison du caractère secret de l’opération", ne fut pas publié par le
Journal officiel.
Tandis que les hydravions des lignes commerciales
conservèrent la faculté d’utiliser le plan d’eau de l’étang comme escale de
secours, le terrain fut fermé à la circulation aérienne publique au motif de la
proximité de l’aérodrome d’État de Llabanère.
Le terrain devant pouvoir être utilisé par tous les
types d’appareils de l’Armée de l’Air, il fut également décidé que sa surface
d’emprise serait portée de 47 ha à 122 ha (aplat orangé sur la carte).
L’objectif initial d’être prêts dès le début de la
campagne de tirs de 1938 n’ayant pu être atteint avec les outils administratifs
dont disposait le Génie pour l’Armée de Terre, l’appel aux décrets-lois du 30
octobre 1935 fut prescrit par le ministre de l’Air en mai 1938.
L’expropriation des parcelles nécessaires put alors
être prononcée en octobre par ordonnance du président du tribunal civil de
Perpignan. Réunie en décembre 1939, la commission arbitrale d’évaluation
confirma les indemnités prévues par ladite ordonnance.
Interdit provisoirement à la circulation aérienne
publique par l’arrêté ministériel du 6 février 1947, l’aérodrome de Perpignan -
La Salanque ne réapparaîtra sur aucune des listes annexées à celui du 30 mars
1953 abrogeant et remplaçant celui-ci.
Déclassé du domaine public en août 1962 de manière
à permettre son affectation partielle à l’Armée de Terre, "l’ancien
aérodrome" de La Salanque n’en sera pas moins inscrit, en novembre de la
même année, sur la liste des aérodromes réservés à l’usage exclusif des
administrations de l’État annexée à l’arrêté ministériel du 23 novembre 1962.
Confirmé dans cette situation par celui du 10
décembre 1964, il sera, le 15 juillet 1965, placé, pour une part importante de
son emprise, sous la main de l’Armée de Terre "pour les besoins du
casernement, de l’instruction et du logement".
L’autorité militaire, bien que bénéficiaire
exclusive du terrain, fit preuve de compréhension en accueillant une petite
activité d’aviation légère. Cette situation sera jugée peu satisfaisante par
l’Aviation civile à la fin des années quatre-vingts en raison de :
- l’intention d’aliénation annoncée
par le ministre de la Défense,
- la nécessité de décharger
l’aérodrome de Rivesaltes (Llabanère) d’une partie de son activité d’aviation
générale.
Compliquée par la reconnaissance de la domanialité
sous-jacente Aviation civile de la plate-forme actée en 1983, cette divergence
d’intérêts semblait avoir sombré dans l’oubli au moment où fut établie cette
page d’atlas, de telle sorte qu’il a semblé préférable de pas tenter de
reporter sur le plan les limites actuelles de l’aérodrome...
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Remerciements
à la « Mission mémoire de l’Aviation Civile »
et
à Franck ROUMY
François-Xavier
BIBERT – 05/2009